Non, la drogue n’alimente pas le «fonds stupéfiants»

LausanneSurpris par une question dans l’émission «26 minutes», le municipal lausannois de la Police s’est laissé aller à un raccourci.

Les 9 kilos ont été saisis en plusieurs fois, dont 2,1 kilos en 2014.

Les 9 kilos ont été saisis en plusieurs fois, dont 2,1 kilos en 2014. Image: DR

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La police lausannoise annonçait récemment le démantèlement d’un vaste réseau de trafiquants. Quelque 9 kg de cocaïne avaient été saisis dans le cadre d’une enquête s’étalant sur plusieurs mois. Une réussite qui a valu à Grégoire Junod, municipal en charge de la Sécurité publique, d’être invité sur le plateau de l’émission 26 minutes, samedi dernier sur la RTS. Il s’est toutefois laissé surprendre par une question.

«A part ça, vous avez fait quoi des 9 kilos?» nasille la voix du célèbre politoxicomane de la Riponne, Sébastien Jacquet (alias Vincent Kucholl). Et le municipal de répondre que la drogue revient «au fonds stupéfiants qui permet de financer des programmes de réinsertion…» «En la revendant!» persifle Sébastien Jacquet au moment où l’entretien se terminait. Vraiment?

Evidemment, la police ne se livre pas au trafic de stupéfiants. Grégoire Junod admet volontiers s’être laissé emporter par le rythme de l’émission. «J’ai à l’évidence mal compris la question, réagit-il. Je m’en suis rendu compte en répondant mais c’était trop tard.»

Les stupéfiants saisis par la police n’alimentent donc rien d’autre que les incinérateurs. Selon les explications fournies mardi par le municipal lausannois, les saisies de drogues finissent dans les fours de l’usine Tridel. Pour les petites affaires, la police lausannoise s’en charge elle-même. «Dans les autres cas, la drogue demeure en mains de la police pour échantillonnage et analyses avant d’être remise au Ministère public, précise Grégoire Junod. Les stupéfiants sont détruits au terme du jugement.» Pour répondre à la question de Sébastien Jacquet, la police précise que les fameux 9 kg de coke ne sont pas encore partis en fumée.

C’est bien l’argent saisi dans les affaires de drogue qui vient alimenter un fonds de prévention et de lutte contre les addictions. Créé en 1997, ce fonds bénéficie de ces valeurs jusqu’à un plafond de 3 millions. Le solde éventuel finit dans les caisses du Canton.

Créé: 02.09.2015, 08h27

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