Crissier pleure son chef: «Le village est en deuil»

Benoît ViolierL'émotion est palpable devant les portes fermées du restaurant de l'Hôtel de Ville.

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Dans les rues de Crissier, le choc est immense. Et parmi les anonymes venus rendre hommage au chef étoilé devant les portes du Restaurant de l'Hôtel de Ville, dont c'était la fermeture hebdomadaire, deux femmes était particulièrement bouleversées: Mary-José Urech et sa fille, Jennifer, venues déposer une bougie et des fleurs. Et pour cause, les deux femmes connaissaient bien Benoît Violier. Ainsi que son chien, McQueen, qu'elles tenaient d'ailleurs en laisse.

«Mon père s'occupait déjà des chiens de Philippe Rochat. Lorsque Benoît s'absentait le week-end et qu'il ne pouvait emmener le Springer breton avec lui, il nous le confiait. Il l'adorait. Il avait d'ailleurs coutume de dire que, dans son restaurant, tout était à vendre, sauf son chien, se souvient Mary-José Urech.

Après avoir recueilli l'animal le jour du drame, la famille Urech n'a pas manqué de relever un changement dans le comportement de McQueen. «Le chien a l'habitude de dormir près de moi, mais cette nuit, il a dormi tout seul, dans un coin. Il a bien senti que quelque chose n'allait pas», soupire Mary-José Urech, la gorge serrée.

Dans les rues de la localité, l'émotion n'était pas moins intense. «C'est une tragédie, nous sommes tous sous le choc!» Boulangère à Crissier, Jacqueline Chappuis tient le commerce situé juste en face du «meilleur restaurant du monde».

Devant les portes closes surveillées par des agents de sécurité, nombre d'anonymes se pressent depuis lundi matin. En attestent les nombreux bouquets de fleurs et autres messages de sympathie déposés en hommage au chef étoilé Benoît Violier, décédé hier. «Chef forever!» pouvait-on lire sur l'un d'eux. «Il venait de temps en temps chercher du pain. On le voyait souvent passer, mais toujours en coup de vent, un véritable hyperactif. Nous avions plus l'habitude de voir sa femme et son fils, pour qui va toute notre sympathie», poursuit la boulangère, résumant le sentiment général.

Car le drame, dans les rues de Crissier, étaient sur toutes les lèvres ce lundi matin. «Le village est en deuil, nous sommes dévastés. Plusieurs clients étaient en larmes ce matin», souligne une commerçante, dont l'échoppe se situe à quelques encablures du prestigieux restaurant. «C'est une immense perte et pas seulement pour Crissier. Pour la région et même pour le monde», renchérit un de ses clients, mentionnant la réputation internationale du chef étoilé.

Signe de l'aura mondiale du chef franco-suisse, de nombreux médias étrangers, notamment français, étaient sur place ce matin. Observant ce manège médiatique de loin, Sabine, une fleur à la main, finit par s'approcher de l'établissement. «Je ne le connaissais que de nom, mais il a tant apporté à Crissier. C'est terrible...»

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Créé: 01.02.2016, 19h01

Benoît Violier, un parcours

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