Mais où sont passés les pics d’ozone?

VaudLors des fortes chaleurs, les autorités multiplient les alertes à la pollution. Cette année, le message s’est fait plus discret.

Un ballon sonde la concentration d'ozone.

Un ballon sonde la concentration d'ozone. Image: JEAN-PAUL GUINNARD -A

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Le météorologue Frédéric Glassey lui-même en convient: «Je vous avoue que je me suis posé la question. Les journées caniculaires se multipliaient, les températures ne cessaient de grimper, mais les informations sur la qualité de l’air étaient moins fréquentes que d’habitude. Généralement, on associe chaleur et ozone, moins cette année. Est-ce une démarche sociale? s’interroge-t-il. Il est sans doute difficile de dire aux gens de ne pas se réjouir de vivre un bel été parce que l’air qu’ils respirent est mauvais.»

Depuis la fin du mois de juin, en effet, tant dans le canton de Vaud qu’à Genève, à Neuchâtel ou en Valais, les concentrations d’ozone dépassent pratiquement chaque jour la valeur limite horaire fixée à 120 microgrammes par mètre cube par l’ordonnance fédérale sur la protection de l’air. Celle-ci précise, de surcroît, qu’elle ne doit pas être dépassée plus d’une fois par année. Mercredi dernier, par exemple, la concentration d’ozone, un phénomène plus campagnard que citadin, a une fois encore dépassé 180 microgrammes par mètre cube à Nyon, ce qui constitue le seuil d’alerte, et atteint 150 microgrammes à Payerne et 140 à Epalinges. Quelques jours auparavant, des valeurs d’environ 190 microgrammes avaient été mesurées à Nyon toujours, mais également à Montreux et à Aigle.

A Genève, les Verts n’ont pas manqué de s’emparer du problème et viennent de dénoncer «l’inaction de l’Etat» en réclamant une réduction du trafic motorisé, au bénéfice de la mobilité douce, ainsi que la gratuité des transports publics et une limitation de la vitesse à 80 km/h sur l’autoroute. Dans le canton de Vaud, pourtant, le dernier message spécifique concernant une pollution de l’air à l’ozone date du 3 juillet dernier. Accompagné de recommandations à la population la plus fragile – les jeunes enfants, les personnes âgées et celles souffrant de pathologies cardiaques ou respiratoires –, le communiqué offrait également un bon de 20 francs aux Vaudois et aux Valaisans qui achèteraient un abonnement demi-tarif valable deux mois.

Canicule et qualité de l’air
«Il est vrai que notre information, en l’espèce, a eu peu d’échos dans les médias et n’a pas recueilli le succès escompté, relève Clive Muller, responsable de la Division air, climat et risques technologiques à la Direction générale de l’environnement. Mais il serait faux de croire que nous avons minimisé le problème depuis le début de la période de très forte chaleur. Le problème de l’ozone a toujours été intégré dans les informations sur le plan canicule.» Il est vraisemblable, dès lors, que les conséquences diverses des chaleurs étouffantes, qui ont nécessité deux fois l’activation du plan en question, ont occulté, dans la population, les problèmes posés par la qualité de l’air.

A l’appui de son argumentation, Clive Muller souligne par ail­leurs que le premier seuil d’alerte n’est atteint que si trois stations dans deux cantons différents mesurent une valeur équivalente à 180 microgrammes par mètre cube, et cela pendant quelques heures. «A Nyon, justement, le violent orage de mercredi a écarté tout danger en début de soirée, précise-t-il. D’autant que, dans une fourchette de 120 à 180 microgrammes, les effets ressentis par les personnes les plus fragiles – la gorge qui gratte ou une légère difficulté à respirer – ne sont en aucun cas irréversibles. Il est donc inutile de céder à la panique.»

Les jours à venir s’annoncent sous de meilleurs auspices. Les spécialistes estiment ainsi que la chaleur de la semaine à venir sera modérée, peut-être carrément estivale, mais sans grand danger pour la santé.

Créé: 24.07.2015, 11h09

Fonctions altérées

L’ozone est un gaz polluant, émis dans l’air par les activités industrielles et de transports, et qui est produit dans l’atmosphère par des réactions chimiques entre les composés organiques volatils et les oxydes d’azote. La chaleur et l’absence de vent le maintiennent au sol, où il stagne. L’ozone est nocif pour la santé: il agresse les muqueuses oculaires et respiratoires, entraînant des crises d’asthme, de la toux, des essoufflements, il irrite le nez, les yeux et la gorge, et altère les fonctions pulmonaires.

Succès des visites spéciales canicule pour les aînés

La RTS annonçait mercredi dernier une surmortalité de 15% chez les plus de 65 ans à cause de la canicule. A cela, Michel Girod, chef de l’état-major du plan catastrophe lausannois, réagit: «Il est trop tôt pour savoir s’il y a eu des conséquences directes ou indirectes. Rien n’est redescendu jusqu’à moi pour le moment.» L’adjointe au médecin cantonal, Isabelle Rossi, tempère l’information: «La mortalité doit être évaluée sur un temps plus long, car une surmortalité peut être suivie d’une sous-mortalité qui implique que les effets s’effacent in fine.»

Juillet a été brûlant. A Lausanne, tous les jours de canicule, les assistants de sécurité publique et les hommes de la protection civile se sont relayés pour prendre soin des aînés. D’ailleurs, le capitaine Girod tient à «saluer leur excellent travail, leur approche sympathique envers les aînés». Un contact quotidien par téléphone ou au domicile de plus de 50 personnes a été établi. Lors des grands pics de chaleur, un maximum de 27 visites par jour ont été dénombrées. Rien de grave à signaler. «Les quelques interventions effectuées relevaient plus de la bobologie, rassure le capitaine. La forte médiatisation de la canicule a aussi eu de bons effets, les aînés étaient bien informés sur quoi faire», se réjouit-il. Il indique que «la dizaine d’appels que nous avons reçus pour demander de l’aide ont été transférés à la centrale des médecins, car nous n’avions pas les compétences nécessaires pour juger les cas».

Chaque commune du canton est libre dans la mise en place du dispositif d’action. A Echallens, Claudine Chammartin, 76 ans, en pleine santé, a été contactée à deux reprises par téléphone début juillet par la protection civile. «C’est chouette, je ne m’y attendais pas, mais je n’en ai pas eu besoin. Cependant, je n’aurais pas hésité à les contacter si cela avait été le cas», témoigne-t-elle.

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