Un directeur de garage puni pour avoir tabassé son actionnaire principal

ProcèsUn jeune patron a été condamné à 2 ans pour avoir roué de coups un propriétaire de son groupe automobile. Il voulait lui soutirer du liquide.

La Cour correctionnelle de l'Est vaudois a eu fort à faire pour démêler le passé du présent dans ce litige.

La Cour correctionnelle de l'Est vaudois a eu fort à faire pour démêler le passé du présent dans ce litige. Image: Chantal Dervey/archives

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À l’entendre, il n’aurait donné que des «gifles appuyées». Mais un regard au gabarit athlétique de cet ancien adepte de la boxe laisse imaginer des atteintes autrement violentes. C’est en tout cas une volée de coups de poing que le Tribunal de l’Est vaudois a retenue lundi contre ce patron de garage, accusé de lésions corporelles simples. Il avait passé à tabac l’actionnaire principal de son groupe automobile.

Se fondant sur les images du corps tuméfié du plaignant et une expertise médicale, la Cour correctionnelle a prononcé 2 ans ferme, faisant tomber un sursis accordé à ce trentenaire après plusieurs excès au volant. La peine sanctionne aussi une tentative d’extorsion et chantage, assortie d’injures et de menaces.

Le patron aux allures de golden-boy ne conteste pas avoir frappé le financier durant une vingtaine de minutes, dans le bureau de son garage en avril 2018. Il admet avoir «commis quelque chose de grave». Mais il nie avoir prémédité ce passage à tabac et l’avoir fait pour obtenir du cash. «Durant les coups, il me hurlait de lui apporter 300 000 francs le lendemain à la réception, sanglote le plaignant. Il a menacé de s’en prendre à ma vie et à celle de ma compagne.»

«C’était un pétage de plombs, s’excuse le cogneur. Depuis des semaines je me sentais sous pression. Monsieur passait sans arrêt au garage à l’improviste, il faisait peur à mes employés, me demandait trois ans d’arriérés sur des places de parc pour lesquelles nous avions un arrangement. Je sortais d’une rupture difficile, ma grand-mère venait d’être enterrée.» «Je le soupçonnais de piquer dans la caisse, réplique le cogné. Je voulais comprendre pourquoi son garage ne tournait pas bien, son emploi du temps n’était pas clair, il n’était jamais là.»

De fait, le garagiste avait récemment refait à neuf un restaurant qu’il possédait en parallèle, grâce à une somme proche de 300 000 francs prélevée dans la caisse d’une filiale du groupe auto. La coïncidence de montant n’a pas échappé aux juges. «J’avais l’argent, mais cela m’embêtait de le sortir de ma poche, s’est défendu le garçon. J’ai tout remboursé.» Tout remboursé grâce aux ressources d’un père providentiel, siégeant lui-même au conseil d’administration du groupe automobile. La vente de la holding, en cours à cette période-là, pourrait aussi avoir pesé sur le contexte.

Que l’accusé soit désormais déterminé à «se stabiliser» dans un nouveau job aux côtés de sa fiancée n’a pas entamé la résolution des juges à prononcer une sentence ferme. Un choc pour le condamné: «La défense ne prendra une décision définitive qu’après analyse du jugement motivé, précise Stefan Disch, l’un de ses avocats. Au regard de la peine prononcée et des éléments de faits retenus, un appel est vraisemblable.»

Créé: 11.09.2019, 16h20

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