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Les députés font un geste pour la classe moyenne

L’initiative de la droite est acceptée. Les déductions fiscales pour les primes maladie seront augmentées.

La Commission des finances présidée par le PLR Alexandre Berthoud recommandait d’accepter l’initiative.
La Commission des finances présidée par le PLR Alexandre Berthoud recommandait d’accepter l’initiative.
JEAN-BERNARD SIEBER

Sans réel débat, l’initiative des Jeunes libéraux-radicaux vaudois «Une baisse d’impôts pour la classe moyenne» a été largement acceptée par le Grand Conseil mardi. Elle n’aura donc pas à être soumise au peuple et entrera en vigueur au 1er janvier 2020. Seuls Les Verts et Ensemble à Gauche se sont positionnés en sa défaveur.

Lancée pendant la campagne des élections cantonales de 2017, l’initiative était soutenue par le PLR, l’UDC et les Vert’libéraux et avait recueilli plus de 13'000 signatures. Que va-t-elle changer pour le citoyen face à sa feuille d’impôt? Ce dernier verra rehaussé le plafond des déductions fiscales que l’on peut faire valoir au titre de paiement des primes d’assurance maladie. Au lieu de 2000 francs pour une personne seule et 4000 francs pour un couple marié, le contribuable pourra déduire au maximum 3200, respectivement 6400 francs. Ce qui allégera son bordereau de quelques centaines de francs. Seuls pourront être déduits les montants effectivement payés. Cette faveur ne se cumulera donc pas avec les subsides étatiques mis en place pour soulager les assurés dont les primes excèdent 10% de leur revenu. Manque à gagner pour l’État: 40 millions de francs. Et 18 millions pour les Communes.

«Il était temps que le Canton de Vaud prenne des mesures pour sa classe moyenne, elle qui paie les primes maladie parmi les plus élevées de Suisse et qui paie aussi des impôts parmi les plus élevés de Suisse, subissant une double peine», a solennisé le PDC Axel Marion. Un discours bien servi par l’actualité, puisque la semaine passée on apprenait que les coûts de la santé étaient en baisse dans le canton alors que les primes ne cessaient d’augmenter, engraissant le trésor de guerre des assureurs. «Il faut un message clair: restituer du pouvoir d’achat à la classe moyenne», s’est aussi félicité l’UDC Philippe Jobin.

«Un arrosoir»

Finalement, la note discordante est venue des écologistes et de la gauche radicale, non convaincue par l’initiative. «Il y a un effet arrosoir qui permet à des familles dont la situation financière ne l’exige pas de bénéficier de ces déductions supplémentaires», a observé la Verte Anne Baehler Bech. «Elles bénéficieront surtout aux plus aisés», a embrayé Hadrien Buclin (SolidaritéS). Le PS, lui, a apporté un timide soutien à la proposition de la droite, qu’elle juge «complémentaire» à ce qui a été déjà mis en place par le gouvernement.

Rien d’étonnant à cette position. En octobre dernier, le Conseil d’État avait daigné intégrer le texte des jeunes PLR à sa «Stratégie fiscale 2019-2023». Une concession lui permettant en partie de satisfaire une motion UDC votée par la droite, qui exige une baisse de 3 points d’impôt d’ici à 2021. «Accepter cette initiative permet aussi d’éviter une campagne de votation qui aurait donné au PLR une tribune sur un thème populaire», décode un député de gauche.

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