Compromis impossible sur les soins dentaires

Grand ConseilLe parlement a débuté ses travaux sur le remboursement des soins dentaires. Les fronts sont très tendus.

En matière d'accès aux soins dentaires, l'Etat a planché sur une solution entre le statu quo et un régime social universel.

En matière d'accès aux soins dentaires, l'Etat a planché sur une solution entre le statu quo et un régime social universel. Image: PATRICK MARTIN

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Pierre-Yves Maillard, le patron socialiste de la Santé, le savait avant de passer le seuil de la salle du Grand Conseil ce mardi: son projet pour les soins dentaires ne ressortirait pas indemne du tir de barrage de la droite. Ça n’a pas manqué.

Le Grand Conseil, à majorité de droite, a empoigné mardi l’initiative pour le remboursement des soins dentaires, déposée par la gauche radicale en 2014 avec environ 15'000 signatures. Elle coûterait 300 millions de francs par an. Dans la foulée, l’UDC, le Parti libéral-radical (PLR) et les Vert’libéraux ont commencé à crayonner point par point le contre-projet de Pierre-Yves Maillard. Celui-ci cible «en premier lieu» les enfants, les jeunes, les personnes âgées, handicapées et vulnérables, pour leur garantir un accès aux soins et à la prévention. Pour les autres, des aides sous condition pourraient être octroyées. Le tout coûterait «15% du prix de l’initiative», payé notamment par une taxe sur les boissons sucrées. Les Vaudois devraient voter l’an prochain.

«Arrosoir» et «croupion»
Une chose est certaine: les fronts sont très tendus et le compromis est impossible. La droite veut réduire le public cible aux mineurs et aux jeunes. Elle accuse Pierre-Yves Maillard de vouloir jouer à l’«arrosoir», comme le dit la libérale-radicale Christelle Luisier, ou au «saupoudrage», selon les mots de l’UDC Philippe Jobin.

La gauche, par la voix de la socialiste Jessica Jaccoud, parle d’une droite qui «se fourvoie» et qui «revêt le costume des mauvais perdants» de l’élection au Conseil d’Etat. Jean-Michel Dolivo (SolidaritéS) taxe, lui, de «croupion» le texte transformé par la droite.

«Le drame, c’est que ce dossier annonce une culture politique qui change»

Ni les dix séances de commission entre avril et septembre, ni les trois heures de débat mardi n’ont permis d’aboutir à un consensus. Chaque vote se résume à un affrontement droite-gauche. «C’est toujours pénible à vivre lorsque rien ne bouge malgré le débat», a lancé Pierre-Yves Maillard devant l’assemblée. «Le drame de ce dossier est qu’il est annonciateur d’une culture politique qui change. Certains y voient une cure de jouvence. Mais elle se fera au prix d’une souffrance prolongée d’une partie de la population.»

«Mais que veut la droite?»
En conséquence: le but de la gauche est désormais d’obtenir une réponse à cette question: «Mais que veut la droite?» Un exemple: en réduisant le public cible, faut-il exclure le reste de la population des programmes d’aide et de prévention? La droite, lorsqu’elle répond, explique que la Constitution donne simplement les grandes lignes de la politique de l’Etat.

Résultat: puisque le contre-projet du Conseil d’Etat a toutes les chances d’être transformé par la droite, le gouvernement et la gauche s’apprêtent à appeler les Vaudois à soutenir l’initiative. «La majorité de droite se tire une balle dans le pied et ouvre une voie royale à l’initiative», commente Serge Melly (Vaud Libre). Faux, selon Mathieu Blanc (PLR): «Mes concitoyens ont montré que face à des propo­sitions non finançables (comme le revenu de base inconditionnel ou la sixième semaine de vacances), ils pondèrent les avantages et les inconvénients.» (24 heures)

Créé: 31.10.2017, 19h37

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