Le PLR restera à la Municipalité de Lausanne

CommunalesPierre-Antoine Hildbrand a obtenu 61,89% des suffrages et bat Hadrien Buclin, de SolidaritéS (24,69%).


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Tout est bien qui finit bien pour le PLR lausannois. Le parti avait pris une claque au premier tour en accusant un fort retard contre une Alliance de Gauche ultradominatrice. Elle avait fait élire ses six candidats – les socialistes Oscar Tosato, Florence Germond et Grégoire Junod, les Verts Jean-Yves Pidoux et Natacha Litzistorf ainsi que le POP David Payot – haut la main. Des deux candidats PLR, il n’en restait donc qu’un, Pierre-Antoine Hildbrand, pour sauver les meubles. Voilà qui est fait, avec 61,89% des voix.

Au soir du premier tour, ils étaient nombreux à voir Pierre-Antoine Hildbrand déjà assis dans un fauteuil municipal. C’était compter sans la persévérance de la candidate du parti SomoS, Sandrine Cornut. Avec 3,47% des suffrages au premier tour, elle avait décidé de se lancer pour un deuxième round. Et entraîné dans son sillage la candidature d’Hadrien Buclin (SolidaritéS). En campagne contre la RIE III, il avait vu là une occasion de donner de la visibilité à sa lutte. Et «offrir une alternative de gauche». Sinclair Bendo, candidat totalement inconnu, était venu s’inviter à la dernière minute dans l’élection sous la bannière Juste Milieu. Et voilà que planait la possibilité d’une Municipalité lausannoise entièrement de gauche.

Buclin «satisfait»

SoMoS (6,47%) et Sinclair Bendo (3,44%) ont été relégués au rang de figurants dans ce deuxième tour. Le score d’Hadrien Buclin est en revanche loin d’être ridicule: il récolte 24,69% des voix. L’intéressé se dit «satisfait». «Je m’étais dit qu’au-dessus de 15%, c’était bien. Et compte tenu que je n’étais pas soutenu par les socialistes et les Verts, c’est un bon score.»

Pour lui, pas de doute, le quart d’électeurs qui lui ont donné une voix justifie pleinement la tenue de ce deuxième tour. La présidente du PLR, elle aussi, trouve justifié ce deuxième scrutin. «Le score de Pierre-Antoine Hildbrand est très bon et donne toute sa légitimité à son élection», résume Florence Bettschart-Narbel.

Hildbrand modeste

Pierre-Antoine Hildbrand salue pour sa part le soutien d’une frange de l’électorat qui va au-delà du PLR et de la droite en général. «Une partie de la gauche m’a soutenu contre l’idée d’une majorité qui écrase tout. J’en prends la mesure et j’en suis reconnaissant. Cela montre que les Lausannois ont considéré que le PLR avait sa place à la Municipalité.»

Le futur membre de l’Exécutif a le succès timide. Ses premiers mots vont à son colistier malheureux, Mathieu Blanc. Le duo «Hildblanc» avait fait une campagne de siamois. Mais le premier tour avait été fatal à Blanc, distancé de 80 voix. Alors Hildbrand n’a pas fait exploser sa joie, lui qui rêve de ce siège depuis des années. «Ce doit être mon vieux fond protestant qui fait que je ne parle pas trop de moi», dit-il avant de changer de sujet.

Entre-deux-tours prudent

L’attitude est en droite ligne avec la prudence dont il a fait preuve entre les deux tours. «Nous sommes restés modestes et concentrés. Parce qu’il y avait tous les ingrédients pour que ça dérape avec le risque d’une Muni à sept membres de gauche. Je suis encore surpris du score de la RIE III, il est énorme. Mais ça, on ne pouvait pas trop le prévoir. Les opposants, de leur côté, ont fait une très bonne campagne. Et Hadrien Buclin aurait pu en profiter encore davantage que cela n’a été le cas.»

On sent encore présent le choc du premier tour, quand le duo PLR croyait qu’un deuxième siège était à portée de main. Mathieu Blanc, présent hier aux côtés d’Hilbrand, dit avoir «pris un peu de recul». Mais il quittera le Conseil communal à la fin de la législature.

Le PLR, deuxième plus grand groupe du Conseil après les socialistes, se dit heureux d’avoir maintenu un représentant à l’Exécutif. «J’étais vraiment contre l’idée de se retirer, raconte Florence Bettschart-Narbel. Nous avons conservé notre siège avec un nouveau venu. Ce n’est pas rien!» Mais l’élue ne cache pas non plus que la position de son parti pourrait à l’avenir se durcir. C’est que la grande Alliance de Gauche laisse un goût amer à la droite. Ils étaient plusieurs à le dire hier. «Sans l’alliance, David Payot ne serait pas élu et nous serions deux à obtenir un siège aujourd’hui.»

Créé: 20.03.2016, 21h27

Commentaire: aux socialistes d’assumer

Au vu des scores d’hier, le PLR pouvait amèrement caresser le rêve de refaire l’histoire, en se retrouvant à deux face à l’extrême gauche au second tour… Ah, si les socialistes n’avaient pas choisi l’entente au premier tour! Or la prudence du PS lui a valu la surprise d’entraîner à nouveau les six candidats roses-rouges-verts dans un fauteuil.

En face, les libéraux-radicaux avaient pourtant donné des garanties d’apaisement. La campagne hargneuse de 2011 a cédé le pas à la concordance en 2016, avec l’objectif d’un second siège de droite à la Municipalité. Toute légitime qu’elle fût, la seule véritable revendication du deuxième parti lausannois était bien maigre.

Reste que le PS a pris le risque d’une législature aux accents plus vindicatifs. Frustrés, les libéraux-radicaux pourraient entraîner une partie du centre vers plus de contestation. Et, à l’aile gauche, SolidaritéS s’est senti pousser des ailes et domine désormais le groupe La Gauche au Conseil. Parions que le PS aura fort à faire pour pérenniser sa majorité ultradominante à Lausanne.

Alain Détraz

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