«Je diffère des jeunes qui font de la politique depuis toujours»

ElectionBrigitte Crottaz, médecin quasi inconnue des médias, devient conseillère nationale à 60 ans. Une exception au PS.

Brigitte Crottaz est médecin, spécialiste en endocrinologie 
et en diabétologie.

Brigitte Crottaz est médecin, spécialiste en endocrinologie et en diabétologie. Image: JEAN-BERNARD SIEBER

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Son profil ne ressemble à aucun de ses futurs collègues. Elle a 60 ans; elle est quasi inconnue des médias; elle n’a pas occupé de fonction importante au sein du Parti socialiste vaudois; et n’a accédé au Grand Conseil qu’en 2012. Dès l’an prochain, Brigitte Crottaz remplacera Jean Christophe Schwaab au Conseil national. Celui-ci a annoncé sa démission jeudi dernier, car il veut donner la priorité à sa famille.


Lire l'édito: La gauche a encore des vétérans

Brigitte Crottaz est médecin, spécialiste en endocrinologie et en diabétologie. Là où son profil est atypique, c’est qu’elle accède au parlement fédéral à 60 ans, alors que les six socialistes qui y siègent aujourd’hui avaient en moyenne 33 ans et six mois lors de leur élection (lire ci-contre). Si cette mère d’un garçon de 24 ans avait refusé son élection, c’est un trentenaire qui aurait pris cette place: Nicolas Rochat Fernandez (35 ans), ancien chef du groupe PS au Grand Conseil.

Vous avez 60 ans. Que peut apporter votre profil atypique dans l’équipe du PS vaudois à Berne?

Ma présence sur la liste des candidats en 2015 permettait une mixité générationnelle et professionnelle. Alors que nos élus actuels ont commencé la politique très jeunes, je l’ai débutée en 2004, avant d’entrer au Conseil communal à Epalinges, puis de présider la section locale du PS. Je pratique en cabinet depuis 22 ans et j’ai peut-être une vision du terrain, du monde, différente de ceux qui font de la politique, pour certains, depuis toujours.

Comment expliquez-vous votre élection, vous qui n’avez pas eu de présence dans les médias?

Durant la campagne en 2015, j’avais beaucoup bougé dans le canton, notamment dans le Nord vaudois avec Cesla Amarelle. Mon réseau n’est pas que politique et médiatique, mais aussi professionnel, par des collègues ou des patients. Et je suis aussi membre du comité de la Fédération suisse des patients.

Quel est votre but en accédant au Conseil national?

Ce que je veux défendre, c’est une médecine plus juste. Il faut à tout prix lutter contre la dérive des assureurs-maladie. Ils poussent pour aller vers la fin de la liberté de contracter et veulent pouvoir choisir eux-mêmes leurs médecins. Leur but est de faire en sorte que les prestations remboursées par l’assurance de base diminuent, afin qu’à peu près tout soit couvert par des assurances complémentaires.

A propos de santé, vous faites d’ailleurs partie des comités qui ont lancé deux initiatives récentes sur le système d’assurance-maladie…

Je ne m’y suis pas inscrite récemment. J’ai participé aux réflexions dès le début, dès le lendemain du refus de la caisse maladie unique le 28 septembre 2014.

Le PS vaudois a perdu un siège au Conseil national en 2015 et quatre au Grand Conseil en avril. Comment inverser la tendance?

Le problème est que les gens que nous défendons ne se reconnaissent visiblement pas toujours dans notre cause. Ils vont vers l’extrême droite, qui leur vend de l’utopie. Il est important de se rapprocher de la population, de ceux pour qui nous essayons d’obtenir des avancées sociales. Le PS a réalisé de beaux projets, comme Ada Marra avec la naturalisation facilitée, Jean Christophe Schwaab avec la fin des curatelles obligatoires et Roger Nordmann avec la stratégie énergétique. (24 heures)

Créé: 06.11.2017, 20h34

Une moyenne de 33 ans et 6 mois à leur élection

Brigitte Crottaz accède au Conseil national alors qu’elle a déjà 60 ans. Elle fera figure d’exception, dans une équipe de six socialistes vaudois qui ont été élus en moyenne à 33 ans et six mois. Le plus jeune au moment de son élection était Roger Nordmann, qui a accédé au National en 2004 alors qu’il n’avait que 31 ans.

Quant à leur moyenne d’âge aujourd’hui, elle est de 41 ans et 2 mois. La plus âgée est Géraldine Savary (49 ans, élue à 35 ans) et la plus jeune est Rebecca Ruiz (35 ans, élue à 32). Jusqu’ici, seuls deux socialistes vaudois ont accédé au parlement fédéral comme sexagénaire: l’ancien syndic de Morges Eric Voruz (à 62 ans, qui a siégé de 2007 à 2015) et l’ancien municipal lausannois Pierre Tillmanns (à 60 ans, qui a siégé de 1999 à 2003). Josiane Aubert, elle, avait 58 ans lors de son élection en 2007.

A entendre Stéphane Montangero, le président du parti, Brigitte Crottaz permet en réalité une remise à niveau. «Elle est peut-être atypique, mais dans le sens où cela fait longtemps que nous n’avons plus eu de médecin parmi nos élus fédéraux, explique ce député. Quant à l’âge, son arrivée est plutôt un retour à la situation qui prévalait jusqu’à 2015, avec Josiane Aubert et Eric Voruz, avec un véritable panachage.»

La députée Valérie Induni a aussi fait figure d’exception, en accédant à la tête du groupe socialiste au Grand Conseil l’an dernier, à 55 ans. Ses prédécesseurs (Grégoire Junod, puis Nicolas Rochat Fernandez) étaient des trentenaires. «Le fait que le parti mette en avant des personnes moins jeunes est une chance, commente Valérie Induni. Mais plus important que l’âge, c’est le parcours d’une personne qui est important.»

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