Les députés diront aujourd’hui si «Chalom» doit vivre ou mourir

Grand ConseilCondamné à mort pour avoir mordu à plusieurs reprises, le chien reste en sursis. Une pétition pour le sauver peine à convaincre les élus.

<i>Chalom</i>, un hovawart âgé de <nobr>8?ans,</nobr> fait l’objet d’une bataille juridique et politique pour lui éviter l’euthanasie. Le chien, qui a mordu plusieurs personnes, est placé au Refuge de Sainte-Catherine depuis 2012.?

Chalom, un hovawart âgé de 8?ans, fait l’objet d’une bataille juridique et politique pour lui éviter l’euthanasie. Le chien, qui a mordu plusieurs personnes, est placé au Refuge de Sainte-Catherine depuis 2012.? Image: DR

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Un nouvel épisode s’écrit dans l’incroyable saga du chien Chalom. Les députés vaudois pourraient décider aujourd’hui, mardi, s’ils souhaitent laisser euthanasier ce hovawart de 8 ans. Du moins, le sujet figure au programme de leur séance. Plus exactement, le Grand Conseil est appelé à se prononcer sur la pétition «Sauvez Chalom». Celle-ci a été déposée l’an dernier, nantie de 1600 signatures de personnes qui voudraient que cet animal vive, alors que le Canton de Vaud persiste à vouloir le piquer. Le chien est en sursis depuis trois ans, séquestré au Refuge de Sainte-Catherine.

Cette affaire «a pris une tournure très émotionnelle», constate Véronique Hurni (PLR), présidente de la commission des pétitions du Grand Conseil, qui a auditionné les acteurs du dossier. Selon les auteurs de la pétition, ce chien est «un animal affectueux qui s’est montré irréprochable» depuis qu’il vit à Sainte-Catherine. «Aucun problème, aucune agressivité», confirme Michel Christin, ancien inspecteur principal de la Société vaudoise de protection des animaux (SVPA), à la retraite depuis quelques semaines.

«Cette décision d’euthanasie a été prise à la légère, il est incompréhensible que le vétérinaire cantonal n’ait pas reconsidéré son opinion en trois ans», fulmine le député Marc Oran (POP), qui déposera une interpellation ce matin pour appuyer la pétition. Selon lui, le chien n’aurait rien d’agressif: il a «pincé ou mordu» dans des circonstances très particulières, dérangé pendant qu’il mangeait ou se réveillant d’une narcose.

Malgré l’ardeur de ses défenseurs, Chalom risque de ne pas échapper à l’euthanasie. La Commission recommande au Grand Conseil de classer la pétition, et ce à une forte majorité (7 voix, contre 1 et 2 abstentions). Selon le vétérinaire cantonal, Giovanni Peduto, cité dans le rapport de commission, «le comportement d’un chien ne se bonifie pas avec l’âge». Or Chalom s’était vu «imposer des mesures de manière graduelle, avec un suivi sur quatre ans, y compris avec une thérapie comportementale (en 2010). Rien n’y a fait, avec des morsures de plus en plus graves, la dernière (en 2012) ayant nécessité une chirurgie plastique du visage.» Bref, ce chien serait dangereux.

La commission a également entendu le propriétaire. Cet habitant d’Yverdon-les-Bains a raconté «le lien fort qui le liait à Chalom, lequel lui a été confié à un moment difficile de sa vie, suite à un accident de moto qui lui a occasionné de nombreuses fractures. Devenu malvoyant, il s’est retrouvé seul à la maison, abandonné par son amie et délaissé par ses amis. Le seul qui lui soit resté fidèle est Chalom. Le simple fait de le tuer ferait mourir une part de lui avec Chalom, et il ne peut s’y résoudre.»

Le propriétaire confiait l’an dernier à un média romand que le combat judiciaire pour tenter de sauver son compagnon lui avait déjà coûté 35 000 francs. La demande de grâce déposée par ses avocates fait actuellement l’objet d’un recours auprès du Service juridique (SJL). Le propriétaire est aujourd’hui prêt à se séparer du chien et à le confier à un couple de Zurich, dont le mari est vice-président de la race des hovawart.

«Pas de chance»

Dans les délibérations, un membre de la commission estimait que «ce chien n’a pas eu de chance et pourrait être placé à Zurich en appliquant le principe de grâce». Mais «pour la majorité, ce serait renvoyer le risque plus loin, explique Véronique Hurni. Le placer chez des tiers ne donnera pas de garantie, notamment en cas de visite d’enfant. Nous nous sommes longuement penchés sur les faits, et il apparaît que ce chien a des réflexes agressifs sérieux.»

La survie de Chalom ne tient pas formellement à la pétition déposée au Grand Conseil vaudois, mais à la demande de grâce formulée l’an dernier et pour laquelle le propriétaire a annoncé vouloir épuiser tous les moyens de recours possibles. «La décision du Grand Conseil n’est pas le couperet, admet Marc Oran, mais nous allons jouer ici la partie la plus importante de cette affaire.» (24 heures)

Créé: 01.03.2016, 06h48

Promis à l’euthanasie depuis 2012

7 octobre 2009 «Chalom» court après trois fillettes à Yverdon-les-Bains et griffe l’une d’elles.

19 mai 2010 L’épouse du propriétaire se fait mordre par le chien, qui se réveillait d’une narcose.

25 septembre 2010 «Chalom» mord un sous-locataire, en train de lui caresser la tête pendant qu’il mangeait.

6 juillet 2012 «Chalom» mord une autre sous-locataire. Elle est blessée au visage, avec une partie des lèvres et une paupière arrachées, et elle a une plaie profonde au bras. Le vétérinaire cantonal ordonne le séquestre de l’animal puis décide qu’il doit être euthanasié. Recours du propriétaire.

Mars 2013 Le Canton confirme l’euthanasie. Le Tribunal cantonal fera de même, ainsi que le Tribunal fédéral, début 2015.

Avril 2015 Les avocates du propriétaire en appellent à la Commission des grâces du Grand Conseil. La démarche est jugée irrecevable. La procédure est toujours en cours.

Mai 2015 Une pétition pour «sauver Chalom» est remise au Grand Conseil, lequel devrait statuer cette semaine.

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