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Le départ de «M. Flon» laisse Lausanne perplexe

Marc Pointet va quitter son poste de directeur de Mobimo Suisse romande alors que de gros chantiers sont en cours.

Marc Pointet, en janvier 2016. Il annonçait la venue de la chaîne de magasins de produits alimentaires Eataly qui a abandonné par la suite.
Marc Pointet, en janvier 2016. Il annonçait la venue de la chaîne de magasins de produits alimentaires Eataly qui a abandonné par la suite.
Florian Cella

Il a fini par porter le surnom de «Monsieur Flon», décerné par «Le Temps» dans un portrait paru le 21 février 2020. À chaque grande réalisation dans l’emblématique quartier commercial et noctambule lausannois, il prenait la pose photographique pour «24heures». Sans hésiter à entrer pieds nus dans l’eau de la fontaine de l’Esplanade, inaugurée au début d’octobre 2017, à côté d’une sculpture rock’n’roll mais critiquée.

Il est question ici de Marc Pointet, directeur pour la Suisse romande de Mobimo, le groupe lucernois propriétaire des 55'000 m2 du Flon, qui a créé la surprise en annonçant son départ à la fin de la semaine dernière. Sa démission se concrétisera en juin 2020. L’annonce intervient au moment où la deuxième mouture du projet des immeubles dits Jumeaux, là où la chaîne de restauration Eataly avait annoncé son installation, abandonnée par la suite, passe à l’enquête publique.

Tambour battant

Arrivé à son poste romand il y a sept ans, le Zurichois originaire de Vaumarcus (NE) a mené tambour battant la progression du quartier. La réalisation de l’Esplanade, cette nouvelle place qu’il voulait d’allure «italienne», entourée de cafés, devait en être le symbole populaire. L’Italie ne lui a toutefois pas porté chance. Le projet de transformation des Jumeaux, à la rue de Genève 19 et 21, s’est heurté à de fortes réticences. La verrière, qui devait imposer un usage commercial au passage entre les deux bâtiments et fermer la nuit, a provoqué l’opposition de l’Association pour un aménagement harmonieux du Flon (APAHF). Et Eataly s’est fixé d’autres priorités dans des villes plus grandes que Lausanne.

«Pas de dissension»

Il y aurait de quoi donner naissance à des dissensions ou des frustrations. Mais, Marc Pointet l’assure, ce n’est pas cela qui provoque son départ: «Un nouveau défi se présente à moi à Zurich, CEO d’une société dans l’immobilier qui devrait communiquer au cours du mois de mars. Après treize ans chez Mobimo et sept ans en Suisse romande, j’ai décidé de saisir cette occasion. Tout marchait bien. L’équipe est construite, le Flon est repositionné. Ma mission est accomplie. À 46ans, c’était le moment de partir.»

À Küsnacht (ZH), la direction du groupe Mobimo ne fait que confirmer. «Ce choix lui appartient et n’est en aucun cas le résultat de dissensions quelconques», relève Marion Schihin, responsable de la communication. La société ne se dit pas encore en mesure d’évoquer l’avenir et la succession à la tête de son secteur romand: «L’organisation à venir de Mobimo en Suisse romande est en cours d’élaboration.»

«Après 13 ans chez Mobimo, et sept ans en Suisse romande, j’ai décidé de saisir cette occasion. Tout marchait bien. L’équipe est construite, le Flon est repositionné. Ma mission est accomplie»

Or l’avenir de Mobimo Suisse romande et la stratégie de la société vont encore modifier le paysage urbain lausannois. Avec les CFF, le groupe transformera de fond en comble le quartier de La Rasude, situé à l’est de la gare. Le plan, qui doit passer son examen définitif auprès des services de l’État et de la Ville, devrait aboutir au Conseil communal dans le courant de 2021.

Sensibilité romande

Marc Pointet s’était installé à Pully avec sa famille, soulignant sa volonté d’intégration en Suisse francophone. Une sensibilité romande sera-t-elle conservée à la tête de l’entreprise à Lausanne? C’est l’interrogation en forme de souhait de Natacha Litzistorf, municipale du Logement, de l’Environnement et de l’Architecture, surprise par la nouvelle: «Nous avions comme interlocuteur un Suisse alémanique qui était entré dans notre culture. Il était un pont entre son groupe et nous.»

Quand la Municipalité actuelle est arrivée, en 2016, le pont entre Mobimo et la Ville était en ruine au sujet de la Rasude. Le dialogue a repris, et Mobimo a réduit les hauteurs planifiées. Et l’avenir? En attendant ces décisions, Mobimo ne voit «aucune nécessité de changer la stratégie».

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