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Les corps donnés à la science ne sont pas tous acceptés

De plus en plus de personnes veulent léguer leurs dépouilles à la Plateforme de morphologie de Lausanne. Faute de place, une famille a dû trouver une alternative. Explications.

La Plateforme de morphologie, dirigée par Jean-Pierre Hornung, utilise 30 à 40 corps chaque année pour la formation des médecins
La Plateforme de morphologie, dirigée par Jean-Pierre Hornung, utilise 30 à 40 corps chaque année pour la formation des médecins
Philippe Maeder

«Mon père n’était pas croyant. Il a choisi de donner son corps à la science pour des raisons économiques et afin de nous soulager de toutes les formalités à entreprendre après son décès», explique Frédéric Despont.

Décédé le 17 janvier dans la soirée à l’Hôpital de Lavaux, Raphaël Despont aurait donc dû rejoindre la Plateforme de morphologie le lendemain. Mais le 18 en début d’après-midi, son épouse apprend que l’Université de Lausanne ne peut prendre la dépouille, faute de place. Un choc pour la famille, qui n’avait pas prévu d’alternative et doit faire toutes les démarches nécessaires auprès des pompes funèbres. «Je ne suis pas fâché contre la décision de la Plateforme, précise Frédéric Despont, mais je suis choqué par leur façon de procéder. Nous aurions voulu être avertis qu’un tel refus était possible, cela nous aurait permis de prévoir un plan B.»

Sur le formulaire de l’UNIL rempli par Raphaël Despont apparaissent certains critères d’exclusion qui ne concernaient pas le septuagénaire ( lire ci-contre). Jean-Pierre Hornung, responsable de la Plateforme de morphologie explique: «Nous avons une capacité de stockage de 80 corps, nous ne pouvons pas en prendre davantage. Il ne serait pas éthique d’accepter des dépouilles que nous ne pourrions utiliser faute de place et qu’il faudrait incinérer rapidement.» Raphaël Despont est malheureusement décédé au mauvais moment, entre deux semestres universitaires: période où aucun corps n’est utilisé par les étudiants. Avec la reprise des cours universitaires ce lundi, 25 corps sont sur les tables de dissection, libérant ainsi de la place.

Motifs économiques

«Nous utilisons 30 à 40 corps par année académique, continue Jean-Pierre Hornung et avons en général une soixantaine d’annonces de décès chaque année.» Une vingtaine de corps sont d’office exclus des cours d’anatomie à cause de leur état ( lire ci-contre). «Il est donc rare que nous refusions des dépouilles. Mais il faut admettre que depuis deux ans environ, nous sommes davantage sollicités.» Un succès souvent motivé par des raisons économiques. La Plateforme, après utilisation d’un corps, l’incinère à ses frais. «Rien que pour l’incinération, l’urne et les différents trajets de la dépouille de mon père, la facture s’est élevée à 2970 francs. Des frais que mon père voulait nous épargner.»

Afin d’éviter de mauvaises surprises aux familles, la Plateforme de morphologie a changé son formulaire. «Nous avons inclus une clause qui précise que nous pouvons refuser un corps en bon état lors de circonstances exceptionnelles. Et nous demandons également au signataire s’il est d’accord que sa dépouille serve aux étudiants d’autres universités de Suisse, précise Jean-Pierre Hornung. Grâce à notre future collaboration avec le nouveau centre de formation chirurgical qui va ouvrir à Genève, nous espérons ne plus avoir à refuser de corps.»

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