Conducteur acquitté d’un incroyable accident mortel

JusticeLe responsable du décès d’un homme fauché à côté de sa voiture en panne sur la bande d’arrêt d’urgence sur l’A9 a plaidé la fatalité.

Le Tribunal de l'Est vaudois jugeai lundi un affaire très délicate d'accident mortel

Le Tribunal de l'Est vaudois jugeai lundi un affaire très délicate d'accident mortel Image: Jean-Paul Maeder

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Autoroute A9, après-midi de décembre 2017, près de Bex. Le pneu avant droit très usé d’une Seat éclate. L’automobiliste se range sur la bande d’arrêt d’urgence, pose son triangle de panne, appelle le TCS. Il sort de son véhicule, se place à son arrière droit et attend. Surgit une Honda à 120 km/h qui a dévié de sa voie, fonce sur la bande d’urgence. Surpris, son conducteur donne un coup de volant à droite, fauche l’homme à côté de l’auto en panne, le tue sur le coup, termine son embardée sur le toit, en sort légèrement blessé. Accusé d’homicide par négligence, il faisait face lundi au Tribunal de Vevey.

«J’ai eu un black-out, explique ce septuagénaire au passé d’automobiliste sans tache. Comme si je m’étais endormi d’un coup. Puis j’ai vu la voiture arrêtée devant moi. Je ne sais pas pourquoi j’ai donné un coup de volant à droite plutôt qu’à gauche pour l’éviter… C’est terrible.»

Inattentif, perdu dans ses pensées? L’affaire semblait entendue. Jusqu’à ce que son défenseur, Me Marc-Henri Fragnière, ne brandisse devant la juge et la procureure un rapport médical surprenant. Plusieurs médecins y attestent que son client souffre d’un trouble qui peut provoquer un endormissement subit. Et surtout que l’intéressé ne le savait pas lui-même. Il n’était par ailleurs ni sous l’influence de l’alcool, ni sous médicaments, ni dans un état de fatigue qui aurait dû l’inciter à ne pas conduire. Bref, le prévenu ne voit pas quelle négligence on pourrait lui reprocher.

Pour être reconnu coupable d’homicide par négligence, il faut que l’auteur ait fait preuve pour le moins d’imprévoyance coupable. Néanmoins convaincu que l’accident résulte d’une absence momentanée répondant à la définition de l’inattention, le Ministère public a requis 150 jours-amendes avec sursis. Le tribunal ne l’a pas suivi.

La Cour a acquitté le prévenu et mis les frais à la charge de l’État, laissant pantois les proches de la victime. Force a été d’admettre que ce drame résulte d’un tragique enchaînement de circonstances toutes plus improbables les unes que les autres.

«La fatalité, ça ne s’explique pas, a plaidé Me Fragnière. C’est extrêmement dur à accepter. C’est révoltant parce qu’il n’y a pas de coupable.» La présidente lui a tout de même reproché une manière d’agir «déloyale» en ne produisant qu’à l’ouverture du procès le document médical qui a fait s’effondrer l’accusation. (24 heures)

Créé: 15.04.2019, 15h54

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