Les dissidents UDC font la nique au parti cantonal

CriseQu’importent les expulsions, le Parti libéral conservateur veut se présenter aux élections de 2017 tout en se réclamant de l’UDC.

De g. à dr., Nicola Di Giulio, Valentin Christe, Philipp Stauber et Claude-Alain Voiblet, quatre des dissidents de l’UDC Vaud, maintenant membres du Parti libéral conservateur.

De g. à dr., Nicola Di Giulio, Valentin Christe, Philipp Stauber et Claude-Alain Voiblet, quatre des dissidents de l’UDC Vaud, maintenant membres du Parti libéral conservateur. Image: Jean-Bernard Sieber

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Dans les deux camps, c’est la fuite en avant. D’un côté, les membres de l’UDC Vaud ont décidé jeudi soir d’exclure cinq dissidents lausannois (lire ci-contre), mettant à la porte ceux qui ont osé emboîter le pas à Claude-Alain Voiblet et Pierre Oberson – duo déjà éjecté du parti en mars dernier – pour fonder le Parti libéral conservateur (PLC). Quant à ce dernier, il vient de ravir à l’UDC la présidence du Conseil communal de Lausanne. Vendredi, le PLC continuait de jeter du poil à gratter, en dénigrant les exclusions prononcées jeudi soir. Et en dévoilant ses ambitions pour les élections cantonales de 2017. Les relations entre les alliés d'hier ressemblent de plus en plus à une guerre d’usure.

Le PLC progresse, affirmaient vendredi ses responsables: la formation lausannoise compterait désormais seize membres dans ses rangs. Son nom s’allonge également: le mot «suisse» est désormais rajouté au libellé de Parti libéral conservateur. «Il faut le comprendre comme l’expression de notre orientation politique et pas dans son sens géographique, qui laisserait penser que nous souhaitons nous déployer sur tout le territoire», précise Philipp Stauber, l’élu lausannois qui préside désormais cette branche agrarienne dissidente.

«C’est un geste plus symbolique qu’efficace puisqu’il ne respecte pas les procédures légales»

Désireux de voler de ses propres ailes vis-à-vis de l’UDC Vaud, le nouveau parti continue de se réclamer de l’UDC Suisse. «Nous souhaitons garder un lien fort avec ce parti dont nous partageons la politique et les dossiers», dit Philipp Stauber. Une discussion est en cours avec les cadres nationaux de l’UDC, elle «devrait aboutir à la fin de l’été». Les idées politiques étant semblables, le PLC estime pouvoir «collaborer en gardant son indépendance». Mais Philipp Stauber le précise: si aucun accord n’est trouvé, son parti est prêt à faire cavalier seul.

Une chose est sûre: les exclusions de jeudi soir n’empêcheront pas les membres du PLC de dormir. «C’est un geste plus symbolique qu’efficace puisqu’il ne respecte pas les procédures légales, assure Philipp Stauber. Nous allons y faire opposition en demandant des mesures superprovisionnelles, qui devraient suspendre cette exclusion.»

Deux sièges visés en 2017

Avec leurs sièges assurés à Lausanne, Claude-Alain Voiblet et sa suite prennent crânement le chemin des élections cantonales. Ils estiment pouvoir reconduire le siège au Grand Conseil actuellement occupé par Claude-Alain Voiblet. Peut-être en gagner un second. Reste à voir comment l’électorat comprendra le message. Un groupe lausannois, issu des rangs de l’UDC, qui en revendique la politique mais qui se distancie du parti à l’échelle vaudoise? Philipp Stauber ne le nie pas, le message est quelque peu «ambigu».

Les dissidents entendent cependant jouer la carte urbaine face à une UDC vaudoise restée agrarienne. «Les résidents lausannois de longue date ont fait les frais d’une transformation rapide de leur ville», dénonce Valentin Christe, président du Conseil communal. Il cite les transports publics bondés, la hausse des loyers, les bouchons routiers ou la criminalité. Le district de Lausanne compte 27 sièges au Grand Conseil, «dont 16 de gauche, c’est trop», dit-il. Ces préoccupations seront au cœur du programme «libéral conservateur suisse». (24 heures)

Créé: 01.07.2016, 21h41

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L'UDC coupe les ponts sans attendre

Dehors, et tout de suite! Jeudi soir, l’UDC Vaud a éjecté de ses rangs Valentin Christe, premier citoyen de la ville de Lausanne, et quatre autres conseillers communaux qui ont osé rejoindre les rangs du Parti libéral conservateur: Cédric Fracheboud, Henri Ricart, Nicola Di Giulio et Philipp Stauber. Cette exclusion intervenait deux jours après l’élection de Valentin Christe au perchoir lausannois, au nez et à la barbe du candidat désigné de l’UDC, Philippe Ducommun. Un geste inamical qui appelait un retour de bâton immédiat. C’est ce qu’ont estimé la majorité des membres de l’UDC, réunis en congrès à Romanel-sur-Lausanne. Pourtant, le sujet ne figurait pas à l’ordre du jour. «L’UDC Suisse souhaiterait plutôt que l’on poursuive des négociations avec le PLC», a rappelé en préambule le président cantonal, Jacques Nicolet. Mais une motion d’ordre lancée par un délégué a permis d’ajouter le sujet aux débats de la soirée.

«Attention à ne pas précipiter les choses», a mis en garde André Bugnon. Ces exclusions pourraient être entachées d’un vice de forme, car les statuts du parti prévoient qu’une mise à l’écart doit être décidée par le comité, après audition de la personne concernée. Le congrès du parti peut ensuite se prononcer. Aller trop vite en besogne, c’est s’exposer à des recours: «Ces gens sont procéduriers, ils risquent de faire recours pour le plaisir de faire durer», a craint l’ancien conseiller national. Mais la majorité préférait mettre à la porte les «schismatiques» sans attendre. «L’élection de mardi au Conseil communal de Lausanne était un signal clair, nous devons en renvoyer un tout aussi clair», a plaidé Dylan Karlen, vice-président de l’UDC. Il est bon de clarifier les choses et d’avancer, a estimé pour sa part le secrétaire général Kevin Grangier: «Cela fait tout juste un an que notre parti est embourbé dans les affaires, cela suffit.» Libre aux dissidents de faire recours en justice si ça leur chante, ont estimé des militants. De rares voix ont plaidé l’apaisement: «Il aurait mieux valu essayer de recoller les pots comme dans une famille recomposée», a regretté Luc Jeanneret. L’assemblée en a décidé autrement, prononçant l’exclusion par 46 voix contre 1 non et 6?abstentions.

Patrick Chuard

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