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Le Conseil d’État peine à afficher sa cohésion

Pris dans diverses turbulences, le collège gouvernemental donne une drôle d'image de lui.

Le Conseil d'Etat dans les sous-sols du château Saint-Maire, là où en novembre dernier il avait présenté sa vision des cinq prochaines années.
Le Conseil d'Etat dans les sous-sols du château Saint-Maire, là où en novembre dernier il avait présenté sa vision des cinq prochaines années.
JEAN-BERNARD SIEBER/ARC-A

Ces dernières semaines, les conseillers d’État ont découvert avec perplexité la vie fiscale plutôt baroque de leur collègue en charge des Finances. Dans cette ambiance déjà particulière, la cheffe du Département du territoire et de l’environnement a cru bon d’aller cancaner devant les caméras sur cette affaire de père incestueux. Ou comment ajouter une crisette à la crise.

Ce dossier ne relève pas du département de Mme de Quattro (PLR), mais de celui de la Formation et de la Jeunesse, dirigé par Mme Amarelle (PS). En temps normal, les magistrats se montrent soucieux de ne pas empiéter sur les prérogatives de leurs collègues. Alors mercredi soir, à la suite de la diffusion de l’interview au «19:30» de Jacqueline de Quattro sur ce sujet délicat, les esprits se sont échauffés dans les états-majors des départements.

«Je pensais bien faire en indiquant à la population que le Conseil d’État traitait sérieusement ce dossier»

Après une soirée orageuse, la ministre de l’Environnement donne sa version: «Mardi, la télévision tessinoise faisait le siège devant la salle du Grand Conseil, alors j’ai fini par accepter l’interview, raconte Jacqueline de Quattro. Je me suis exprimée en termes généraux. Je pensais bien faire en indiquant à la population que le Conseil d’État traitait sérieusement ce dossier.» Nuria Gorrite (PS), la présidente du gouvernement, complète: «Madame de Quattro a fait une erreur, elle le reconnaît. Elle a été prise de court par les caméras dans les couloirs du Grand Conseil. Elle n’avait pas l’intention de s’approprier le dossier.»

Seulement, cette «maladresse» intervient dans un contexte lourd. Elle contribue à accentuer l’impression de désunion qui se dégage du gouvernement. En février, les conseillers d’État ont appris par la presse que leur collègue Pascal Broulis avait un domicile fiscal discutable. Par la suite, ils ont découvert que le ministre des Finances a déduit des sommes considérables pour ses frais de déplacement alors qu’il a un logement à Lausanne, où il travaille. Face à ces révélations, le principal intéressé peine à jouer la transparence. Celui qui a la haute main sur l’Administration cantonale des impôts depuis maintenant seize ans refuse de lever son secret fiscal devant le Conseil d’État. Cela a conduit les membres du collège à lui imposer un contrôle fiscal, agrémenté d’expertises externes.

«Les questions fiscales concernant Monsieur Broulis relèvent de l’ordre institutionnel mais sont aussi personnelles. Nous avançons sur un fil»

Dans son édition de jeudi, «Le Temps» qualifie l’«affaire Broulis» de «crise gouvernementale». Pour le quotidien romand, elle «marque une rupture brutale dans le mode de fonctionnement du Conseil d’État» après des années de «compromis dynamique». Dans ses habits de présidente du Conseil d’État, Nuria Gorrite, tempère: «Les questions fiscales concernant Monsieur Broulis relèvent de l’ordre institutionnel mais sont aussi personnelles. Nous avançons sur un fil. Alors oui, cela a forcément affecté le gouvernement. Pour le reste, le collège fonctionne très bien.»

À gauche comme à droite, les députés portent un regard critique sur l’évolution des événements. Mais anonymement en raison de leur appartenance à un parti gouvernemental. «Le fait que la droite et les ministres PLR n’aillent pas bien crée un champ de tensions dans le collège, estime un poids lourd socialiste. Les députés du PLR parlent de chasses aux sorcières dans l’affaire Broulis. Mais ils disent également: «Pascal nous a mis dans la gonfle.» Je ne sais pas quel poids les trois conseillers d’État PLR ont encore dans leur parti.»

Communication défaillante

Évidemment, sur les bancs d’en face, l’analyse diffère un peu: «Le Conseil d’État serait bien inspiré d’avoir un seul communicateur, pour parler en institution plutôt que chaque membre de son côté, constate un élu PLR. Pascal Broulis a mal communiqué et s’est retrouvé isolé. Il a fallu une interpellation au Grand Conseil pour que Nuria Gorrite s’exprime et réussisse à donner une image de cohésion.»

Là au milieu, un élu centriste observe «une ambiance de fin de règne»: «Pascal Broulis est en difficulté avec son affaire fiscale et Pierre-Yves Maillard a effectué un transfert de pouvoir à Nuria Gorrite.»

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