Deux élus veulent mettre les élèves aux fourneaux

NutritionL’UDC Aliette Rey-Marion et le socialiste Stéphane Montangero réclament davantage de cours de cuisine.

Pour les députés, les savoir-faire culinaires et de gestion des achats devraient faire partie des enseignements obligatoires.

Pour les députés, les savoir-faire culinaires et de gestion des achats devraient faire partie des enseignements obligatoires. Image: KEYSTONE

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Peut-être est-ce la Semaine du goût? Ou encore le tout récent appel des chefs à une éducation alimentaire? Par les temps qui courent, la lutte contre la malbouffe est chaque jour d’actualité. Cela n’a pas manqué cette semaine au Grand Conseil, où deux élus de bords opposés se sont fendus, sans se donner le mot, de deux interventions pour réclamer davantage de cours de cuisine à l’école. Ces derniers y sont pratiqués (les élèves font à manger puis partagent le repas), mais de manière insuffisante, jugent-ils.

L’agricultrice UDC Aliette Rey-Marion n’en est pas à son coup d’essai. En 2009, elle demandait déjà des cours d’économie familiale, en lien avec l’alimentation. La revoilà, ce mardi, devant le parlement cantonal: «En tant qu’agricultrice, je suis très sensible aux questions sur l’obésité et la malbouffe. Je constate que l’obésité a encore augmenté depuis 2009. Or je ne comprends pas pourquoi l’économie familiale est prisée en Suisse alémanique et pas chez nous. Il faudrait des cours pour les petits déjà, pour les filles comme pour les garçons.»

Dans son interpellation, la députée demande un état des lieux de l’enseignement en économie familiale selon les établissements et suggère au Conseil d’État d’instaurer des périodes fixes dans le programme scolaire.

Sortir des nuggets

Son collègue socialiste Stéphane Montangero, secrétaire général de Fourchette verte Suisse, abonde. Il s’interroge sur les raisons pour lesquelles Vaud se trouve en queue de classement romand dans sa dotation horaire: «Idéalement, dit-il, il faut allier théorie et pratique, apprendre aux élèves à cuisiner, mais aussi à choisir les aliments.»

Il verrait bien que le gouvernement présente un «catalogue d’actions» pour encourager les jeunes à se nourrir sainement: «Par exemple, leur expliquer tout ce que l’on peut faire avec un poulet en dehors des nuggets…»

Au Département de la formation (DFJC), le directeur général adjoint de l’enseignement obligatoire, Serge Martin, note que les cours de cuisine ont toujours été dépendants du système des options. Avant la dernière réforme, les élèves de la voie secondaire à options (VSO) avaient le choix entre les travaux manuels et la cuisine: «Puis, avec la LEO (ndlr: loi sur l’enseignement obligatoire), d’autres disciplines se sont ajoutées pour les élèves du secondaire, comme l’allemand et l’anglais, sans augmenter pour autant le nombre total de périodes.»

Serge Martin fait valoir que, selon la LEO, la grille horaire n’est pas extensible à volonté. «Il y a deux contraintes. D’un côté un renforcement est demandé, notamment par le Grand Conseil, pour les branches fondamentales. À ce titre, une 33e période au secondaire, introduite ces deux dernières années aux degrés 9 et 10, a été accordée pour l’histoire, puis le français. De l’autre, il existe une volonté politique de promouvoir des disciplines comme l’éthique et culture religieuse, l’éducation nutritionnelle et, bien sûr, l’éducation numérique.»

L’idée de généraliser l’apprentissage de la cuisine à l’école, comme le demande Stéphane Montangero, rencontre un autre obstacle. Si la plupart des collèges sont équipés d’une salle spéciale, une généralisation rendrait l’exercice difficile: «Et cela impliquerait des investissements pour les communes», dit encore Serge Martin. Tout ne repose donc pas, ici, sur la seule volonté du Département, même s’il se dit prêt à encourager les cours de cuisine: «Y compris pour les élèves de prégymnasiale et du secteur primaire.» (24 heures)

Créé: 14.09.2018, 06h47

«Chaque canton a sa tradition»

Secrétaire général de la CIIP (Conférence intercantonale de l’instruction publique), Olivier Maradan note que le Plan d’études romand (PER), dans sa section «Corps et mouvement», comprend des attentes sur les savoir-faire culinaires ou sur l’éducation à l’importance de l’alimentation, durant toute la scolarité obligatoire. «Par le biais du concordat scolaire romand, le PER est contraignant, poursuit-il. Mais il n’impose pas de dotation horaire pour chacune de ces branches, cela restant de la compétence de chaque Canton.»

À cet égard, les cours d’éducation nutritionnelle ou à l’économie familiale sont tributaires des traditions cantonales: «Les cours de cuisine émanent d’une vieille tradition des cantons ruraux et catholiques. Il existait une filière propre dans l’école normale pour les maîtresses de ces branches-là.» Le secrétaire général observe en outre que Vaud a, pour sa part, cultivé le goût des travaux manuels: «Ils y ont toujours été plus poussés, avec de bons équipements et une bonne rémunération des enseignants.»

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