Premier débat à Gland pour la caravane de 24heures

Communales 2016Ce mardi soir, les candidats glandois avaient rendez-vous pour croiser le fer. Avec beaucoup de retenue.

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Assistance timide mais attentive, ce mardi soir au Buffet de la Gare à Gland, pour le premier débat organisé dans le cadre de notre opération «Caravane». Depuis lundi, Yves Merz, membre de notre rédaction nyonnaise, «habitait» la caravane de 24heures installée sur la place de la Gare pour y rencontrer les Glandois. Et en tirer les grandes thématiques qui agitent la commune.

La crise de croissance

Gland a grandi. Très vite. Trop vite? C'est ce qu'ont exprimé plusieurs citoyens, qui reprochaient un manque de vision dans le développement des infrastructures pour répondre à l'augmentation de la population, mais aussi dans le choix de favoriser des «projets privés» (Eikenott par exemple). «C'est faux de dire qu'il n'y a pas de vision, défend Thierry Genoud, candidat Gens de Gland (GDG) et municipal sortant. Le développement urbanistique s'est fait raisonnablement, en restant dans les zones constructibles. Construire à l'ouest de la ville, par exemple, aurait impliqué de dézôner.»

Concernant les infrastructures, routières notamment, «pas question de construire une route sans développer les zones qui la bordent». Ainsi, la collectrice ouest, serpent de mer glandois et solution brandie pour décongestionner l'avenue du Mont-Blanc, «n'a aucun sens» sans que rien ne soit développé autour. Au PLR, la candidate Jeannette Weber abonde. «Il ne faut pas aller trop vite, planifier pour les 40 prochaines années, de manière cohérente.»

Syndic sortant et candidat GDG, Gérald Cretegny ajoute: «On n'a jamais autant planifié, mais c'est long. Gland est une ville adolescente. Tout n'est pas terminé, il y a encore, évidemment, des améliorations à apporter.»

Notaire à Nyon et candidat PLR, Didier Buffat ne masque pas son enthousiasme à l'heure d'évoquer la situation glandoise. «Il faut se réjouir de cette croissance. C'est une chance pour Gland. Toutes ces questions d'aménagement sont compliquées, les gens ne se rendent pas forcément compte!» Sa collègue de parti et municipale sortante Christine Girod ajoute: «On ne subit pas cette croissance, on en profite et elle nous permet de voir l'avenir plus sereinement que d'autres communes!»

«C'est bien de se développer, nuance le candidat UDC Maurizio de Felice. Mais la Suisse est un pays de locataires, et on a construit essentiellement des PPE. Les jeunes de notre commune peinent à trouver un logement!» «C'est faux, assure Didier Buffat! Le rêve des jeunes aujourd'hui est d'être propriétaire, il faut qu'on aille dans leur sens!»

Candidat PBD, Tefik Rashiti est arrivé à Gland il y a un an. «Si on ne maîtrise pas notre croissance, on se retrouvera comme à Nyon, où les citoyens doivent quitter la ville car ils n'ont plus les moyens d'y habiter», témoigne-t-il, en connaissance de cause.

Gland, ville sans centre

Entre le vieux bourg, Eikenott, la gare ou encore Mauverney, les «centres» sont nombreux à Gland. Trop, pour certains citoyens, qui aimeraient se retrouver en un endroit fort. «On doit créer des lieux de cohésion, où les Glandois peuvent se rencontrer, abonde Christine Girod. Il y a eu un engouement spectaculaire pour le marché, on voit combien les gens apprécient pouvoir se rencontrer. Le rêve de relier le haut et le bas de la ville est beau, et le développement du quartier de la gare est un magnifique défi pour le réaliser au moins en partie.»

Accès aux rives du lac

Le débat agite régulièrement le Conseil communal, la thématique n'est pas moins présente dans la bouche des Glandois. La ville n'est pas tournée vers le lac, et n'y a qu'une courte plage pour en profiter. «Gland mériterait un accès au lac plus important que les 83 mètres de plage actuels, concède Thierry Genoud. «Mais c'est long, c'est compliqué et c'est cher», défend Gérald Cretegny. «On ne pourra jamais créer une vraie plage à la Dullive, précise le municipal et candidat de la gauche Michael Rohrer. L'accès direct au lac est impossible à cause de la nature du fond à cet endroit, mais on peut réaménager la plage existante. On peut et on doit le faire!»

Les finances, le nerf de la guerre

Durant cette législature, la population a - notamment - refusé une hausse d'impôt et un projet de piscine à 17 millions. Les Glandois auraient-ils peur d'investir? «Même s'il y a eu ces refus, estime Thierry Genoud, ce n'est pas se moquer de la population que de revenir devant elle avec des infrastructures nécessaires. Pourquoi pas une nouvelle piscine, pourquoi pas un investissement de 15, 20, 30 millions?» «Nous ne devons pas retomber dans le piège de la ville dortoir, prévient pour sa part l'actuel syndic. A un moment donné, on ne peut pas dire, définitivement, qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt. Rien n'est tabou.» «Il faut aussi penser à la baisse des revenus liés à la réforme de la fiscalité des entreprises, complète le candidat GDG Gilles Davoine. Il faut des infrastructures pour donner envie aux habitants et aux PME de s'installer à Gland.»

La hausse d'impôt, la perspective fait mal à Didier Buffat. «Je suis contre toute augmentation d'impôt, mais il ne faut pas pour autant stopper les projets. Il peut exister des partenariats privé-public à trouver. On a peut-être géré les finances à l'ancienne, du sang neuf à la Municipalité pourrait apporter cette modernité où la solution ne se trouve pas forcément dans le point d'impôt.» Sa collègue de parti Christine Girod tempère: «Il faudra voir comment on amène les choses. Et c'est aussi le rôle de la Municipalité de développer une vision à long terme. Le message n'est pas de dire qu'on ne fera rien, qu'on ne bougera pas. On se doit de faire avec ce qu'on a, d'essayer d'en tirer le meilleur et de trouver des solutions nouvelles.»

Créé: 12.01.2016, 23h01

Le débat avait lieu au Buffet de la Gare, à Gland.

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