La droite vaudoise se résout à enterrer une alliance générale

Elections fédéralesLe Parti libéral-radical a décidé de ne pas s'apparenter avec l'UDC. Celle-ci y voit un boulevard pour la gauche.

Présidé par le député Frédéric Borloz, le Parti libéral-radical annonce l'échec des négociations des partis bourgeois pour les élections fédérales.

Présidé par le député Frédéric Borloz, le Parti libéral-radical annonce l'échec des négociations des partis bourgeois pour les élections fédérales. Image: CHANTAL DERVEY-A

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Ça y est, le Parti libéral-radical (PLR) vaudois confirme ouvertement ce que tous les observateurs prédisaient depuis des mois: le parti ne veut pas s’allier avec l’UDC pour les élections fédérales d’octobre prochain. La droite partira donc désunie, face à une gauche entièrement apparentée. Le comité directeur du PLR a annoncé ce vendredi qu’il renonçait à tout apparentement. L’UDC l’accuse déjà de «désunir le centre droit».

Mais derrière la question de l’apparentement aux fédérales – cette alliance qui permet aux partis de réunir leurs suffrages pour calculer leur nombre de sièges –, l’enjeu est cantonal. Objectif: reconquérir la majorité au Conseil d’Etat, que la droite avait perdue en 2011. Sans compter les élections communales de l’an prochain.

Bilatérales et immigration

Dès lors, avec ces deux échéances en filigrane, pourquoi ne pas s’allier pour octobre? «Un apparentement serait une stratégie de politique politicarde, ce que je n’apprécie absolument pas et que nos électeurs ne comprendraient pas», explique le député et président du PLR, Frédéric Borloz. «Les thèmes qui seront débattus pour ces élections fédérales tourneront autour des relations entre la Suisse et l’Europe, des Bilatérales et de la mise en œuvre de l’initiative contre l’immigration de masse. Nos opinions sont très divergentes sur ces points-là.»

Malgré tout, les libéraux-radicaux appellent à l’union des partis bourgeois, depuis le centre jusqu’à l’extrême droite, pour les élections communales et cantonales. Si les deux partis divergent sur les dossiers fédéraux, Frédéric Borloz estime qu’ils sont unis sur les thèmes cantonaux.

La gauche en «pole position»

La réaction de l’UDC vaudoise ne s’est pas fait attendre hier. Elle parle d’une «rupture souhaitée par le PLR», qui provoque la «pole position» de la gauche en début de campagne. «Nous ne sommes pas durs envers le PLR, mais eux le sont avec nous. Nous sommes partenaires depuis de longues années et ils nous tournent le dos, nous éconduisent alors que nous leur tendions la main», commente le secrétaire général de l’UDC Vaud, Kevin Grangier.

Si aucun accord n’a pu être trouvé, c’est notamment parce qu’une frange importante des libéraux-radicaux attrape de l’urticaire à la simple idée de s’allier à l’UDC, considérée comme le fossoyeur de l’économie. Une position difficile à envisager alors que l’un des enjeux du PLR est d’obtenir le maximum de soutien à droite pour son candidat au Conseil des Etats, le municipal lausannois Olivier Français.

Problème: l’UDC conditionnait ce soutien à la signature d’un apparentement. «La stratégie du deuxième tour au Conseil des Etats se décidera en fonction des résultats du premier tour, note désormais Kevin Grangier. Mais en divisant les forces de droite, le PLR prend le risque de couper l’herbe sous le pied de son candidat.»

Stratégie sur le long terme

Malgré l’échec des négociations, le PLR reste confiant pour la suite du marathon électoral. «Nous avons réellement une stratégie sur le long terme, principalement dans les Exécutifs, explique Frédéric Borloz. Les récents résultats des élections cantonales dans plusieurs régions de Suisse ont débouché sur plusieurs succès de la droite, comme à Zurich et à Lucerne. Le PLR et l’UDC n’y étaient pas apparentés pour l’élection du Législatif, mais avaient lancé des listes communes à l’Exécutif. Cette stratégie fonctionne et l’électeur la comprend.»

A deux ans des élections cantonales vaudoises, l’idée paraît mal emmanchée. Kevin Grangier s’interroge. «Pourquoi dès lors serions-nous un partenaire acceptable pour les élections cantonales de 2017, mais pas pour les fédérales de 2015?»

Créé: 10.07.2015, 15h07

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