Le n°2 de Jacqueline de Quattro est sous enquête administrative

DysfonctionnementsUn cabinet spécialisé analyse le management de Nicolas Chervet, très décrié.

Nicolas Chervet a été condamné le 27 août à une amende de 2000 francs pour violation des obligations en cas d'accident.

Nicolas Chervet a été condamné le 27 août à une amende de 2000 francs pour violation des obligations en cas d'accident. Image: État de Vaud

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Condamné le 27 août à une amende pour violation des obligations en cas d'accident, le secrétaire général du Département du territoire et de l’environnement (DTE), Nicolas Chervet, est désormais doublement dans la tourmente. Comme le confirme le chancelier Vincent Grandjean, une enquête administrative a été ouverte par le Conseil d’État le 30 octobre pour faire la lumière sur «certaines allégations de dysfonctionnements imputés au secrétaire général».

Le gouvernement a confié cette tâche à un mandataire externe. Sa mission est «d’établir les faits et d’analyser le management, l’organisation et les processus pouvant influencer le climat de travail au sein de ce service».

Les reproches à l’égard du numéro deux de Jacqueline de Quattro ont été détaillés par «24 heures» dans une enquête publiée le 12 octobre. Il y était question de l’intervention du Groupe Impact (GI) en 2014. Chargée de la gestion des conflits et du traitement des situations de harcèlement, cette entité indépendante était intervenue à la demande de cadres du Secrétariat général. Un document de synthèse transmis à l’équipe par le GI révèle que ces collaborateurs reprochaient notamment à Nicolas Chervet une «attitude arrogante/rabaissante», un «autoritarisme déplacé» et une «difficulté à gérer le stress».

Ambiance délétère

Sous «démarche convenue», il était prévu que le GI «présente les constats de l’équipe à M.Chervet», que l’équipe «informe Mme de Quattro de la démarche faite au groupe Impact» et que ce dernier intervienne «en cas de représailles».

Selon nos informations, certaines des personnes qui avaient dénoncé le comportement du secrétaire général à l’époque ont quitté le département depuis. Plusieurs de celles qui sont restées maintiennent leurs griefs, décrivant une ambiance particulièrement délétère depuis la publication de l’article de «24 heures» le 12 octobre.

Dans cette même édition, Nicolas Chervet réfutait les reproches à son égard et affirmait qu’«un cadre de direction doit prendre régulièrement des décisions difficiles en termes de conduite des dossiers et de direction du personnel, qui ne plaisent pas forcément à tous. Après avoir entendu les griefs, le Groupe Impact n’est pas entré en matière car il a pu exclure tout abus de ma part et a confirmé le bien-fondé de mes décisions.»

Le chancelier fait savoir que le Conseil d'État «se déterminera dans les prochaines semaines sur les éventuelles suites à donner» à l’enquête administrative. Le gouvernement précise également qu’«en tant qu’autorité d’engagement», il sera appelé «à se prononcer ultérieurement» sur la condamnation de Nicolas Chervet. Ce dernier avait donné une fausse identité à une conductrice dont il avait embouti la voiture à Prilly en décembre 2018.

Contacté, le secrétaire général déclare qu’il participera «pleinement et en toute transparence à cette enquête, laquelle devrait permettre à chacun·e d’exprimer son ressenti et sa compréhension des choses devant une entité neutre et indépendante. Dans l’attente des conclusions, j’entends me consacrer au plus près de ma conscience aux tâches qu’implique ma fonction.»

Quant à Jacqueline de Quattro, elle a toujours affiché son soutien à son numéro deux. Interrogée par e-mail sur les souffrances vécues par les collaborateurs, elle avait répondu à «24 heures» en octobre qu’«appliquer une décision politique ou admettre les instructions émanant du secrétariat général pour faire avancer un dossier ne relève pas de la souffrance mais du fonctionnement normal de l’administration.»

Créé: 19.11.2019, 17h20

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