Conflit autour de la photo de Jacqueline de Quattro

PublicationAucun accord n’a été trouvé entre la ministre et l’auteur du livre qui lui est consacré. La justice va se prononcer sur son interdiction.

Le livre de Fabien Dunand, ex-rédacteur en chef de «24 heures», contre Jacqueline de Quattro reste interdit en attendant la décision du tribunal. Le débat porte sur la couverture.

Le livre de Fabien Dunand, ex-rédacteur en chef de «24 heures», contre Jacqueline de Quattro reste interdit en attendant la décision du tribunal. Le débat porte sur la couverture. Image: PATRICK MARTIN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pourra-t-on se procurer le bouquin intitulé «Une conseillère d’État ne devrait pas dire ça» ces prochains jours? Le Tribunal civil de l’Est vaudois va en juger. Une audience qui réunissait mercredi matin les avocats de l’auteur, Fabien Dunand, et de la ministre, Jacqueline de Quattro, n’a en tout cas pas permis de dégager un terrain d’entente. C’est la couverture du livre avec la photo de l’élue qui pose problème, et non pas son contenu.

La diffusion de l’ouvrage a été stoppée par la justice le 27 mars, en raison d’une demande de mesures provisionnelles de la conseillère d’État. Alors que ce livre critique son action politique, la couverture a fait que «beaucoup de gens ont cru que c’était moi qui l’avais écrit, ou du moins coécrit ou cautionné», expliquait la ministre le 10 avril. Dès lors, on ne saurait, selon son avocat, parler de censure: «Cela n’a rien à voir avec la liberté d’expression, mais seulement avec l’utilisation d’une image pour vendre un livre pas franchement positif pour ma cliente», a expliqué mercredi Me François Roux. Une photo officielle

Cette photo est publique «et vise à illustrer un livre qui évoque les propos et l’action tout aussi publics d’une personnalité publique», rétorque Elie Elkaim, l’avocat de Fabien Dunand. Et de préciser que la photo a été prise dans le bureau de la ministre: «Cette série de clichés a été largement diffusée, vous les avez vus trente fois dans les médias et Jacqueline de Quattro en a même sélectionné une pour en faire sa photo officielle. Dès lors, il s’agit d’une atteinte à la liberté d’expression.» Au passage, il souligne «une forme d’hypocrisie» à se plaindre de la couverture alors que visiblement, c’est le contenu qui gêne. Le personnel politique semble soudainement «frappé d’hypersensibilité à la critique», ajoute-t-il, faisant notamment référence à des plaintes contre les médias déposées par les conseillers d’État Pierre Maudet et Pascal Broulis.

Propositions refusées

En face, Me François Roux estime qu’il y a une différence entre un article de presse, destiné à informer, et un livre constituant un produit commercial. «Sans cette couverture et sans cette photo, il n’y aurait tout simplement pas de procès aujourd’hui et l’éditeur aurait pu écouler son livre depuis trois semaines.» La présidente du tribunal, Anne-Catherine Page, a évoqué plusieurs solutions pour aplanir ce conflit, comme l’ajout d’une jaquette ou un nouveau tirage avec une couverture neutre. Sans succès. Les Éditions Attinger ont proposé, de leur côté, un projet de couverture alternative avec une photo recadrée et sans la mention du nom de la ministre. Sans plus de succès.

Le jugement du tribunal devrait tomber «dans les meilleurs délais», selon la présidente. Les avocats l’attendent la semaine prochaine. Selon Me Elkaim, si le livre devait rester interdit, l’autorité de recours serait sans doute saisie. Jacqueline de Quattro, absente de l’audience mercredi, n’a pas souhaité faire de déclaration à ce stade. Pas plus que Fabien Dunand. L’ancien rédacteur en chef de «24 heures», auteur de lettres anonymes dans le cadre de l’affaire Orllati, est visé par plusieurs plaintes. Il a expliqué mercredi que son livre n’est «pas un pamphlet».

Créé: 17.04.2019, 22h38

Articles en relation

«Une œuvre de démolition de mon action et de ma personne»

Polémique Jacqueline de Quattro explique pourquoi elle a saisi la justice contre le livre à charge de Fabien Dunand. Et répond à son auteur. Plus...

L’ex-journaliste Fabien Dunand charge Jacqueline de Quattro

Polémique Dans un livre, l’ex-rédacteur en chef de 24 heures dresse un bilan sans concession de l’action de la conseillère d’État. Plus...

La censure qui frappait «24 heures» est levée

Justice Le tribunal avait interdit à Tamedia de «promouvoir» un livre sur Jacqueline de Quattro. Cette mesure se limite à présent à la partie publicitaire. Plus...

La guerre des décharges met l’Etat dans l’embarras

Vaud Après avoir été accusé de partialité envers Orllati, le Canton a déplacé un fonctionnaire. Même si, selon Jacqueline de Quattro, il n’a «rien fait de répréhensible». Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.