Début de campagne tendu pour les dentistes et leurs alliés

VotationLes opposants à l’initiative de la gauche sur les soins dentaires ont lancé leur campagne avec un discours surtout économique. Les dentistes devront ouvrir leur porte-monnaie.

Une assurance est un «non-sens» pour Bertrand Dubrez, président de la société vaudoise des médecins-dentistes

Une assurance est un «non-sens» pour Bertrand Dubrez, président de la société vaudoise des médecins-dentistes Image: Keystone/Jean-Christophe Bott

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Le climat est tendu du côté des dentistes, des partis de droite et des organisations patronales. Ils ont démarré mardi leur campagne contre l’initiative «Pour une assurance obligatoire des soins dentaires», lancée par la gauche et soumise en votation le 4 mars. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la fébrilité était palpable lors de leur conférence de presse.

Avec des arguments avant tout fiscaux et économiques, leur discours est tranché et vif. Face aux 70 000 francs annoncés par les initiants, les opposants refusent catégoriquement de chiffrer leur budget de campagne. «Nous ne donnerons aucun chiffre, compte tenu de l’importance de cette votation. Nous mettrons des moyens importants et tous les capitaux seront vaudois», explique Patrick Eperon, coordinateur de la campagne et responsable médias du Centre Patronal.

Les montants seront de toute façon importants. Un exemple rien que chez les dentistes: chacun des 343 membres de la Société vaudoise des médecins-dentistes (SVMD) versera 600 francs. Un calcul rapide aboutit à un total proche des 200 000. «Nous avons décidé de provisionner certains moyens et cette décision a été validée par 95% de notre assemblée», souligne Bertrand Dubrez, le président de la SVMD.

Assurance «arrosoir»

Le souci, c’est qu’au sein même de la SVMD, certains sont partisans de l’assurance. Ils seraient muselés, selon le comité d’initiative. «C’est faux, répond Bertrand Dubrez. Nous leur avons simplement demandé de ne pas s’exprimer au nom de l’association.» Dentistes, politiciens de droite et patrons dénoncent donc une assurance dentaire «arrosoir», dont ils disent que la facture ne cessera d’augmenter et que les impôts serviront à l’éponger. Ils pointent aussi du doigt ce qu’ils appellent une «ponction», c’est-à-dire la cotisation sociale de 1% (payée à parité entre les employés et les employeurs) pour financer cette assurance.

Le fait que seuls les salariés et les indépendants paieront est également fustigé: les 133 000 enfants de 0 à 18 ans, les 18 000 jeunes de 18 à 21 ans sans activité professionnelle et les 122 000 retraités bénéficieront de l’assurance sans rien débourser. «En tant que salarié ou indépendant, vous n’allez pas payer uniquement pour vous et vos enfants, mais aussi pour ceux qui ne travaillent pas, pour ceux qui n’ont pas la même implication que vous», assure Claudine Amstein, directrice de la Chambre vaudoise de commerce et d’industrie.

Aides ciblées

L’argumentaire des opposants s’attarde peu sur les questions médicales. Selon Bertrand Dubrez, une assurance obligatoire est «un non-sens» dans le canton. Il milite par contre pour des aides ciblées et ajoute: «Rappelons que le taux de caries a baissé de plus de 90% ces quarante dernières années.»

Les opposants avaient à peine lancé leur campagne mercredi que les partisans de l’assurance les accusaient déjà de les censurer sur les réseaux sociaux. Et dénonçaient le Centre Patronal, qui a réservé la page Internet soins-dentaires-oui.ch. «La réserver, c’est une technique normale, à droite comme à gauche, lorsqu’on prépare une campagne avant de définir les mots précis d’un argumentaire», rétorque Nicolas Tripet, responsable de la communication numérique du Centre Patronal.

Parmi les mots utilisés, justement, ceux d’«extrême gauche» sont revenus souvent mercredi dans la bouche des opposants pour qualifier l’initiative. Or celle-ci a toujours été soutenue par une large coalition: gauche radicale, socialistes, Verts, syndicats, associations. «Ce qui compte, c’est le noyau, le POP et SolidaritéS, ceux qui ont lancé l’idée au tout début, explique Patrick Eperon. Le terme d’extrême gauche leur correspond, c’est écrit sur Wikipédia.» (24 heures)

Créé: 17.01.2018, 19h42

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