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Les députés font moins de raffut dans le nouveau Parlement

Les élus ont pris possession des lieux mardi. Quelques réglages sont à faire mais un constat s’impose: fini le brouhaha qui dominait à Rumine.

La hiérarchie des places dans le nouveau parlement vaudois

C’est par une courte séance de trois heures que les députés ont pris officiellement possession de leur nouveau Parlement, mardi après-midi. En préambule, quinze minutes d’instructions techniques: comment utiliser la nouvelle console de vote, à quelle distance parler dans le micro, où se trouvent les prises 220 volts… Et cet avertissement du régisseur, Dominique Vidmer: «N’oubliez pas que le public et les journalistes peuvent désormais voir ce qui s’affiche sur l’écran de votre ordinateur.» Les médias et les visiteurs sont en effet logés dans une galerie, à l’arrière de la salle. Prudence, prudence.

Une agréable odeur de bois neuf flotte dans la salle. La session démarre et, rapidement, un constat s’impose: pas de brouhaha. Pas de bruyants apartés dans le fond de la salle. Ni de va-et-vient entre les places.

C’est à la buvette, naturellement, que les bavardages et débriefings ont lieu. Les élus soulignent le calme qui règne dans l’hémicycle. «Il y a peut-être un côté «premier jour d’école», remarque le socialiste Nicolas Rochat Fernandez. Mais je crois surtout que c’est dû à l’acoustique, qui est meilleure. Ça résonne moins qu’au Palais de Rumine.»

«Là-bas, abonde le PLR Marc-Olivier Buffat, il y avait deux couloirs permettant de se déplacer, d’aller demander quelque chose à Truc, parler avec Machin.» «La salle est plus petite, il n’y a pas un siège de plus que nécessaire», note Marc Oran (POP). «On entend tout ce qui se dit, donc il y a moins de discussions», glisse le socialiste Hugues Gander. Conséquence: pour parler entre eux, les députés sortent de la salle.

Même dans le public, on remarque le changement. «Les députés sont plus sages», sourit Monique Jaccard, habituée à suivre les débats du parlement. Tiens, que pense-t-elle de ce nouvel écrin de la démocratie? «Architecturalement, il est magnifique. C’est capital qu’un lieu de débat donne l’image de transparence, d’ouverture, de clarté.» Bémol: «Par contre, le public ne voit pas bien les députés. Surtout avec l’alignée de journalistes devant.» Et ceux-là même ne voient qu’une partie des élus seulement… Un écran géant permet toutefois de voir qui a la parole.

Du côté de la régie, on a dû mettre les bouchées doubles pour permettre aux élus de terminer la législature dans ce nouveau Parlement, ce qui n’était pas prévu initialement. «Tout n’est pas encore fonctionnel, mais ce qui est nécessaire pour travailler l’est», assure Dominique Vidmer, un tantinet stressé par cette séance inaugurale. D’inévitables petits bugs surviennent. Comme le volume sonore de la retransmission audio des débats, qui s’avère trop élevé dans la salle des pas perdus. Dur dur d’y tenir un conciliabule. La socialiste Roxanne Meyer Keller s’en émeut et va illico en informer les techniciens.

«De petits réglages doivent encore se faire, admet le conseiller d’Etat Pascal Broulis, qui a piloté le projet. Il manque des portes à la buvette et des pigeons sont entrés par les fenêtres…» Le couple de volatiles n’est d’ailleurs pas passé inaperçu dans le vaste hall du bâtiment.

Les députés sont enchantés de leur nouveau Parlement. La buvette y sert désormais des plats chauds à midi et, surtout, le nouveau bâtiment comprend plusieurs salles de travail pour les groupes politiques, ce qui n’était pas le cas de l’ancien. «Et puis, l’endroit est beau, baigne dans la lumière, s’enthousiasme Marc-Olivier Buffat. A Rumine, on avait l’impression de travailler comme des taupes, on clignait des yeux quand on sortait à la fin de la journée. Espérons que nos débats seront aussi lumineux.»

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