Hilbrand et Blanc, un ticket qui se veut parfait

LausanneLe PLR mise sur ces deux jeunes loups pour conquérir deux sièges. Leurs profils se complètent mais ne se ressemblent pas.

Pierre-Antoine Hildbrand à gauche, Mathieu Blanc, à droite. A moins que ce ne soit l’inverse?

Pierre-Antoine Hildbrand à gauche, Mathieu Blanc, à droite. A moins que ce ne soit l’inverse? Image: Jean-Bernard Sieber

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Ce ne sont pas des amis, mais ils ont compris que leurs destins sont liés et qu’ils sont plus forts ensemble. Pierre-Antoine Hildbrand et Mathieu Blanc forment une paire indissociable depuis plus de deux ans. A tel point que le public peine peut-être parfois à distinguer les deux candidats PLR à la Municipalité de Lausanne. Et c’est voulu. Le parti ne veut pas d’un vote pour l’une ou l’autre des personnes, mais bel et bien pour son ticket.

«C’est une campagne extraordinairement unie, souligne un observateur de la politique vaudoise. Ça sent l’influence du Canton et son union au Conseil d’Etat. Il faut être gentil et ne pas faire peur. C’est une bonne tactique, dans la mesure où la droite a par le passé perdu le pouvoir en étant très combative et agressive. Ils sont très discrets, mis à part au niveau de leur affiche sur le bâtiment du PLR!» Thérèse de Meuron abonde dans ce sens: «Ils me font un peu penser à la campagne qu’avaient menée Jacques Martin et Eric Rochat pour le Conseil aux Etats.»

Grande loyauté

«Ils ne font rien de personnel, ils jouent parfaitement le jeu et sont extrêmement loyaux l’un envers l’autre», poursuit l’élue PLR. Pourtant, «Hildblanc» n’est de loin pas un duo de «clones», souligne une PLR. Vraiment? «Ils ont en commun leur formation dans le droit et leur sens de l’humour, dit leur collègue Gilles Meystre. Mathieu est un excellent imitateur, Pierre-Antoine est plus cassant.» Le premier a dirigé les Jeunes libéraux vaudois, le second le pendant radical. L’union est donc aussi synonyme de rassemblement entre les deux ailes historiques du parti. «Un hasard», assurent pourtant en chœur les deux libéraux-radicaux.

N’empêche, s’il ne devait en rester qu’un au soir du premier tour? Lequel serait-ce? Les avis, cette fois, divergent. Et penchent légèrement en faveur de Pierre-Antoine Hildbrand. Au sein du parti comme à l’extérieur.

Sauf que les explications sont davantage de l’ordre du sentiment que de l’objectivité. Pour son puissant réseau lié à sa fonction de secrétaire au Centre Patronal, Hildbrand part favori. Cliniques privées, banques, écoles privées… tous le connaissent. Sauf que ce réseau n’est «franchement pas centriste», rappelle-t-on. Clairement de droite, il servira de socle électoral. Mais pas à rassembler. Pour ça, on avance plutôt l’explication de ses prises de position plus nuancées. Hildbrand a par ailleurs une sensibilité non négligeable (et familiale) pour la culture.

Capable de modération

«Mathieu Blanc est plus à droite et a la retenue typique d’un avocat», dit l’un de ses collègues. Ce dernier s’est depuis longtemps profilé sur la sécurité, et a surtout mené la fronde contre la mendicité par métier. S’il fallait donc aller chercher des voix au centre, Mathieu Blanc perdrait des plumes. «Mais, renchérit un de leurs collègues du Conseil communal, Mathieu Blanc bénéficie d’une plus grande visibilité parce qu’il est, d’une part, député, d’autre part, avocat. Et le statut de chef de groupe au Conseil de son colistier lui offre moins de liberté de parole.» On assure que Blanc est capable de modération: «Sur la mendicité, un libéral classique n’aurait pas fait le pas vers la gauche pour un compromis. Mathieu a été habile quand il fallait.» Côté hobbies, il est davantage tourné vers le sport et le Lausanne Sport en particulier.

Nous voilà retombés dans la complémentarité des deux personnages. «De toute façon, les deux passeront, avance-t-on au sein du PLR. Parce qu’il faut que la Municipalité soit rééquilibrée.» Le discours est rodé.

Créé: 31.01.2016, 17h09

Un premier tour en forme de casse-tête

Qui des six passera au 1er tour? Voilà la question qui occupe le plus les esprits des politiques lausannois en ce moment. Les six, ce sont les trois socialistes, les deux Verts et le popiste.

Quatre sortants, dont trois PS et un Vert. Les certitudes sur ces derniers sont légion: ils seront élus sans trop de mal, dit-on à droite. Mais le rouleau compresseur de gauche d’il y a cinq ans, où l’ensemble de la liste à six passait la rampe du premier coup, ne fait pas peur au PLR. Pourtant, si ce scénario se réalise, il faudra choisir celui des deux qui aura le plus de voix. Et ce sera fini pour l’autre.

De nombreux membres du PLR pensent cependant que l’alliance est moins solide qu’auparavant. «Ça va crayonner plus que d’habitude sur la liste de gauche», prévient-on. N’empêche que la liste existe. Et qu’elle embrasse l’ensemble de la gauche, SolidaritéS et indépendants mis à part. Alors qu’à droite l’UDC, le PLR et Le Centre (Vert’Libéraux et PDC) partent tous en ordre dispersé.

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