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Les coûts de la santé annoncent des primes maladie à la hausse

Pierre-Yves Maillard accuse les réformes fédérales d’avoir alimenté la spirale des coûts.

Pierre-Yves Maillard, patron de la Santé publique vaudoise, cherche à anticiper le choc. Car, il le sait, la hausse moyenne des primes dans le canton de Vaud sera plus élevée que ces dernières années.
Pierre-Yves Maillard, patron de la Santé publique vaudoise, cherche à anticiper le choc. Car, il le sait, la hausse moyenne des primes dans le canton de Vaud sera plus élevée que ces dernières années.
Jean-Bernard Sieber

Les assurés connaîtront dans deux semaines les primes maladie 2016. Les cantons sont invités par l’Office fédéral de la santé publique à ne rien en dire à l’avance. D’ultimes arbitrages sont en suspens du côté de l’autorité nationale de contrôle des primes proposées par les assureurs. Mais Pierre-Yves Maillard, patron de la Santé publique vaudoise, cherche à anticiper le choc. Car, il le sait, la hausse moyenne des primes dans le canton de Vaud sera plus élevée que ces dernières années. Pour deux ou trois assureurs, elle pourrait même être «extrêmement marquée», jusqu’à +25% par prime individuelle, tirant la moyenne cantonale vers le haut. Par rapport à 2015, la prime moyenne vaudoise pourrait grimper de +5 à +5,5%, redoute le conseiller d’Etat. Comment en est-on arrivé là? Etat des lieux.

Evaluation à géométrie variable par les caisses

C’est chaque année le même refrain: les primes reflètent les coûts de la santé. Dans les faits, les assureurs jaugent les coûts pour calculer leurs futures primes. Cette évaluation est à géométrie variable. L’an dernier, les dirigeants des caisses avaient opté pour un scénario conservateur. En tablant sur des coûts maîtrisés, ils pouvaient annoncer des primes 2015 stables. Brosser un tableau d’un système sous contrôle les arrangeait, juste avant la votation sur le choix de passer à la caisse publique unique, une proposition qu’ils combattaient vigoureusement.

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Cette année il en va autrement. Pierre-Yves Maillard assure que les assureurs se rattrapent un peu sur le calcul trop juste de la prime 2015. Par ailleurs, les coûts de la santé ont bien repris l’ascenseur. C’est sensible pour le secteur hospitalier stationnaire; et spectaculaire dans le domaine ambulatoire, intégralement à charge de l’assurance-maladie obligatoire. Le conseiller d’Etat a présenté hier une photographie de la situation sur le front des coûts, pour Vaud et en comparaison nationale.

L’écart avec le coût moyen suisse se stabilise

L’an dernier, les caisses ont payé des prestations de soins relevant de l’assurance-maladie de base pour 3345 francs par assuré vaudois. Soit 10% de plus que le coût net moyen par assuré suisse. Cet écart, encore de 18% en 2005, a diminué régulièrement et s’est stabilisé il y a quatre ans. Jusqu’en 2011, les coûts par assuré vaudois ont augmenté plus lentement qu’ailleurs. Dès 2012, l’évolution vaudoise est conforme à la moyenne des autres cantons. Bâle et Genève sont les deux cantons les plus chers du pays.

Une envolée des coûts de la médecine ambulatoire

Le domaine ambulatoire, soumis à aucune régulation, enregistre l’évolution des coûts la plus inquiétante. Ce seul secteur représente 49% des coûts à charge de la LAMal dans le canton de Vaud, contre 45,8% en moyenne nationale. Dans cet important domaine, les coûts bruts par assuré vaudois sont nettement supérieurs à la moyenne nationale. Vaud pointe au troisième rang des cantons les plus chers. Seuls Bâle-Ville et Genève le dépassent.

«En libérant la concurrence, on augmente l’offre. Au final, la facture est salée»

Vrai point noir vaudois, l’ambulatoire enregistre une hausse annuelle moyenne des coûts de 4,2% pour 2009-2014. Et une accélération inquiétante: sur les trois exercices 2012, 2013 et 2014, la hausse annuelle moyenne atteint 6,4%. Les coûts de l’hospitalier ambulatoire vaudois, 855 francs par assuré l’an dernier, sont 40% plus élevés que la moyenne suisse (614 francs). Ecart à la hausse.

«L’offre inflationniste dans l’ambulatoire est la principale cause de cet envol», estime le conseiller d’Etat. C’est pourquoi il a présenté un décret destiné à freiner l’acquisition de nouveaux équipements en radiologie, radiothérapie et chirurgie ambulatoire. Le Grand Conseil se prononcera tout prochainement. La levée du moratoire sur l’ouverture de nouveaux cabinets, de janvier 2012 à juin 2013, se fait aussi sentir. Cette réforme, décidée par le parlement suisse, a été en partie corrigée, ce qui constitue un soulagement.

L’échec du nouveau financement hospitalier

La bonne nouvelle, c’est que les coûts des médicaments sont maîtrisés grâce à des interventions du Conseil fédéral (+0,2% par an de 2009 à 2014). Les coûts du secteur régulé par le Canton (hôpital stationnaire, EMS et soins domicile) sont à peu près sous contrôle (+1,9% par année), mais il y a un bémol: les coûts de l’hospitalier stationnaire, bien maîtrisés par le Canton depuis 2006, ont repris l’ascenseur. Le changement de financement imposé dès 2012 par le parlement suisse ne tient pas ses promesses. Sous le nouveau régime, les coûts par assuré croissent de 5,1% par an, contre 0,6% auparavant. «En libérant la concurrence, on augmente l’offre. Au final, la facture est salée», déplore le conseiller d’Etat.

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