Cultivateurs de maïs en guerre contre un ravageur

ChablaisL’Etat de Vaud lutte contre un insecte qui attaque les plantes par les racines. Des mesures lourdes pour les paysans.

Un spécimen de chrysomèle sur du maïs.

Un spécimen de chrysomèle sur du maïs. Image: Agroscope

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La chrysomèle des racines du maïs porte un nom scientifique à la sonorité un peu diabolique: Diabrotica virgifera. Débarqué par accident avec des marchandises sur le continent européen en 1992, en provenance des champs d’Amérique du Nord, l’insecte ailé a colonisé l’Italie du Nord avant d’arriver au Tessin en 2000. Il s’est aventuré au nord des Alpes. Et dans le canton de Vaud, où plusieurs spécimens ont été piégés depuis la fin du mois de juillet entre Roche et Ollon.

Le Chablais est le royaume du maïs. L’arrivée de la chrysomèle est une source d’inquiétude même si elle ne représente pas de danger humain direct. Si la population du coléoptère se développe, les larves qui s’attaquent aux racines peuvent assécher et coucher des champs entiers. On n’en est pas là. «Le ravageur ne s’est pas encore suffisamment développé. Il n’y avait rien l’an dernier», indique Jean-Michel Bolay, de la police phytosanitaire.

Sans traitement chimique

L’Etat a annoncé des mesures sans traitement chimique. En 2018, afin d’empêcher les larves qui ont passé l’hiver dans la terre de s’attaquer à de nouvelles racines, les cultivateurs d'une surface totale d'environ 720 hectares qui s’étend du Léman à Saint-Maurice n’auront pas le droit de planter du maïs sur les parcelles déjà dévolues à cette céréale en 2017. Les agriculteurs sont habitués à organiser des rotations de leurs cultures. Mais c’est une contrainte supplémentaire: «Cela va compliquer nos plans, nous allons nous arracher les cheveux pour trouver des solutions», témoigne Pierre-Yves Rapaz, par ailleurs député et municipal, à Bex.

Il a toutefois la chance de pouvoir livrer son maïs, dont les grains seront transformés en farine. La récolte commencera après le 30 septembre. Car avant cette date, le maïs récolté afin d’être livré directement comme fourrage au bétail ne doit pas sortir d’une zone d’un rayon de 5 kilomètres autour du foyer d’infestation. A moins qu’il ne soit conditionné en balles rondes, ce qui tue l’insecte en raison de la fermentation. Ou qu’il soit réduit par déshydratation à l’état de granulés, des «bouchons de maïs».

Selon Laurent Gex-Fabry, un agriculteur de Massongex (VS) qui travaille pour des collègues chablaisiens, les céréales de fourrage qui sortent de la zone en quarantaine représentent au maximum 10% de la production. Mais les éleveurs des hauteurs qui cultivent du maïs en plaine se font du souci: «Ils devront soit acheter du maïs soit échanger des parcelles avec d’autres agriculteurs à cause de la rotation imposée», souligne Laurent Gex-Fabry.

En cas de non-respect des mesures, les cultivateurs risquent une dénonciation et une contravention. Mais la résistance ne semble pas à l’ordre du jour, comme le relève Laurent Gex-Fabry: «Les mesures risquent d’être reconduites si la chrysomèle est encore là l’an prochain. Il faut éradiquer cet insecte.» (24 heures)

Créé: 11.09.2017, 18h50

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