La dernière ligne droite d’une drôle de primaire

Elections cantonalesLe 14 janvier, le Parti socialiste choisira sa candidate pour remplacer Anne-Catherine Lyon. Interview pour différencier les trois prétendantes

De gauche à droite: Fabienne Freymond Cantone, Cesla Amarelle et Roxanne Meyer Keller.

De gauche à droite: Fabienne Freymond Cantone, Cesla Amarelle et Roxanne Meyer Keller. Image: KEYSTONE/Jean-Christophe Bott

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Dans une semaine, les délégués socialistes vaudois auront désigné leurs candidats pour le Conseil d’Etat. On ne prend pas trop de risque en écrivant qu’ils valideront les candidatures des sortants Nuria Gorrite et Pierre-Yves Maillard. En revanche, il est plus périlleux de s’avancer sur le troisième nom qui sortira du chapeau lors de ce congrès à Montreux. Quelque 500 délégués y sont attendus.

Fabienne Freymond Cantone, Cesla Amarelle et Roxanne Meyer Keller sont les trois prétendantes à une place sur le ticket socialiste. Elles se présentent à une sorte de primaire qui ne dit pas son nom, après une campagne aux contours assez flous. Les candidates ne devaient pas s’affronter dans des débats contradictoires et s’en tenir à la défense du programme officiel du parti. Bref la «campagne» s’est résumée à la présentation des candidates devant les «régionales». Des assemblées entre camarades. Seulement, la personne choisie par les militants socialistes aura de bonnes chances d’entrer au gouvernement vaudois. 24 heures a donc interrogé les trois prétendantes afin d’esquisser leur profil politique.

Questions autour du congrès

Le déroulement du congrès qui les départagera demeure pour l’instant assez mystérieux. Selon les statuts du parti, l’élection de la candidate se fera à scrutin secret à la majorité absolue aux deux premiers tours et à la majorité simple dès le troisième. Pour le reste, rien n’est encore arrêté. Qui fera la présentation des candidates? Les délégués pourront-ils leur poser des questions? Les deux sortants devront-ils aussi passer par un scrutin secret? Ou seront-ils désignés par acclamation?

Cela fait beaucoup de questions ouvertes à l’avant-veille d’un congrès décisif. Ces quinze dernières années, les socialistes ont envoyé des personnalités fortes au Conseil d’Etat, comme Pierre-Yves Maillard ou Nuria Gorrite. Voudront-ils poursuivre dans cette dynamique en choisissant une candidate capable de peser sur l’action gouvernementale? Ou alors le parti préférera-t-il capitaliser sur la décennie passée en privilégiant un profil qui saura se ranger dans l’ombre de PYM?


Fabienne Freymond Cantone

Municipale à Nyon, députée

1. Où vous situez-vous dans la ligne du PSV?
Je suis socialiste. Mes votes sont toujours dans la ligne et mes propositions sont toujours appuyées par le parti.

2. En mai prochain, pour qui voteriez-vous en France?
L’idéal aurait été Christiane Taubira. Parmi ceux qui se présentent, je dirais Benoît Hamon; sans enthousiasme.

3. Qu’avez-vous voté à la loi sur le renseignement?
Comme le PSV, j’ai dit oui.

4. Quelle est votre position sur la burka?
L’idée de la burqa m’est insupportable, mais l’interdire ne résoudra rien, voire exclura encore plus les femmes concernées.

5. Etes-vous pour l’adhésion à l’Union européenne?
En 1992, après le refus de l’entrée dans l’EEE, j’ai pleuré… Aujourd’hui, je n’adhère pas à cette Europe essentiellement économique. Quand l’UE sera devenue plus sociale, alors oui, il faudra y aller.

6. Faut-il plus de non Lausannois aux postes-clés?
Il faut une bonne représentativité générale des forces cantonales. Cela dit, les Lausannois ont une section très forte. Et par la force des choses, ils sont plus connus. Mais on voit avec nos trois candidatures non lausannoises que les portes ne sont pas fermées.

7. Etes-vous maillardienne?
Je ne suis d’aucun clan. Je discute avec tout le monde.

8. Où pensez-vous ratisser en dehors de la gauche?
Je suis bien connue dans tout l’ouest du canton, ce qui représente un joli socle électoral. Ma région comprend une partie urbaine et une partie campagnarde. Je peux être pointue sur les questions environnementales et agricoles. Ma ville est en outre une ville-centre. En quelque sorte, je suis tout terrain.

9. Après 22 ans, les roses doivent-ils garder l’école?
Oui. A entendre les propositions conservatrices de la droite majoritaire au Grand Conseil, les socialistes ont intérêt à garder l’Ecole. La LEO doit être ajustée, cela dit; aussi pour mieux accompagner les élèves en difficulté.


Cesla Amarelle

Conseillère nationale, Yverdon-les-Bains

1. Où vous situez-vous dans la ligne du PSV?
Comme mes collègues romands, je suis à la gauche du parti au plan fédéral. Je soutiens une économie dynamique et une politique sociale qui participe à l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages.

2. En mai prochain, pour qui voteriez-vous en France?
Face à Fillon ou Le Pen, je voterais pour le candidat socialiste s’il parvient au deuxième tour de l’élection. Dans la primaire, en l’absence de Christiane Taubira et de Martine Aubry, je pencherais pour Benoît Hamon.

3. Qu’avez-vous voté à la loi sur le renseignement?
Comme le Parti socialiste suisse, j’ai voté contre. Le débat porte maintenant sur la meilleure application possible.

4. Quelle est votre position sur la burka?
Je suis contre la burqa et contre son interdiction. Une mesure d’interdiction ne résout rien.

5. Etes-vous pour l’adhésion à l’Union européenne?
Ce sujet n’est pas d’actualité. On essaie déjà de sauver les bilatérales et les mesures de protection du marché du travail, pour lesquelles je me suis beaucoup engagée.

6. Faut-il plus de non Lausannois aux postes-clés?
La représentation est équilibrée dans le PSV. Les postes clés sont aujourd’hui détenus par des personnalités issues de tout le territoire vaudois, dont notamment Lausanne. C’est ce qui compte plutôt que l’appartenance à une ville ou région particulière.

7. Etes-vous maillardienne?
Je suis socialiste, au même titre que Pierre-Yves Maillard. J’adhère à des idées et des mesures concrètes qui visent à améliorer le quotidien de notre population.

8. Où pensez-vous ratisser en dehors de la gauche?
Je touche déjà un électorat humaniste, indépendant et ouvert. Je suis capable de tisser des accords solides, comme récemment sur le «9 février» pour sauver les Bilatérales. Les chiffres sont clairs: entre 2011 et 2015, le nombre d’électeurs du centre, Vert’libéraux et de droite qui m’ont accordé leur confiance a quadruplé.

9. Après 22 ans, les roses doivent-ils garder l’école?
Oui, c’est un enjeu important et le PS ne devrait pas abandonner l’Ecole. C’est la formation de nos jeunes, l’accès à la formation et l’insertion professionnelle qui sont en jeu. Il en va de notre avenir.


Roxanne Meyer Keller

Syndique d’Avenches, députée

1. Où vous situez-vous dans la ligne du PSV?
Dans une ligne pragmatique avec une vision régionale et cantonale, qui prône les valeurs socialistes.

2. En mai prochain, pour qui voteriez-vous en France?
Ma préoccupation actuelle est en relation avec les élections cantonales de ce printemps. Le temps m’a manqué pour suivre de près les élections en France. Cette élection se révélera primordiale pour l’avenir l’Europe.

3. Qu’avez-vous voté à la loi sur le renseignement?
Comme mon parti cantonal: oui.

4. Quelle est votre position sur la burka?
C’est un débat extrêmement complexe, qui mériterait une sérieuse réflexion d’un point de vue éthique dans le respect des droits de l’homme.

5. Etes-vous pour l’adhésion à l’Union européenne?
J’ai soutenu l’adhésion à l’Espace économique européen (EEE) en 1992. Mais les choses ont évolué. La priorité est de maintenir les relations bilatérales avec l’UE, dans la confiance. Ce serait extrêmement prématuré de revenir sur l’idée d’une adhésion, d’autant plus après le Brexit.

6. Faut-il plus de non Lausannois aux postes-clés?
Il est important que toutes les régions soient représentées. Je ne pense pas qu’il y ait trop de Lausannois. La situation actuelle est due à un concours de circonstances.

7. Etes-vous maillardienne?
Je n’ai jamais entendu ce terme. Par mon parcours politique, j’ai ma personnalité, ma vision du bien commun. Je me sens proche des idées de Pierre-Yves Maillard, de Nuria Gorrite et d’Anne-Catherine Lyon.

8. Où pensez-vous ratisser en dehors de la gauche?
J’appartiens à une région où l’on doit travailler davantage avec la droite que dans d’autres régions. J’ai le soutien de ceux qui votent avec la volonté de faire avancer les projets pour la collectivité.

9. Après 22 ans, les roses doivent-ils garder l’école?
Rien n’est absolu et acquis en politique. Néanmoins, si la gauche conserve l’Ecole et la Formation, un bilan de la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO) sera nécessaire pour y apporter les ajustements qui permettront de rendre la loi durable. (24 heures)

Créé: 07.01.2017, 07h54

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