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Coronavirus: les EMS ont dû innover pour s'en sortir

Un EMS de Château-d'Œx (VD) raconte comment il a dû s'adapter lorsque l'épidémie de coronavirus a éclaté dans ses murs.

L'arrivée du Covid-19 a bouleversé le quotidien des habitants.

Les EMS entrevoient le bout du tunnel. Durement frappés par le Covid-19, ils ont dû se réinventer pour survivre à la crise. Reportage dans l'un d'eux à Château-d'Œx (VD).

Perché sur les hauts du village, avec quelques chalets et les Préalpes comme seuls voisins, l'EMS 4 Saisons jouit d'un cadre apaisant. Et pourtant, comme beaucoup d'autres, il a chancelé ces dernières semaines. Tous ses résidents, soit onze personnes, ont été infectés dès la mi-mars par le Covid-19. Trois d'entre eux en sont morts.

«L'épidémie a flambé avant même que nous ayons pu vraiment nous organiser. Cela a été très violent», raconte Pascale Castellani, directrice générale du Pôle Santé du Pays-d'Enhaut, interrogée par Keystone-ATS.

Du jour au lendemain, les résidents ont été placés en quarantaine. L'EMS, qui partage le même bâtiment que l'hôpital de la région, a lui-même été coupé de tout. Il a fallu à la hâte installer une bâche de chantier pour séparer les deux secteurs, transformer l'une des chambres en vestiaire ou encore improviser une nouvelle pharmacie.

«Nous avons dû trouver de nouvelles façons de fonctionner», explique Mme Castellani, prenant aussi l'exemple des escaliers de secours, désormais utilisés pour acheminer les plateaux repas sans passer par l'hôpital.

Bien que rudimentaires, ces solutions se sont révélées efficaces. Le virus ne s'est pas propagé dans l'hôpital, ni même dans l'autre EMS du Pôle Santé, situé de l'autre côté du parking.

Visite au balcon

L'arrivée du Covid-19 a bouleversé le quotidien des habitants des 4 Saisons. Mais davantage que la peur du virus, c'est le chamboulement de leurs habitudes qui a été le plus difficile à gérer, relève Debbie Breton, une aide-soignante. «Ils n'aiment pas nous voir avec des masques. Ils disent qu'ils ne nous reconnaissent pas», cite-t-elle en exemple.

L'isolement constitue une autre grande contrariété pour les pensionnaires. Car même s'ils sont désormais sortis de quarantaine, ils restent toujours privés de visites. «Le lien social répond à un besoin profond. Nous cherchons constamment des solutions pour le restaurer», indique Mme Castellani.

Conversations téléphoniques et appels vidéo sur une tablette sont désormais planifiés quotidiennement entre les résidents et leur famille. Des lettres arrivent aussi régulièrement, en témoignent les nombreux dessins d'enfants épinglés dans l'établissement. Le home profite aussi de ses grands balcons: les pensionnaires peuvent s'y installer lorsque leurs proches viennent les saluer depuis le jardin.

Renforts appréciés

Pour le personnel soignant également, l'épreuve a été rude ces dernières semaines. «On se sent comme après le passage d'un tsunami», reconnaît la directrice des soins, Corinne Nicodet. «Il y a eu beaucoup de stress et nous avons dû nous serrer les coudes pour tenir. S'il fallait retenir un aspect positif à cette crise, c'est cette solidarité entre nous», estime-t-elle.

Pour supporter le choc, les responsables de l'établissement soulignent aussi l'importance des renforts qui leur ont été envoyés, membres de la Protection civile, soldats sanitaires et étudiants en soins infirmiers. «Nous n'avons jamais eu l'impression d'être livrés à nous-mêmes», affirme Jean-Claude Büchler, responsable des finances et de la logistique.

Ces renforts sont affectés à toutes sortes de tâches sans jamais rechigner, assure-t-il. «Il faut remplacer le personnel malade ou à risque, mais aussi renforcer les effectifs présents», explique-t-il, mentionnant par exemple le travail «colossal» lié à la désinfection.

Incertitudes

Même si les 4 Saisons sortent gentiment de la crise, l'avenir reste flou. «Nous ne savons pas si nos résidents sont désormais immunisés ni quand nous pourrons rouvrir nos portes pour les visites», remarque Mme Castellani. La directrice estime qu'il faudra arriver à un «consensus médical et politique» pour savoir avec quels risques on souhaite vivre ces prochains mois. «Cela vaut pour les EMS comme pour l'ensemble de la société», affirme-t-elle.

(ats)

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