«Nous devons définir une ligne claire pour l’avenir de Beaulieu»

LausannePrésident de la Fondation de Beaulieu, Grégoire Junod remet en perspective la situation du Comptoir Suisse.

Syndic de Lausanne, Grégoire Junod a été nommé a la tête de la Fondation de Beaulieu par le Conseil d'Etat en décembre 2017.

Syndic de Lausanne, Grégoire Junod a été nommé a la tête de la Fondation de Beaulieu par le Conseil d'Etat en décembre 2017. Image: Philippe Maeder

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«Nous devons donner à Beaulieu une identité et une mission précise. Lorsque nous communiquerons, fin août, sur la situation financière de la Fondation de Beaulieu, nous proposerons en même temps de nommer un vrai pilote pour le site. Aujourd’hui, Canton et Ville de Lausanne se partagent les responsabilités à parts égales. Il manque un vrai responsable.»

Depuis décembre dernier et l’éclatement de l’affaire du secrétaire général indélicat de la Fondation de Beaulieu, Grégoire Junod joue les pompiers. Nommé président de la Fondation par le Canton, le syndic de Lausanne a repris un par un les dossiers en suspens. Dont celui, général, du devenir du site et celui, particulier, de l’avenir de sa manifestation emblématique mais en difficulté, le Comptoir Suisse.

Face à la possibilité d’une disparition rapide de la foire, comme l’évoquait vendredi dans nos colonnes le directeur de MCH Beaulieu Lausanne, Michel Loris-Melikoff, Grégoire Junod rappelle que le groupe zurichois est propriétaire de la foire et que la décision finale lui appartient. Il tient toutefois à souligner que les collectivités (Canton et Commune de Lausanne), et donc les contribuables vaudois et lausannois, ont déjà apporté des soutiens importants à la manifestation. «Ces dernières années, le loyer a été diminué de plusieurs millions de francs. Et, pour le Comptoir spécifiquement, la Fondation a consenti une aide de plusieurs centaines de milliers de francs pour l’édition 2018.»

MCH n’a pas voulu des halles

Par rapport aux infrastructures insuffisantes, le nouveau président de la Fondation reconnaît à la fois la vétusté des halles nord et l’existence d’erreurs de conception dans les nouvelles halles sud, rendant plus difficile leur utilisation et leur rentabilisation. «Mais même le Comptoir Suisse n’utilise plus toutes les surfaces disponibles. Lorsqu’il a été proposé à MCH il y a quelques années, au moment des débats sur la tour Taoua, de reprendre les halles nord, ils n’en ont pas voulu. Eux-mêmes n’y croyaient sans doute qu’à moitié.»

Toujours en prenant un peu de recul, Grégoire Junod constate que, contrairement à ce qui était espéré, le Canton et la Ville n’ont pas réellement bénéficié de l’arrivée de MCH à la fin des années 2000. En tout cas pas dans les proportions espérées. «Après avoir injecté pas mal d’argent lors de la création de la Fondation de Beaulieu, le Canton et la Ville ont, d’une certaine manière, remis les clés du site à MCH avec un espoir important: celui de voir arriver à Lausanne une manifestation d’ampleur nationale ou internationale. Non seulement cela ne s’est jamais produit mais, en parallèle, les liens avec le tissu local se sont distendus. Avec un rayonnement international qui n’est jamais arrivé et un ancrage local moins fort, nous avons donc perdu sur les deux tableaux.»

Cela précisé, le syndic de Lausanne constate que, de manière générale, le modèle économique de Beaulieu a vécu. «Ce qui est en train d’arriver à Bâle est exactement ce que nous vivons ici depuis une dizaine d’années. Le modèle d’un site dont la viabilité repose sur une ou deux manifestations faisant office de vaches à lait est devenu illusoire. Même le Salon de l’auto rencontre désormais des difficultés.»

Combien et pourquoi?

Pour Grégoire Junod, la grande question actuelle est donc à la fois simple et compliquée: faut-il engager des moyens pour sauver le site de Beaulieu? Combien? Et dans quel but? Une question cruciale, à laquelle le conseil de fondation et les pouvoirs publics devraient répondre d’ici à la fin du mois d’août.

Créé: 17.08.2018, 21h45

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