La CGN étoffe sa flotte pour les pendulaires

LémanDeux nouveaux bateaux permettront de développer la desserte lacustre entre la France et la Suisse. Un essor qui s’accompagne d’une nouvelle clé de répartition financière.

La CGN a élaboré un avant-projet du nouveau bateau en coopération avec un architecte naval
et un designer, ainsi qu’un cahier des charges que le constructeur devra respecter.

La CGN a élaboré un avant-projet du nouveau bateau en coopération avec un architecte naval et un designer, ainsi qu’un cahier des charges que le constructeur devra respecter. Image: CGN/dr

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Les projets de développement de la mobilité se multiplient dans le bassin lémanique. D’ailleurs, ils en reprennent la dénomination: Programme Léman 2030, Léman Express, etc. Et puis, au milieu, il y a cette grosse gouille. Elle n’est pas uniquement dédiée à la plaisance ou au tourisme. Près de 1,25 million de pendulaires la traversent chaque année. Les prévisions annoncent une hausse de 4% de passagers transfrontaliers ces prochaines années. Ces voies de communication lacustre nécessitent également d’être développées. Jeudi, les autorités vaudoises et leurs homologues de France voisine ont signé une «convention de coopération» qui lance l’achat de deux nouveaux bateaux de grande capacité pour la Compagnie générale de navigation (CGN) (lire encadré). «Une signature qui renforce encore davantage les liens entre les deux rives», a lancé Josiane Lei, la maire d’Évian, qui recevait dans sa ville les voisins d’en face pour la partie officielle.

Le premier bâtiment est attendu sur la ligne Lausanne - Évian-les-Bains dès 2022. Associé à l’actuel Léman, il doit permettre de faire passer la cadence aux heures de pointe de 80 à 45 minutes. Son jumeau devrait, lui, débarquer sur la ligne Lausanne-Thonon en 2023.

Répartition du déficit

Ces deux nouveaux navires sont en quelque sorte la partie émergée de la convention. Le texte, qui s’inscrit dans la droite ligne du protocole d’accord signé en mai 2018, règle aussi les questions de gros sous. Ainsi, le déficit d’exploitation des lignes lacustres transfrontalières, environ 4 millions par an, sera réparti à parts égales entre la France et la Suisse. «Pour nous, cette signature est un changement de paradigme complet», relève Benoît Gaillard, président du conseil d’administration du groupe CGN SA. Jusqu’à présent, le plus gros bailleur de fonds de la CGN était du côté suisse. Qui paie commande. Désormais, les collectivités publiques de la rive française auront voix au chapitre. «Ce document acte pour le long terme l’engagement des autorités des deux pays à définir conjointement et de manière coordonnée l’offre de transport public sur le lac Léman», indique le communiqué de pressé commun.

«Ce ne fut pas un long fleuve tranquille», se rappelle Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’État vaudois et cheffe du Département des infrastructures. Les négociations ont été longues pour aboutir à une «vision nouvelle de ce territoire partagé». «Le développement économique de la métropole lémanique nécessite un bassin de recrutement qui dépasse nos frontières», ajoute la présidente. Pascal Broulis, son collègue au Conseil d’État vaudois, abonde: «Les intérêts communs sont plus nombreux que les sujets qui fâchent. Ces flux transfrontaliers sont bénéfiques.» Aujourd’hui, 31 000 personnes habitant en France travaillent dans le canton de Vaud. Dont 9600 habitant en Haute-Savoie, selon les chiffres du chef du Département des finances. «La masse salariale versée par les entreprises suisses à des travailleurs français s’élève à 2,4 milliards», poursuit-il. En termes d’impôts, cela se traduit par 109 millions dans les caisses vaudoises pour 2018. «Compte tenu de la forte augmentation du flux transfrontalier, renforcer ce partenariat est utile au ministre des Finances que je suis», conclut Pascal Broulis.

Relier Lugrin à la Riviera

Pour que les pendulaires ne restent pas à quai, le développement des infrastructures qui irriguent les débarcadères doit suivre. La Ville d’Évian planche sur la reconfiguration de ses quais. Plus largement, un «schéma de la mobilité» est en cours d’élaboration du côté français. Et puis, comme le rappelle la maire d’Évian, il n’y a qu’une seule route qui relie sa ville au canton du Valais. «Une réflexion est lancée sur une nouvelle ligne lacustre entre Lugrin et la Riviera vaudoise.»

Créé: 22.08.2019, 22h06

En chiffres

1,25
million de passagers par an empruntent les lignes lacustres transfrontalières. Une hausse de 4% est attendue pour ces prochaines années.

9600 personnes résidant en Haute-Savoie travaillent actuellement dans le canton de Vaud. En tout, les travailleurs frontaliers ont rapporté 109 millions d’impôts au Canton en 2018.

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