La condition des femmes empire au sein de l’Etat de Vaud

Administration cantonaleLa différence salariale croît et les femmes sont moins nombreuses aux postes-clés.

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Les femmes sont majoritaires dans l’Administration cantonale vaudoise. Elles représentent 63,9% des fonctionnaires. Elles occupent 58,5% des 22 000 postes de travail (en équivalents pleins-temps). Pourtant, argent et pouvoir leur échappent.

Une récente étude du Service du personnel sur la politique salariale de l’Etat de Vaud établit une comparaison entre la situation dans l’administration en 2009 et en 2011. Elle conclut que l’écart salarial entre hommes et femmes se creuse. En 2009, les collaboratrices gagnaient, en moyenne et à taux d’activité égal, 13,4% de moins que leurs collègues masculins. L’an dernier, cet écart a augmenté à 13,8%. Pour un salaire moyen, une femme gagne 12 700 francs de moins par an qu’un homme.

Dans toute la Suisse, la différence moyenne de salaire entre hommes et femmes est estimée à 20%. Dans le secteur privé vaudois, les salaires médians des hommes et des femmes sont distants de 16%. L’Etat n’est donc pas le pire élève de la classe. Mais c’est l’approfondissement de l’écart dans la fonction publique vaudoise qui surprend, si petit soit-il. Car la nouvelle politique salariale affiche comme ambition de réduire cet écart. Elle a dans un premier temps comblé un peu la différence, qui était en 2008 de 14,3%.

Raisons floues

On s’explique mal ce récent recul. La nouvelle conseillère d’Etat Nuria Gorrite, responsable politique du Service du personnel, le concède: «Le rapport nous montre qu’il y a une évolution qui n’est pas positive. Je dois en connaître les raisons pour y apporter des remèdes.» La conseillère d’Etat envisage donc de commander une étude plus approfondie. «Contrairement à une idée répandue, la marche vers l’égalité n’est pas linéaire. Il n’y a aucun mouvement naturel. D’où la nécessité d’agir tout le temps», complète Magaly Hanselmann, déléguée vaudoise à l’égalité.

Autre constat du rapport: plus on monte dans la hiérarchie, plus l’écart salarial se creuse. Parmi les hauts salaires (quart supérieur), la différence entre les revenus moyens des femmes et des hommes s’élève à 21,5% en 2011 contre 16% en 2009. Théoriquement et légalement, à poste et expérience identiques dans l’administration hommes et femmes gagnent le même salaire. Le Conseil d’Etat s’est engagé à vérifier la chose grâce à un logiciel reconnu par le Tribunal fédéral, explique Magaly Hanselmann.

En attendant, les auteurs du rapport tentent quelques explications. D’abord, l’âge moyen des femmes dans l’appareil administratif est un peu plus bas que celui des hommes: 43 ans pour les femmes et 45 pour les hommes. Cet argument, s’il peut expliquer une partie de la différence, est peu probant pour éclairer la récente évolution. Ces moyennes d’âge n’ont pas changé entre 2009 et 2011.

Seconde explication: il y a davantage de femmes dans les postes moins bien rémunérés que dans les fonctions à responsabilité.

Moins de cheffes

Les femmes constituent en effet la majorité dans les 9 premiers des 18 échelons de la grille salariale. Elles s’avèrent de plus en plus minoritaires à mesure qu’on gravit les 9 niveaux les plus élevés (voir graphique).

Le rapport montre aussi que les femmes perdent non seulement l’argent, mais aussi le pouvoir. En 2009, elles occupaient 21% des 138 postes de cadre dirigeant contre 19,3% des 145 en 2011. Apparemment, les appels pour promouvoir la carrière des femmes n’ont pas été suivis d’effets.

Carole Martin, présidente de l’Association femmes et carrières dans l’administration (AFCA), qui réunit une centaine de cadres vaudoises, souligne: «Cette étude a l’avantage de démontrer que les femmes sont sous-représentées dans les postes de cadre. Nous sommes prêtes à faire des propositions au Conseil d’Etat afin de rendre ces fonctions plus attractives pour les femmes.» (24 heures)

Créé: 20.07.2012, 07h17

Salaires des onctionnaires en hausse

L’objectif premier du rapport sur la politique salariale est de rendre compte de la mise en place progressive depuis 2008 de la nouvelle grille salariale connue sous l’acronyme DECFO-SYSREM. Il apparaît qu’elle se traduit par une augmentation du revenu pour de nombreux collaborateurs de l’Etat. Le salaire brut annuel moyen a ainsi passé de 95 542 francs en 2009 à 97 355 francs en 2011. C’est une augmentation proche de 2%, ou de 1,8% si on tient compte de l’inflation. Cette augmentation moyenne de 1813 francs s’explique en bonne partie par le rattrapage occasionné par DECFO-SYSREM.
Ce sont les bas salaires qui ont connu l’augmentation moyenne la plus significative (+3,1%, ou 2381 francs), alors que les salaires les plus hauts ont connu une progression moindre (+1,3%, ou 1496 francs).

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