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Le conducteur de train fait appel de sa peine

Condamné à 90 jours-amende avec deux ans de sursis pour avoir provoqué une collision mortelle en 2013, il souhaite voir sa sanction abaissée à 30 jours.

L'accident était survenu le 29 juillet 2013.
L'accident était survenu le 29 juillet 2013.
Keystone

En octobre dernier, le Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois l'a reconnu coupable d'homicide par négligence. L'homme avait omis un signal d'arrêt en gare de Granges-Marnand provoquant une collision qui a coûté la vie à un jeune conducteur de train. Mardi, devant la Cour d'appel à Lausanne, l'homme n'a pas contesté les faits mais la peine.

«Pour le peu d'erreur que j'ai fait, je prends 90 jours alors que les CFF sont intouchables. C'est ce rapport-là qui me dérange», a expliqué en introduction le mécanicien de 57 ans alors que la Cour lui demandait si cet appel avait vraiment un sens. Oui, estime le conducteur qui juge sa peine «excessive».

CFF visés

Durant son premier procès à Yverdon-les-Bains, l'homme n'avait pas caché sa colère à l'égard de son employeur absent du banc des accusés. A Lausanne, sa ligne n'a guère changé. «Les CFF sont blancs comme neige alors que depuis des années, ils ont démantelé la sécurité».

Dans sa plaidoirie, son avocate a estimé que la peine dont a écopé son client n'a rien d'«anecdotique». De son avis, elle «se fonde sur une appréciation extrêmement dure de la faute du conducteur». «Mais sa culpabilité n'est pas lourde. Sa faute est totalement involontaire», a insisté Tiphanie Chappuis.

Conditions difficiles

Revenant sur les conditions de travail stressantes et difficiles des mécaniciens, elle a notamment rappelé les risques de l'effet de routine sur eux. Particulièrement sur les lignes régionales comme celle en question où les conducteurs doivent intégrer des centaines de signaux dans la journée.

«Personne ne peut conserver une attention parfaite dans ces conditions. L'erreur va survenir et les mesures de sécurité doivent y pallier», a poursuivi l'avocate. Pour rappel, peu après cet accident, les CFF avaient réintroduit le système de double contrôle et avancé l'installation prévue dans cette gare du système de surveillance ZUB.

Soutien psychologique

Reste que pour le procureur, l'objet de cette procédure, à savoir la quotité de la peine, est limité. Le réel enjeu, selon lui, est surtout que l'accusé a de la peine à accepter sa responsabilité.

«Il se focalise sur les erreurs qu'il voit chez son employeur mais il y a peut-être d'autres voies pour avancer», a estimé Stephan Johner, rappelant que le mécanicien ne voulait pas d'une aide psychologique.

Pour lui, la peine prononcée «est relativement basse». Car cette faute «doit être qualifiée de grave» sachant que le conducteur a «ignoré deux feux sur des dizaines de secondes». Le jugement sera connu dans les prochains jours.

(ats)

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