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La distribution de vivres aux plus démunis se complique

Certaines associations sont au point mort, d'autres s'en tirent mieux. Exemples entre Lausanne et le Chablais.

«Aucune livraison ne sera faite jusqu'à nouvel avis. Nous regrettons fortement cette situation indépendante de notre volonté.» Cartons du Coeur Riviera ne répond plus, si ce n'est via sa messagerie vocale. Et pour cause, explique Olivier de Rham, président de l'association, qui livre des caisses de vivres à domicile: «Nos chauffeurs sont tous des retraités, il est exclu de faire appel à eux compte tenu de la situation. Par ailleurs, les réticences de nos bénévoles sont grandes par rapport aux risques de contamination».

Finies donc, depuis lundi, les deux livraisons hebdomadaires de Corsier à Chessel. Le président ne désespère toutefois pas de les voir circuler à nouveau au plus vite: «Je suis par exemple en contact avec les scouts veveysans de la Brigade du Vieux-Mazel. J'attends des réponses». Cartons du Coeur Riviera effectue quelque 600 livraisons par an, pour un équivalent de 420 familles et 1500 personnes bénéficiaires. Au total, l'association livre une trentaine de tonnes chaque année.

«A flux tendu»

L'Echelle, «service social itinérant» basé à Lausanne, a pour sa part dû renoncer aux entretiens personnels de soutien «pour se concentrer sur les colis alimentaires», explique Yan Desarzens, directeur général de la Fondation Mère Sofia.

Les locaux lausannois de la rue des Avelines 4 étant désormais fermés au public, le directeur a d'abord pensé à des distributions en extérieur avec différents horaires pour éviter les trop gros rassemblements. Il a toutefois dû se résoudre à changer de stratégie: «Trop de personnes débarquaient sans prévenir, ce qui augmentait le risque sanitaire. Nous sommes donc passés aux livraisons à domicile en utilisant les véhicules de l'association Macadam qui a été contrainte de fermer».

L'Echelle vient ainsi en aide à une septantaine de familles à Lausanne et une dizaine à Vevey (200 personnes au total) en apportant biens alimentaires et de consommation courante. Elle ne peut, par contre, accepter de demandes supplémentaires: «Nous sommes déjà à flux tendu alors même que le nombre d'appels augmente, notamment des personnes qui se retrouvent au chômage. Nous les aiguillons vers la Soupe populaire. Heureusement, je peux compter sur une équipe géniale qui se donne à 100%!»

Le logiciel «miracle»

Une association s'en tire mieux que les autres grâce à un heureux concours de circonstance. Depuis décembre, Partage-Riviera, née du regroupement des associations l'Etape (Vevey) et Coup de Pouce (Clarens), a mis en place un logiciel informatique pour ses trois distributions hebdomadaires. «Tout le processus d'inscription se fait désormais à l'avance par sms jusqu'à l'heure de la distribution, il ne faut plus venir sur place pour s'inscrire, explique le président Pierre-André Glauser. Nous effectuons un tirage au sort sur la base de leur numéro de carte et tous les bénéficiaires sont ensuite informés par SMS de l'heure à laquelle ils peuvent se présenter chez nous.» Finies, donc, les files d'attente. Partage-Riviera a également fermé ses salles d'attente.

«Nous avions voulu ce système informatique pour offrir davantage de discrétion aux bénéficiaires et c'est devenu un atout indéniable compte tenu des difficultés actuelles, reprend Pierre-André Glauser. Il nous vaut d'être parmi les derniers à être livrés par Table Suisse, qui récolte des denrées dans les grands magasins.»

Le directeur parle de «miracle au quotidien». Une allusion divine qui vaut également pour l'autre cadeau du ciel enregistré il y a un peu plus d'un mois: «Une arrivée de 2,5 tonnes de pâtes!». A noter que la distribution du mercredi, comme celles du lundi et du vendredi, aura désormais aussi lieu à Vevey, compte tenu de la fermeture du point habituel, l'Eglise catholique Sainte-Thérèse de Clarens.

Partage-Riviera lance en outre un appel aux restaurateurs obligés de fermer, en les invitant à apporter la nourriture périssable qui risque d’être jetée dans ses locaux de l'avenue Reller 6 à Vevey.

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