En recul, le Parti socialiste doit reconquérir le terrain local

Les ambitions des partis (3/6)Le PS aborde ces élections après plusieurs revers communaux et fédéraux. Saura-t-il inverser la tendance?

Stéphane Montangero, président du PSV.

Stéphane Montangero, président du PSV. Image: Florian Cella

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Les socialistes vaudois n’ont pas vu la vie en rose ces dernières années. Il y a cinq ans, ils avaient laissé filer 90 sièges dans les Conseils communaux. Depuis lors, ils ont gagné trois sièges au Grand Conseil en 2012, mais ont subi plusieurs déconvenues locales: un siège perdu à la Municipalité de Morges en 2012, un autre à Yverdon en 2014 et deux à Vevey l’an dernier (lire ci-dessous). Plus récemment, ils sont passés de six à cinq sièges au Conseil national en octobre, voyant leur score baisser de 25,16% à 22,21%. Résultat: le PS compte sur les élections communales de février pour se refaire une santé. Pour y arriver, il axera sa campagne sur le thème du logement et des loyers abordables pour tous. Si le PS échoue, il s’agira d’un mauvais point à une année des élections cantonales de 2017, où son but ultime est de conserver la majorité de gauche au Conseil d’Etat.

«L’enjeu des élections communales est de taille pour nous, car elles démontreront si nous poursuivrons sur notre tendance actuelle, même si la logique de vote est différente entre les fédérales et les communales», analyse la con­seillère nationale Cesla Amarelle. Selon elle, le niveau local représente un échelon d’importance pour les idées roses. Le parti a toujours eu besoin du niveau communal – notamment urbain – pour y construire son image et son discours avant de les faire passer au niveau cantonal.

«Les élections communales, c’est l’endroit où nous puisons notre source de progression, c’est le plus important des baromètres, ajoute celle qui a présidé le parti de 2008 à 2012. C’est d’abord en progressant dans les villes que le Parti socialiste a réussi à progresser dans le canton.»

Les médias focalisés sur la droite

Actuelle municipale des Finances et des Espaces Verts à Lausanne, Florence Germond tient un discours similaire. Elle parle d’obtenir «une bonne répartition sur tout le territoire vaudois» et utilise les termes de «maintien» et de «reconquête». Comprenez: reprendre les sièges socialistes qui sont partis à la droite depuis 2012.

Pourquoi ont-ils échappé au parti? Plusieurs réponses, selon Florence Germond. «D’autres partis, comme l’UDC, ont su peut-être s’approprier, mieux que nous l’avons fait, des craintes exprimées par la population, comme l’immigration ou les finances publiques», estime-t-elle.

Un autre élément aurait participé au recul socialiste: la focalisation des médias sur les partis de droite. «Mais nous bénéficions d’une forte proximité avec la population, sans filtre médiatique, ajoute Florence Germond, alors que certaines formations politiques ont leurs entrées dans les médias, qui reprennent fréquemment leurs thématiques.»

Ce tableau n’inquiète pas le député et président du parti Stéphane Montangero. Pas plus que le recul du parti vaudois aux élections fédérales, où il a fini derrière le Parti libéral-radical et l’UDC. Stéphane Montangero voit un potentiel de progression «quasi partout» dans les grandes et les petites communes. «En réalité, nous progressons sur le long terme au niveau vaudois, ajoute le député. Le cas des fédérales de 2011 est une exception, car nous avions été boostés par la candidature du conseiller d’Etat Pierre-Yves Mail­lard au Conseil fédéral.»

Mais pourquoi le parti avait-il alors régressé au niveau local? Le géographe Pierre Dessemontet préside le PS yverdonnois et a l’habitude de jongler avec les chiffres. Il explique ce recul par «l’individualisation» des Verts. Dans un certain nombre de communes, les écologistes étaient parvenus à l’époque à créer leurs propres listes au lieu des traditionnelles alliances PS-Verts. Une stratégie payante puisqu’ils étaient passés de 144 élus à 208. «Je ne m’inquiète pas sur le plan global, ajoute Pierre Dessemontet. Il est normal qu’un parti de 100 ans connaisse des fluctuations.»

Créé: 25.01.2016, 21h07

Coups de projecteur

Lausanne

La place de syndic, c’est la grande ambition du Parti socialiste à Lausanne cette année. Il veut la reprendre après l’avoir cédée au Vert Daniel Brélaz en 2001. Avec le départ du «géant Vert», le PS compte sur son champion Grégoire Junod, municipal depuis 2011, pour reprendre le poste. Son aura est telle à l’interne qu’Oscar Tosato, municipal depuis quinze ans, ne s’est même pas porté candidat. L’objectif devrait facilement être atteint, vu la suprématie du PS dans la capitale vaudoise: 29 conseillers communaux sur 100 et trois sièges sur sept à la Municipalité. La gauche y occupe six sièges, dont deux Verts et un POP.

Vevey

Tout est à refaire pour le Parti socialiste à la Municipalité de Vevey. Les roses y comptaient trois sièges au soir des élections de 2011. Cinq ans plus tard, ils n’en ont plus qu’un, celui du syndic, Laurent Ballif, qui, comme pour rajouter de la difficulté, ne se représente pas. Entre-temps, à cause de deux démissions, il a laissé filer un siège à Vaud Libre et l’autre à… personne, car la démission d’Annick Vuarnoz est intervenue trop proche des élections de février. Pour maintenir ses trois sièges, le PS mise entre autres sur Lionel Girardin. Son nom est connu à Vevey, il a déjà siégé à la Municipalité de 2006 à 2011 et avait décidé à l’époque de ne plus s’y représenter.

Avenches

Les socialistes avenchois ont pour mission de sauvegarder le siège de leur syndic, Daniel Trolliet, qui prend sa retraite. Pour y arriver, ils comptent sur leur municipale Roxanne Meyer Keller. Elle en a l’envergure, notamment comme actuelle présidente du Grand Conseil. Le fait qu’elle n’ait accédé à la Municipalité qu’en 2013 lors d’une complémentaire ne devrait pas être un handicap. Face à elle, elle retrouvera le libéral-radical Gaétan Aeby, élu à la Municipalité en 2012, lors d’une complémentaire également. Le PS lance aussi parmi ses candidats le chanteur Christian Tschanz, ancien candidat à la candidature suisse à l’Eurovision.

En chiffres

En 2014, dans les communes de plus de 10 000 habitants, le Parti socialiste détenait 298 sièges de conseiller communal et 24 postes de municipal, selon l’Office fédéral de la statistique. Mais le chiffre des Municipalités a évolué après la perte d’un siège à Yverdon et de deux autres à Vevey entre-temps. Au total, le parti revendique actuellement 9 postes de syndic et 76 postes de municipal dans 44 communes. Au niveau des Conseils communaux, les roses ont subi un sacré revers dans les communes au système proportionnel en 2011. Ils y passaient alors de 831 à 742 sièges, alors que, dans le même temps, le nombre total d’élus augmentait. Attention toutefois, un certain nombre sont élus sur des listes interpartis ou indépendantes de gauche.

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