Le don d’organes se cherche des «héros»

VeveyLa Jeune Chambre internationale de la Riviera rassemble des parrains pour son initiative. Le taekwondiste Mehdi Amhand est l’un d’eux.

Le champion de taekwondo veveysan Mehdi Amhand apparaîtra dans la campagne

Le champion de taekwondo veveysan Mehdi Amhand apparaîtra dans la campagne "Be a hero" en faveur du «consentement présumé» du don d'organes. Image: Chantal Dervey

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Je connais un adversaire en Turquie qui a reçu un rein, c’est impressionnant. Si je venais à perdre un organe, j’aimerais pouvoir compter sur quelqu’un.» Que les fans de Mehdi Amhand se rassurent. Le multiple champion suisse de taekwondo – onze fois – et médaillé de bronze des Championnats européens M21 de sa catégorie n’a pas besoin d’un «héros» pour lui faire un tel don. Par contre, comme Barrigue, Alain Morisod ou la marathonienne d’Ollon Maude Mathys, le Veveysan de 25 ans a accepté sans hésitation d’en être un pour la Jeune Chambre internationale de la Riviera dans le cadre du projet «Be a hero» («Sois un héros»).

Son cliché à la Superman, dévoilant sous sa chemise un tee-shirt blanc avec le slogan «Le don d’organes sauve des vies», fera partie des nombreux portraits mis en musique dans une série de spots de 30 secondes à découvrir dans les salles de cinéma romandes dès le mois de juin. L’objectif? Inciter le plus grand nombre à signer l’initiative fédérale en faveur du «consentement présumé» (lire encadré).

Meryl Moser, instigatrice de ces vidéos, espère ainsi doper la récolte de paraphes, qui peine à décoller pour l’heure. La directrice de la société Cinérive, à Vevey, exploitante de salles de cinéma, a mis son vaste réseau à disposition pour rassembler des personnalités. «Pour l’instant, je me concentre sur la Suisse romande. Mais j’aimerais trouver des personnalités dans toutes les régions linguistiques, pour faire mouche sur le plan national. Beaucoup de demandes sont parties, maintenant j’attends les retours.»

«Pas politique»

Meryl Moser prend pour acquis le oui de certaines connaissances. D’autres ont déjà répondu par la négative: «Notamment parce qu’ils pensent que c’est politique et ils ne veulent pas s’afficher. Du reste, j’essaie d’éviter les personnalités politiques. Mais il y en aura quand même, de tous les bords, pour l’équilibre. À mon sens, ce débat n’est pas politique. On peut être pour le don d’organes, contre ou même indécis et signer l’initiative, car le texte laisse le choix.»

À travers les clips, l’idée est que ce message devienne viral sur Internet et les réseaux sociaux. Les 30 000 «followers» d’un Mehdi Amhand sur Instagram ou ses 25 000 fans sur Snapchat sont en cela un atout, notamment auprès des plus jeunes citoyens. «Avec Alain Morisod et Barrigue, on touche d’autres tranches d’âge.»

Les membres de la Jeune Chambre impliqués dans le projet exploitent pour l’heure le maximum de leurs compétences propres, en attendant d’éventuels soutiens financiers. Le groupe peut aussi compter sur des aides extérieures: «Notamment le photographe veveysan Edouard Curchod, qui est d’accord de travailler gratuitement dans son studio pour nous aider pour autant qu’il ne doive pas faire de déplacement. Plus loin, il faudra probablement rétribuer quelqu’un.»

Créé: 10.04.2018, 18h48

Tous donneurs potentiels?

L’initiative fédérale «Pour sauver des vies en favorisant le don d’organes» est le fruit de la section Riviera de la Jeune Chambre internationale, soutenue financièrement par Swisstransplant. La récolte a été lancée en octobre dernier. Les initiants ont jusqu’au 17 avril 2019 pour récolter les signatures de 100 000 citoyens. Le texte demande l’introduction du principe du consentement présumé: à la mort d’une personne, celle-ci accepte par défaut que ses organes puissent être prélevés pour une transplantation, à moins qu’elle n’ait exprimé une opposition de son vivant. Aujourd’hui, une personne qui souhaite donner ses organes exprime cette volonté en signant la carte appropriée ou en informant les membres de sa famille (c’est le consentement explicite).

En Suisse, une centaine de personnes décèdent chaque année faute d’organes disponibles. Plus de 1500 personnes sont en attente d’une transplantation. La Suisse compte 14,2 donneurs décédés par million d’habitants par an. C’est deux fois moins que la France, l’Autriche ou l’Italie, des pays qui pratiquent déjà le consentement présumé.

La comparaison avec l’étranger donne toutefois lieu à des analyses contradictoires. En Suisse, dans la moitié des cas, les familles ne connaissent pas la volonté de leur proche, d’où un taux d’abstention très important face au don d’organes alors qu’une large majorité de la population y est favorable.

Articles en relation

Une initiative veut faciliter le don d’organes en Suisse

Santé Le débat sur le consentement présumé pour le don d’organes est relancé. Le Conseil fédéral met en doute son efficacité. Plus...

Et si on pouvait donner ses organes après un suicide assisté?

Transplantations Cette pratique existe à l’étranger. En Suisse, cela poserait notamment des questions pratiques et éthiques. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.