Discours et apéro, l’armée fête à nouveau ses soldats partants

Service nationalPour leur libération de l’obligation de servir, les militaires vaudois auront droit à une cérémonie, comme cela se faisait il y a vingt ans.

Le Canton veut remercier officiellement «ses» futurs ex-soldats, comme cela se faisait auparavant (ici en 1998 à Zurich).

Le Canton veut remercier officiellement «ses» futurs ex-soldats, comme cela se faisait auparavant (ici en 1998 à Zurich). Image: Keystone

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Curieux retour en arrière. Abandonnées depuis vingt ans dans la majeure partie du canton – certaines communes ayant tenu plus longtemps à la tradition –, les cérémonies marquant la fin de l’obligation de servir refont leur apparition en terres vaudoises.

C’est avec surprise que quelque 900 futurs ex-soldats vaudois ont ainsi reçu ces jours un ordre de marche signifiant leur convocation pour ladite cérémonie, en tenue de sortie, «avec le béret». Pour eux qui pensaient pouvoir aller rendre leurs affaires directement à l’arsenal, c’est donc dans l’une des trois places d’armes du canton, à Bière (2 et 3 novembre), à Aigle (26 novembre) et à Chamblon (7, 8 et 9 décembre), qu’ils devront se présenter.

«Je travaille à Lausanne et je suis convoqué à Chamblon, c’est pas superpratique, ça va me prendre quasi une journée complète pour boire un verre de blanc», considère amèrement un soldat. Autre jeune trentenaire concerné par la mesure, ce Nyonnais se réjouit, lui, de ce court retour sous les drapeaux: «J’ai effectué mon dernier jour de service l’hiver dernier. Quitter la caserne avec son matériel et sans marquer le coup est quand même triste. Je ne connais pas ceux avec qui je boirai ce verre, mais c’est vraiment un moment sympa que je partagerai avec plaisir…»

Un signe de reconnaissance

Car l’armée est claire, c’est bien pour remercier chaleureusement ses militaires que ces cérémonies ont été remises en place. «C’est un devoir de reconnaissance que nous avons», insiste Tania Bonamy, chargée de communication du Service vaudois de la sécurité civile et militaire.

«Ça se fait déjà dans d’autres cantons, notamment à Genève (ndlr: où la présence n’est pas obligatoire), précise Denis Froidevaux, chef de ce même service. Il s’agit d’une petite demi-journée, de 11 h à 15 h. La seule chose qui change par rapport à avant, c’est qu’il y aura quelqu’un pour dire merci à tous ces gens qui se sont engagés pour la patrie!» Après un discours du préfet du district hôte, un apéritif dînatoire sera servi. Il durera quarante-cinq minutes, après quoi tout le monde sera invité à se mettre en tenue civile. Depuis le début de l’année, même la tenue de sortie doit en effet être rendue.

«Version simplifiée»

Il y a vingt ans, dans le cadre de la réforme de 1995, le Canton de Vaud avait renoncé à ces cérémonies, notamment à cause de la diversification des durées d’engagement (service long notamment). «Nous proposons ici une version allégée et simplifiée par rapport au système en vigueur jusqu’en 1995, poursuit Denis Froidevaux. Il en coûte ici 20 fr. par soldat, soit 7 ct. par jour de service. Mais l’argent n’est pas tout, c’est la reconnaissance qui est importante. Et s’il est dépassé de remercier, je m’inquiète de ce qui est moderne.»

En tous les cas, ce temps supplémentaire consacré au pays devra être «offert» sans compensation par les employeurs. «La présence est obligatoire, note enfin l’officier. Mais comme dans toute règle il peut y avoir des exceptions. Nous nous adaptons aussi, si un soldat ne peut participer à l’une de ces journées, il pourra rendre son matériel à l’arsenal.»

Créé: 14.10.2015, 20h52

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