Les communes revoient leur copie face aux parents et aux syndicats

Accueil parascolaireLe nombre maximal d’enfants par adulte passera de 15 à 18. Les communes visaient 20, ce qui avait provoqué une vive opposition.

Le chiffre de 18 enfants par adulte pour les écoliers de 10 à 12 ans est un record que seul Neuchâtel atteint déjà en Suisse romande.

Le chiffre de 18 enfants par adulte pour les écoliers de 10 à 12 ans est un record que seul Neuchâtel atteint déjà en Suisse romande. Image: Olivier Allenspach

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Aujourd’hui, dans les structures d’accueil parascolaire vaudoises, un adulte s’occupe au maximum de 15 enfants. L’idée était de monter ce chiffre à 20. Finalement, il sera de 18. C’est le résultat qu’a présenté jeudi l’Établissement intercommunal pour l’accueil parascolaire (EIAP). L’organisation a en effet publié le nouveau «cadre de référence» contenant les règles qui régiront désormais les structures d’accueil.

Le projet avait été présenté en mai. Il se veut plus libéral que les règles édictées jusqu’ici par l’État de Vaud. Le but: faciliter la vie des communes pour ouvrir davantage de places d’accueil. Mais la consultation publique menée en mai et juin a provoqué de nombreuses oppositions des professionnelles, des syndicats et des parents. D’où une adaptation sur certains points.

Si un adulte peut s’occuper de 18 écoliers quand ils sont grands, le nombre d’enfants par adulte dépend de l’âge. Les plus petits, entre 4 et 6 ans, ne peuvent être que 12, comme aujourd’hui. Le chiffre pour les 6 à 8 ans passera de 12 à 15, malgré l’opposition des professionnelles et des parents. Pour les 8 à 10 ans, il restera à 15.

Mais pourquoi avoir baissé le maximum de 20 à 18 pour les plus grands? «Ce chiffre paraissait impossible à certains professionnels», explique le président de l’EIAP, Christian Kunze, également syndic libéral-radical de Chavornay et ancien député. Également membre de l’EIAP, la municipale socialiste d’Écublens, Pascale Manzini, ajoute: «Les professionnels se sont braqués sur ce chiffre. Mais les communes auront tout loisir d’avoir moins d’enfants par adulte. Nous sommes de bons employeurs. Si les gens du terrain nous demandent davantage de personnel, il est rare que nous le refusions.»

Le chiffre de 18 enfants est un record que seul Neuchâtel atteint déjà en Suisse romande. Genève est à 17, le Jura à 15, le Valais et Fribourg à 12 ( notre édition du 27 juillet).

Sans professionnelles à midi

Pour la syndique libérale-radicale de Payerne, Christelle Luisier Brodard, membre de l’EIAP et députée, Vaud reste tout de même un leader grâce à la formation des professionnelles. «Les exigences ne sont pas les mêmes d’un canton à l’autre pour être qualifié de professionnel. Parfois seule une attestation est exigée.» Dans le canton de Vaud, les professionnelles sont pour la plupart diplômées d’une HES ou d’une École supérieure, ou au bénéfice d’un CFC d’assistante socio-éducative (ASE). Le reste du personnel, sans formation, est qualifié d’auxiliaire ou d’«autre personnel encadrant» (APE).

L’EIAP a par contre maintenu son idée, critiquée par les syndicats, d’autoriser les structures d’accueil à engager seulement des auxiliaires pour le repas de midi. Cette possibilité demeure aussi pour les trajets entre l’école et la structure d’accueil. Elle reste aussi à l’ouverture et la fermeture de la structure, mais avec une nouvelle cautèle: seulement s’il y a moins de 13 enfants sur place.

Un avis sur deux était mitigé

Si l’EIAP a mis de l’eau dans son vin, c’est parce que la moitié des gens qui ont répondu à sa consultation a rendu des avis mitigés ou négatifs. Il avait adressé son projet à 348 destinataires (communes, réseaux, État, parents, etc.). Sur les 132 réponses, 37 s’y sont opposés et 22 ont «émis des réserves».

Selon le libéral-radical Jean-Marc Chevalley, membre de l’EIAP et municipal à Pully, les changements apportés au projet de base permettront de calmer le projet. «La Municipalité de Pully avait émis une réserve sur le taux d’encadrement de 20. Comme il a été ramené à 18, nous pouvons lever notre réserve.»

Quant aux syndicats et aux parents, ils se donnent le temps d’analyser le nouveau cadre pour donner un avis définitif. «Nous voyons des changements positifs, comme le taux de 10% hors de la présence des enfants pour le personnel ou la prise en compte des critiques sur les exceptions aux taux d’encadrement», explique Christine Guinard Dumas, secrétaire générale du syndicat Avenir Social. «Mais il demeure des objets d’inquiétude, notamment en lien avec les formations du personnel.» (24 heures)

Créé: 06.09.2018, 19h45

«Le quotidien des enfants est pris en compte»

À la tête du Département des infrastructures et des ressources humaines (DIRH), la présidente du Conseil d’État, Nuria Gorrite (PS), a la main sur la politique de l’accueil de jour de l’enfance. Jusque-là, elle était restée en retrait depuis la consultation menée par l’Établissement intercommunal pour l’accueil parascolaire (EIAP), attendant que les normes définitives soient publiées.
L’Office de l’accueil de jour des enfants (OAJE), qui dépend de son département, avait, lui, émis des réserves. Celles-ci se sont dissipées désormais.

«Nous voyons que ce cadre de référence a été retravaillé par rapport à celui présenté en mai. Il est plus clair et plus précis. L’EIAP a fait le travail de se préoccuper du quotidien des enfants et des professionnels. Il a été capable d’entendre l’insatisfaction d’acteurs qui ont réagi très fortement. Ces modifications nous permettent aussi d’effectuer notre mission de surveillance, alors que le projet créait un régime d’exceptions permanentes.»

Néanmoins Nuria Gorrite et ses services restent «attentifs», prévient-elle. Si des dérogations ponctuelles et limitées au taux d’encadrement sont désormais possibles sans avoir besoin d’en référer à l’OAJE, elles devront rester «dans les limites du cadre posé».

Concernant le taux d’encadrement de 18 enfants par adulte pour les enfants de 10 à 12 ans, Nuria Gorrite précise: «Nous pouvons considérer que ça peut jouer. D’autant plus qu’en matière d’encadrement le projet était d’avoir un professionnel pour trois auxiliaires, et que ce ratio est ramené à deux professionnels pour deux auxiliaires pour les groupes dès 60 enfants.»

Autre point de satisfaction: le temps de travail des professionnelles hors de la présence des enfants. L’EIAP a désormais fixé noir sur blanc ce temps à 10%. Cela permet notamment d’organiser des réunions d’équipes pour discuter du suivi des enfants ou des rencontres avec les parents.

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