«La décision du PS n'était pas personnelle mais stratégique»

Retrait d'Anne-Catherine LyonStéphane Montangero, président du PS vaudois, assume pleinement le vote du comité directeur qui a mené au retrait de la conseillère d'Etat. Il s'en explique.

Image: Jean-Paul Guinnard - a

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Anne-Catherine Lyon a fait savoir qu'elle ne s'exprimera pas aujourd'hui dans les médias. Elle n'entend pas commenter sa décision de jeter l'éponge en retirant sa demande de dérogation d'ancienneté pour briguer un nouveau mandat au Conseil d'Etat.

Cette décision a été prise après le vote négatif du comité directeur du Parti socialiste vaudois, mercredi soir. Son président, Stéphane Montangero s'en explique.

Pourquoi avoir tué dans l’œuf une nouvelle candidature d'Anne-Catherine Lyon au Conseil d'Etat?

Nous n’avons pas tué dans l’œuf cette candidature, mais pris une décision stratégique et adopté un préavis en vue du congrès. Anne-Catherine Lyon pensait que la meilleure stratégie à suivre était celle d'un renouvellement du ticket sortant. Le comité directeur a estimé au contraire qu'un renouvellement partiel au Conseil d'Etat était la meilleure solution, non seulement pour le court terme mais aussi pour le long terme. Nous avions deux demandes de dérogation sur la table, celle d'Anne-Catherine Lyon et celle de Pierre-Yves Maillard. Les deux candidatures ont été évaluées. Le préavis a été négatif pour Anne-Catherine Lyon, de manière claire: unanimité moins deux abstentions. De l'autre côté, unanimité moins une voix contre et une abstention pour accorder une dérogation à Pierre-Yves Maillard.

Était-ce uniquement une question de stratégie?

Oui et une fois celle-ci déterminée, deux autres éléments ont pesé dans notre choix. D’abord, c'est la durée au Conseil d'Etat: Pierre-Yves Maillard était entré en cours de législature et il est contraint de demander une dérogation pour un mois. Puis vient le poids électoral des deux candidats. Aux dernières sélections de 2012, Pierre-Yves Maillard a été élu dès le premier tour avec près de 60% des voix. Anne-Catherine Lyon a été élue dans le peloton, au deuxième tour en septième position. Dès le moment où le comité souhaitait renouveler l'un seul de ses trois sièges, ces deux éléments amenaient la décision du comité.

Pourquoi tenez-vous tant à la limitation des mandats?

La limitation du nombre des mandats est une règle saine et importante. Dans beaucoup de démocraties, une limitation de mandats existe pour les autorités. Cela permet un renouvellement. Cette idée avait d’ailleurs émergé à la Constituante, sans être retenue au final. Au PS, elle figure dans nos statuts et le comité directeur y tient. Nous considérons qu'une telle limitation est primordiale dans une démocratie afin de partager le pouvoir.

Votre choix n'était-il pas aussi une question de personne?

Non, que les choses soient claires, il n'y a eu aucune attaque personnelle. Nos discussions ont eu lieu dans un climat serein, sans griefs personnels. Nos adversaires pourront nous faire toutes les critiques possibles et imaginables, dans le but d'affaiblir la gauche ou le PS en particulier. Nous avons auditionné les deux élus qui ont fait des demandes de dérogation, puis assumé notre responsabilité en prenant une décision, après avoir déterminé notre stratégie de renouvellement partiel.

La lettre des enseignants critiques envers la ministre et la pétition lancée contre elle ont-ils pesé dans votre décision?

Pas du tout. Encore une fois, nous avons choisi une stratégie, puis émis nos préavis pour les demandes de dérogation, en ayant l’intérêt du parti en tête.

Ne craignez-vous pas un dégât d'image pour le PS?

Je ne crois pas. Ce qui intéressera le plus les Vaudoises et les Vaudois en avril 2017, c'est le bilan des élus sortant. Et il est solide: les trois élus socialistes et la majorité de gauche au Conseil d'Etat ont accompli un travail excellent durant cette législature. Ils ont prouvé qu'un Conseil d'Etat à majorité de gauche peut gouverner et prendre des décisions intelligentes, en recherchant le consensus avec les élus de la droite, pour le bien de notre canton. C'est sur ce bilan et sur ce qui a été fait concrètement par exemple en matière de crèches, de formation, de social, de transports ou de logement que nous serons jugés. Et c'est sur ces questions-là que se joueront les élections de 2017, ainsi que sur le projet proposé et le ticket qui doit rassembler largement.

La décision du comité directeur a poussé Anne-Catherine Lyon à se retirer. N'aurait-il pas mieux valu laisser le congrès s'exprimer mardi prochain?

Le comité directeur a pris ses responsabilités et fait son travail. Il émet toujours des préavis avant les congrès. Cette décision ne change d'ailleurs rien aux prérogatives des délégués des sections, mardi, qui devront statuer sur la demande de dérogation de Pierre-Yves Maillard .

Anne-Catherine Lyon vous adresse, à la fin de sa lettre, ses «salutations solidaires». Comment l'interprétez-vous? N'est-ce pas une façon de de souligner que le PS n'a pas été forcément solidaire avec elle? Aucunement! C'est une formule consacrée, toujours utilisée dans les courriers au PS. Je m'adresse systématiquement à mes camarades avec mes «salutations solidaires», parfois «solidaires et militantes».

Créé: 23.09.2016, 15h43

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