Déçues de leur parti, séduites par l’UDC

FéminismeLe parti de la droite attire les femmes d’autres rangs. Il plaiderait aussi la cause féminine, selon elles.

Anita Messere, Conseillère communale à Lausanne, Lena Lio,  Députée au Grand Conseil et Christine Bussat, Fondatrice de Marche Blanche.

Anita Messere, Conseillère communale à Lausanne, Lena Lio, Députée au Grand Conseil et Christine Bussat, Fondatrice de Marche Blanche.

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«L’UDC défend également la cause féministe. Prenez l’exemple de la burqa. En la combattant, le parti se bat pour les droits des femmes.» Ces mots sont de Christine Bussat, l’une des leaders de la cause antipédophilie en Suisse. Cette ancienne membre du Parti bourgeois-démocratique (PBD) fait partie de ces femmes qui ont choisi, ces derniers mois, de rejoindre les rangs de l’UDC. Un choix qui a surpris de la part de politiciennes attachées à des thèmes soit familiaux, soit féministes, soit écologistes.

A part Christine Bussat, Anita Messere – leader romande d’ECOPOP qui lie restriction de l’immigration et protection de la nature – a choisi l’UDC pour se porter candidate à la Municipalité de Lausanne en février. Même si elle siège maintenant au Conseil communal, elle garde un pied au sein d’ECOPOP. Enfin, la députée ex-Vert’libérale Lena Lio a choisi l’UDC à cause de mésententes personnelles au sein du Conseil communal de Pully.

Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC Vaud, se réjouit. «C’est le signal intéressant que nous sommes en train de normaliser notre image auprès de la gent féminine, commente-t-il. Avec un nouveau membre par semaine, le nombre de nouveaux est équivalent entre hommes et femmes.»

«L’explication est plus large que le combat contre la burqa», ajoute Yohan Ziehli, président des Jeunes UDC vaudois. «Nous sommes actifs sur des thèmes qui touchent les femmes, comme leurs droits, la discrimination, l’égalité salariale à travail égal, la sécurité, etc.»

Féminisme et avortement

Il n’empêche: l’UDC n’est pas le parti qui met le plus en valeur la cause féminine. En mai, l’UDC Vaud a ainsi publié un programme de 70 pages intitulé La voie du bon sens. A propos de la famille, le parti y promouvait la gifle sur les enfants et expliquait que le féminisme avait entraîné un «recours massif à la contraception et à l’avortement». Le président du parti, Jacques Nicolet, expliquait alors qu’il ne fallait pas tout prendre au pied de la lettre. Mais Anita Messere a peu goûté. «Je n’ai accepté de lire que ce chapitre. Il est mal rédigé et son contenu me consterne. Qu’on puisse toucher un enfant, pour moi, c’est exclu.»

Ces trois femmes se disent sereines dans le cas où leurs électeurs les laisseraient tomber. «Ce n’est pas grave, répond Lena Lio. L’essentiel est que je me batte avec mes convictions.» Idem pour Christine Bussat: «Je peine à m’inquiéter, à réfléchir en termes de stratégie. Je suis comme je suis.»

Expliquer que l’UDC défend la cause des femmes, c’est un argument incompréhensible pour Martine Gagnebin, présidente de l’Association vaudoise pour les droits de la femme. «Que vont-elles faire là-bas? questionne-t-elle. Je n’ai jamais lu une position de l’UDC favorable aux femmes.» Elle rappelle que le parti a supprimé son groupe national de femmes et qu’Ueli Maurer avait comparé sa femme à un ustensile de cuisine durant la campagne sur l’avion Gripen. Aux yeux de Martine Gagnebin, les Verts sont ceux qui défendent le mieux la cause des femmes, suivis des socialistes. «Mais leurs poids lourds, ajoute-t-elle, sont principalement des hommes.»


Anita Messere
Conseillère communale à Lausanne

Jusqu’ici ECOPOP (pour encore quelques mois).

Pourquoi l’UDC? «A l’UDC, ce sont des enfants de chœur face à l’association ECOPOP. C’est un parti avec une certaine assise, un avenir et des moyens financiers supérieurs pour faire passer un message politique.»

La cause féminine «Je ne me suis pas posé la question de la défense de la cause féminine en intégrant l’UDC. J’ai regardé en priorité sa position sur l’immigration. L’UDC fait confiance aux femmes et il se pourrait que je prenne certaines responsabilités. Dès mon arrivée, par exemple, on m’a fait confiance pour m’exprimer dans les médias comme candidate à la Municipalité.»


Lena Lio
Députée au Grand Conseil

Jusqu’ici Parti Vert’libéral jusqu’en juillet.

Pourquoi l’UDC? «Les gens de l’UDC sont très sympathiques et gentils. Je n’y vois pas d’arrogance, contrairement à d’autres partis. L’UDC met l’accent sur l’intégration des étrangers. Je suis d’origine chinoise, un pays de dictature, et j’ai toujours dit que c’est à nous, étrangers, de faire le pas. Si nous avons choisi un pays, c’est que nous l’aimons.»

La cause féminine «L’UDC se bat aussi pour les femmes, en défendant la famille. Nous avons notre valeur dans la société. Si les femmes veulent travailler, elles le peuvent. L’UDC m’a acceptée, c’est la preuve qu’ils acceptent les femmes.»


Christine Bussat
Fondatrice de Marche Blanche

Jusqu’ici Parti bourgeois-démocratique jusqu’en avril.

Pourquoi l’UDC? «Le PBD ne me correspond plus, en voulant entre autres augmenter le nombre de signatures pour les initiatives et les référendums. J’ai lancé deux initiatives et je suis pour le respect de la volonté populaire.»

La cause féminine «L’UDC combat la burqa – ce qui me correspond comme membre fondateur de l’Association Les Déburqadères – ainsi que tout ce qui vient de l’Islam et asservit les femmes. Si je veux défendre ce combat, c’est l’UDC que j’ai choisi. Je n’ai jamais été véritablement féministe, mais j’estime que chaque femme doit défendre ses droits.»

Créé: 05.09.2016, 21h15

«Un parti peu soucieux»



Alice Glauser est l’une des femmes les plus célèbres de l’UDC Vaud. Elle a été députée au Grand Conseil et siège désormais au Conseil national depuis l’an dernier. Elle y avait déjà siégé entre 2007 et 2011. Elle fait partie de celles qui ont dû se démener pour obtenir leur place. «Le parti n’est pas assez soucieux de la cause des femmes et c’est quelque chose qu’il faut travailler, rappelle-t-elle. A propos des salaires par exemple, le critère de l’égalité entre hommes et femmes passe après les critères économiques.»

Même si elle estime que les «femmes ne sont pas «mal loties» au sein du parti vaudois, elle souligne qu’il ne faut rien lâcher. «Comme femme, si vous lâchez, personne ne viendra vous chercher», commente-t-elle. Alice Glauser en sait quelque chose. En 2015 le Congrès du parti l’avait désignée candidate aux élections fédérales sans le soutien de sa section.

Un conseil pour les nouvelles venues? Etre calées sur les dossiers qu’elles veulent défendre: «Quel que soit le dossier qu’on veut défendre, il faut être bien au clair avec ses arguments, souligne Alice Glauser. Si vous en avez, vous pouvez être entendue.»

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