Passer au contenu principal

Plus de mille Vaudois sont prêts à devenir curateurs

L’appel lancé par l’État de Vaud a séduit au-delà des espérances. Les volontaires le font par esprit d’entraide et de bénévolat.

Keystone

«Je mets volontiers mes compétences au service des autres. Mais j’aurais été beaucoup moins enclin à le faire quand c’était une obligation!» lance Marcello Zucco (63 ans). Cet habitant de Blonay, ancien gendarme et employé communal à Aigle, s’est porté volontaire pour devenir curateur – c’est-à-dire gérer les affaires financières et administratives d’une autre personne.

Marcello Zucco a d’ores et déjà suivi un cours de formation de trois demi-journées. Il touchera une rémunération de 1800 francs par année pour ce service. «C’est 1400 francs et 400 francs pour des frais qui seront effectifs, dit-il. Disons qu’on reste en grande partie dans le bénévolat.»

Sophie Mahon (26 ans), elle aussi volontaire pour devenir curatrice, ne le fait pas non plus pour le revenu: «Ma grande sœur est handicapée et cela me tient à cœur de prendre le relais de mon papa pour m’occuper d’elle, plus généralement j’ai envie d’aider des gens», explique cette ressortissante de Provence, dans le Nord vaudois.

La fin d’une exception

Comme eux, 1046 Vaudois ont répondu à l’appel lancé par l’État de Vaud ces derniers mois. Le système du volontariat remplace depuis le 1er janvier l’obligation faite aux citoyens d’assumer des curatelles: une spécialité que Vaud était le seul canton suisse à pratiquer et qui provoquait de forts grincements de dents. Les Chambres fédérales ont décidé d’abolir cette possibilité à l’avenir, suite à une initiative parlementaire de Jean Christophe Schwaab (PS/VD).

«Plus de mille candidatures, c’est inespéré!» a avoué lundi la conseillère d’État Béatrice Métraux lors d’une conférence de presse pour faire le point. Les besoins sont estimés à un peu plus de 350 nouveaux curateurs par année.

«On craignait de se retrouver avec un manque de personnel, et finalement l’offre dépasse les besoins immédiats. Mais tout ce potentiel humain sera utilisé de manière échelonnée», explique son collègue Pierre-Yves Maillard, en charge de l’Action sociale (DSAS). Les conditions semblent en tout cas remplies pour que 50% des curateurs soient des volontaires d’ici à 2020. Un objectif que s’est fixé le Conseil d’État. «Si nous n’avions engagé que des professionnels, la réforme aurait coûté deux fois plus cher, soit 20 millions de francs», rappelle Béatrice Métraux.

Quelque 1700 personnes avaient annoncé leur intérêt au départ via un formulaire électronique. Deux cent cinquante se sont désistées. «Environ 218 volontaires sont actuellement prêts à assurer ce mandat et nous devrions en former encore 400 dans le premier trimestre», se félicite Frédéric Vuissoz, chef de l’Office des curatelles et tutelles. Deux cent septante citoyens ont déjà suivi une formation de base donnée par le Bureau d’aide aux curateurs privés (BAC) entre septembre et décembre 2017. Quid des 5000 curateurs privés en fonction, dont près de la moitié était «forcée»? Neuf personnes auraient décidé à ce jour d’arrêter. «La plupart ne nous a pas lâchés», constate avec satisfaction le président du Tribunal cantonal, Éric Kaltenrieder.

Le changement des conditions jouerait-il un rôle? Le Conseil d’État le pense: «Nous avons tenu compte des résultats d’un sondage lancé en 2013», indique Béatrice Métraux. Ainsi, le salaire pour la fonction a ainsi été revalorisé (de 1200 à 1800 francs par an) et les curateurs volontaires disposeront d’un meilleur soutien et d’un encadrement. La campagne de communication lancée l’an dernier visait aussi «à modifier l’image que se fait la population de la curatelle et de cibler les gens intéressés», ajoute Éric Kaltenrieder. Avec succès, visiblement.

Un mandat de quatre ans

Chaque volontaire peut être amené à gérer dix dossiers au maximum. «C’est un plafond, la majorité s’occupera d’un ou de deux personnes», précise Pierre-Yves Maillard. L’engagement d’un curateur est en principe de quatre ans, selon la loi fédérale. «Toutefois, s’il y a désistement, les juges de paix essaient d’arrêter la procédure et de remplacer la personne», explique la juge Caroline Kühnlein, membre de la Chambre des curatelles.

Sur la base des engagements, le Canton a dressé un «profil type» de la curatrice: c’est une personne de 40 à 59 ans, qui exerce une activité professionnelle principalement dans l’administration et la finance. Le profil au masculin est une personne de 30 à 59 travaillant dans des secteurs d’activité comparables.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.