Le départ rapide d’un PLR aiderait la droite

Succession MaillardLa démission d’un ministre PLR concomitante à celle de Maillard optimiserait les chances de la droite pour récupérer la majorité au Conseil d’État. Reste à en convaincre un…

Les conseillers d'Etat PLR (de g. à dr.) Pascal Broulis, Philippe Leuba et Jacqueline De Quattro.

Les conseillers d'Etat PLR (de g. à dr.) Pascal Broulis, Philippe Leuba et Jacqueline De Quattro. Image: YVAIN GENEVAY

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La majorité du Conseil d’État a basculé à gauche lors de la dernière élection partielle organisée dans ce canton. En 2011, la Verte Béatrice Métraux a pris le siège laissé vacant par le décès de l’UDC Jean-Claude Mermoud. Depuis, les positions partisanes dans l’Exécutif sont restées figées. Le départ probable de Pierre-Yves Maillard pour la présidence de l’Union syndicale suisse (USS), ouvre à nouveau (un peu) le jeu.

Le fauteuil de socialiste apparaît difficile à prendre pour la droite lors d’une simple complémentaire. Un espoir se dessine néanmoins dans les partis bourgeois. Si l’un des trois conseillers d’État PLR décide de démissionner en même temps que Pierre-Yves Maillard, la double partielle qui s’ensuivrait ouvrirait des opportunités à la droite. Elle pourrait ainsi présenter un ticket PLR-UDC. Le personnel du Conseil d’État étant plutôt en fin de carrière, notamment à droite, il serait judicieux de regrouper les départs au lieu d’échelonner les élections complémentaires tout au long de la législature. Cela aurait également l’avantage de coûter un peu moins cher aux contribuables et aux partis.

Une simple ou une double?

C’est l’USS qui dicte le tempo dans le canton de Vaud. Pierre-Yves Maillard fait figure de grand favori pour l’élection à la présidence de la faîtière syndicale le 1er décembre. Sa cote vient encore de grimper avec le retrait de la Tessinoise Marina Carobbio. Si le Vaudois est élu à l’USS, le Canton devra rapidement organiser une complémentaire au printemps prochain.

Une aubaine pour la droite? Comme le relève le président du PLR, Marc-Olivier Buffat: «Une simple partielle, c’est toujours hautement risqué.» À droite, les personnalités rassembleuses capables de prendre le siège socialiste se trouvent chez les libéraux-radicaux. Mais il est peu probable que les pointures du PLR prennent le risque de se griller dans une élection périlleuse, juste avant les fédérales d’octobre. Et puis, il ne faut pas prétériter les chances de la syndique de Payerne, Christelle Luisier, destinée à succéder à Jacqueline de Quattro. Bref, le PLR ne présentera pas de candidat s’il n’y a qu’un siège à repourvoir au premier semestre 2019.

Il reste donc l’UDC. Mais ce parti peine dans les scrutins majoritaires. «Avoir deux élections complémentaires à la même date serait un bon scénario pour mobiliser l’électorat de droite et faire basculer la majorité», reconnaît Jacques Nicolet, conseiller national et président de l’UDC. «Sinon, une partie du PLR se demandera: est-ce que ça vaut la peine d’aller chatouiller le siège socialiste avec un candidat PLR, pour ensuite risquer de perdre celui de Jacqueline de Quattro. On a vu que, s’il n’y a aucun candidat PLR, l’électorat se démobilise.»

Le président de l’UDC sait de quoi il parle, il a lui même fait les frais de la démobilisation du PLR au deuxième tour de l’élection du Conseil d’État l’an dernier. «Je n’appelle personne à démissionner, ajoute-t-il. Mais si des membres du Conseil d’État, quels qu’ils soient, ne souhaitent pas aller au bout de leur mandat, ils devraient se poser la question de démissionner maintenant.»

Pour voir partir un ministre de droite, encore faut-il le convaincre. En 2015, le PLR a déjà espéré que l’un de ses trois élus au Château cantonal démissionne pour se présenter au Conseil des États, afin de reprendre un siège à la gauche. Résultat, la direction du parti s’est fait danser sur le ventre par ses ministres. Au final, c’est le Lausannois Olivier Français qui s’y est collé. «Il faut rappeler que nos conseillers d’État viennent d’être très bien réélus, note Marc-Olivier Buffat. Ce sont eux qui décident de leur départ.»

Le PLR aimerait tout de même bien se «coordonner» cet automne. Histoire de savoir assez vite s’il y aura une simple ou une double complémentaire ce printemps.

De Quattro a déjà dit «non» Lorsqu’un départ anticipé est évoqué, les regards se portent d’abord sur Jacqueline de Quattro. À peine réélue en 2017, la cheffe du Département du Territoire et de l’Environnement a annoncé qu’elle briguerait un siège au Conseil national en octobre 2019. Dans les rangs du PLR, on souhaite que la conseillère d’État donne son sac pour partir en même temps que Pierre-Yves Maillard. Christelle Luisier pourrait ainsi se présenter sur un ticket avec un UDC. Mais Jacqueline de Quattro a déjà rejeté cette option. «Je démissionnerai si je suis élue à Berne. Ce sont les Vaudois qui diront alors où ils préfèrent que je sois», déclarait-elle en août dernier à Chardonne, lors de la rentrée politique du PLR.

Quant aux deux autres conseillers d’État, Pascal Broulis et Philippe Leuba, la question d’un départ anticipé est également posée. Avec respectivement seize ans et onze ans au gouvernement vaudois, ils peuvent avoir envie, ou besoin, de changer d’air. L’air du temps, justement, ne leur est pas très favorable. Philippe Leuba ne sort pas grandi des révélations sur le prêt hasardeux accordé à l’entreprise Swiss Space System (S3). Le grand argentier s’est, lui, illustré avec sa situation fiscale baroque et ses pérégrinations russes en compagnie de l’un des plus gros contribuables du canton. Il est désormais dans le collimateur du Ministère public pour ces voyages avec le milliardaire Frederik Paulsen. «Avec ces investigations, tout est ouvert pour Pascal Broulis», note un UDC influent. D’aucuns pensent que si l’un des deux quittait le Conseil d’État maintenant, avec ces histoires en arrière-fond, il laisserait une drôle d’impression.

L’espoir nourri par la droite d’une double complémentaire paraît encore bien faible.

Créé: 18.09.2018, 06h41

Le thème de la santé inquiète l'UDC

L’UDC est claire et nette: elle lancera un candidat. Son souci, maintenant, c’est de trouver qui voudra se mouiller alors que le pessimisme grandit dans ses rangs. Certains n’attendent désormais plus que les élections cantonales de 2022 pour revenir au gouvernement et utilisent même les mots de «boucherie», «abattoir» ou «dézingage» pour qualifier l’avenir de celui qui se lancera dans la succession de Maillard.

L’UDC part avec un mauvais bilan: trois échecs en 2011, 2012 et 2017 pour faire élire leurs champions successifs, Pierre-Yves Rapaz, Claude-Alain Voiblet et Jacques Nicolet. À chaque fois, une partie de l’électorat du PLR a refusé de suivre le mot d’ordre de leur parti. Autre problème cette fois-ci: la tournure des débats pendant la campagne. L’an dernier, quand il s’agissait de remplacer la ministre en charge de l’École Anne-Catherine Lyon, les candidats se sont focalisés sur les questions de formation. Résultat: Jacques Nicolet, conseiller national et président du parti, a plié face à la socialiste Cesla Amarelle.

Pour remplacer Pierre-Yves Maillard, les débats devraient se porter sur la santé. Or en face du candidat UDC, il risque bien d’y avoir Rebecca Ruiz. La socialiste est dans son domaine avec ces dossiers, présidente de la Fédération suisse des patients. «Même le meilleur d’entre nous n’y arriverait pas», note un cacique de l’UDC.

Dès lors, qui choisir? «Nous avons besoin d’un candidat modéré, qui puisse faire en sorte que le PLR et le centre droite
en général soient à fond derrière lui», répond Jacques Nicolet, sans trop rentrer dans les détails. Un nom revient souvent, celui de Philippe Jobin, le chef du groupe UDC au Grand Conseil. Celui-ci réserve sa réponse pour l’instant, mais ne cache pas son intérêt.

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