Le Conseil des jeunes se fait tirer les oreilles

LausanneCommandée par le Conseil communal, une évaluation met en lumière les problèmes de représentativité de ce parlement des 13-25 ans.

Les soixante membres tiennent des assemblées générales chaque mois à l’Hôtel de Ville.

Les soixante membres tiennent des assemblées générales chaque mois à l’Hôtel de Ville. Image: Allenspach Olivier

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C’est un comble: le Con­seil des Jeunes de Lausanne ne représenterait pas les jeunes de Lausanne. Ce constat, ce sont deux professeures de la Haute Ecole de travail social et de la santé (EESP) qui le dressent dans une évaluation d’une trentaine de pages, demandée par le Conseil communal pour les 5 ans du parlement des 13-25 ans.

«Le travail visait l’évaluation d’un dispositif, et non pas l’évaluation de la valeur des engagements personnels ou encore des jugements sur le choix des actions qui y sont menées», expliquent les deux auteures. La réponse des jeunes ne s’est pas fait attendre. Guillaume Ceppi, leur président depuis 2012, parle de «confusions», d’ouvrages de référence «datés» et de rubrique «lacunaire» dans une lettre adressée à la Municipalité dans la foulée du rapport.

Le Conseil des Jeunes de Lausanne est composé de 60 membres. La moyenne d’âge est de 19,2 ans. Et les filles y sont largement minoritaires. C’est la première faiblesse relevée dans le rapport. Les garçons sont 73,21%. Les filles 26,79%. En plus, elles sont moins investies dans les projets débattus au sein du Conseil et donc, par la force des choses, elles en proposent moins. Elles sont non seulement moins nombreuses, mais également moins présentes au comité: une seule fille sur sept membres issus, le plus souvent, des classes supérieures.

«Il y a une sur­sélection des individus dotés d’un bon capital scolaire»

Autre singularité des membres du Conseil: la grande majorité est toujours en formation: 37% dans une haute école (HES/Uni/EPFL) et 22% au gymnase, contre 22,2% en apprentissage. Seuls 19,4% exercent une activité professionnelle, un pourcentage jugé «peu élevé» relativement aux chiffres officiels qui avoisinent les 30% pour les 15-20 ans.

«Il y a une sur­sélection des individus dotés d’un bon capital scolaire», souligne le rapport. Dernière particularité: seuls 19,4% des membres du Conseil des Jeunes sont des étrangers, ce qui le situe au-dessous de la moyenne cantonale en la matière (32,7%).

Erreurs de jeunesse

Les deux auteures terminent leur évaluation sur toute une série de recommandations. Selon elles, le Conseil des Jeunes serait bien inspiré de se préoccuper davantage de problèmes de société, dans l’optique de viser une meilleure reconnaissance ainsi qu’une certaine dimension politique, d’être plus présent dans les quartiers, ou de mieux communiquer sur ses actions.

Pour la Municipalité de Lausanne, l’étude met surtout en relief des erreurs de jeunesse. «Ce Conseil est encore en phase de construction et cette évaluation est un des outils qui permettront, avec la réflexion globale sur le fonctionnement qu’il a déjà entrepris, de pérenniser cette institution de forme associative.» Pour Oscar Jacot, co­président de la Fédération suisse des parlements des jeunes, l’étude n’est pas «totalement à côté de la plaque».

«La représentativité des Conseils des Jeunes, c’est une question très récurrente. Très peu veulent instaurer des quotas qui limiteraient la participation.» Pour lui, le but de ces instances jeunes est avant tout d’éduquer à la citoyenneté, de réaliser des projets, de lancer une carrière politique pourquoi pas, d’apprendre à parler, à débattre et à écouter. «Le mélange et la mixité sont importants. Parce que ce qui représente le mieux les jeunes aujourd’hui, bien plus que les statistiques, ce sont les idées.»

(24 heures)

Créé: 01.09.2016, 06h53

La Commission des jeunes nommée par l'Etat

Au niveau cantonal existe la Commission de jeunes depuis 2011. Ses 25 membres ont de 14 à 18 ans. Ils débattent des sujets qui les touchent et font des propositions directement au Conseil d’Etat. A moins que ce ne soit le Conseil d’Etat lui-même qui leur demande leur avis sur une question bien précise ou des projets de loi concernant la jeunesse.

Ses membres ne sont pas élus. Ils font acte de candidature auprès du Service de la protection de la jeunesse (SPJ). C’est un membre du Conseil d’Etat, en l’occurrence Anne-Catherine Lyon, qui dresse ensuite une composition équilibrée de la Commission entre les filles, les garçons, les élèves de la scolarité obligatoire, les gymnasiens et les apprentis.

La durée du mandat est de deux ans, renouvelable une fois pour ceux qui n’ont pas atteint la majorité. «Il est encore fait attention à la provenance des membres en fonction de leur district, mais l’équilibre parfait n’est pas possible», explique Frédéric Cerchia, délégué cantonal enfance et jeunesse. Comme le Conseil des Jeunes de Lausanne, la Commission de jeunes souffle ses 5 bougies.

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