Le cyberrisque suisse en question à l’EPFL

Des experts mondiaux ont participé à une journée sur la cybersécurité, vendredi, au Centre de congrès du campus lausannois.

Image: Patrick Martin - A

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Des spécialistes mondiaux de la recherche et du développement dans le domaine de la cybersécurité ont convergé vendredi dans l’enceinte du SwissTech Convention Center (Centre de congrès) de l’EPFL.

Ils répondaient à l’invitation du Secrétariat d’Etat suisse à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), mandaté par la Confédération pour dynamiser la recherche dans ce secteur – une des seize mesures identifiées par le gouvernement suisse en 2013 afin de parer aux cyberrisques. L’un des objectifs de cette journée riche en conférences était précisément d’amener des chercheurs, des industriels et des représentants des pouvoirs publics du pays à dialoguer.

Parmi les «pointures» présentes, André Kudelski, CEO de la société du même nom. «On ne voit pas pourquoi la Suisse, qui héberge de nombreuses données économiquement intéressantes, échapperait aux attaques de hackers, qui se font de plus en plus systématiques et qui deviennent automatisées», lance-t-il lors d’une brève rencontre avec la presse. L’attaque dont a été victime récemment l’entreprise suisse Ruag, fournisseur d’armes et de services liés à l’armée et à la défense, est encore dans tous les esprits.

Des mois sur une cible

Avec le professeur Virgil Dorin Gligor, qui enseigne à l’Université américaine Carnegie-Mellon, il dresse le portrait type des cybercriminels qui s’en prennent ainsi à des sociétés suisses. «Leur principale motivation semble économique. Avec peu de matériel et des budgets pas trop conséquents, ils peuvent engranger des gains importants sous la forme de rançon pour restituer des données ou permettre de retrouver l’accès à des services. Leur organisation est sophistiquée et internationale, et ils n’hésitent pas, parfois, à passer des mois voire des années sur une ou des cibles, un groupe pouvant atteindre la centaine de hackers.»

«La Suisse a des atouts pour mettre en place un pôle de recherche et de compétence dans ce domaine du fait de sa neutralité politique», ajoute Louis Marinos, expert senior à l’ENISA, Agence de l’Union européenne pour la sécurité des réseaux et de l’information. «Et aussi parce que les ingénieurs qui y sont formés ont une vue large», note André Kudelski, qui est lui-même ingénieur diplômé en physique.

«Mais il y a encore du travail à faire pour que les scientifiques de disciplines différentes se parlent, et pour que les pouvoirs publics et les industriels permettent d’accélérer la mise en application de solutions novatrices issues de la recherche», nuance le professeur Nicolas Gisin, de l’Université de Genève. Il sait de quoi il parle, en tant que directeur d’une petite entreprise suisse qui a mis sur le marché des systèmes générant des nombres aléatoires de manière quantique, impossible a priori à reproduire. Un atout pour le codage des informations sensibles, qui est jusqu’ici plus exploité à l’étranger qu’en Suisse, selon lui. (24 heures)

Créé: 20.05.2016, 19h14

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.