L’école coûte moins cher, à la surprise des parents

Rentrée scolaireLa plupart des parents n’ont appris que lundi, avec bonheur, qu’ils n’auront plus à payer les fournitures de leurs enfants. Car l’État a validé la bonne nouvelle sur le tard, cet été.

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«Moi, j’ai tout acheté, comme lors des années précédentes. Cela m’a coûté 50 francs pour chacune de mes filles. J’ai dû rater la circulaire de l’école m’indiquant que je n’avais plus à le faire.» Ce lundi matin, jour de rentrée scolaire, au Collège Vinet, à Clarens (Établissement de Montreux-Ouest), Angélique Ceppi accompagne ses deux enfants Tess (9 ans) et Izia (7 ans), le cartable bien rempli de fournitures scolaires. La maman ne sait pas, comme nombre d’autres parents à ses côtés ou ailleurs dans le canton, que l’école vaudoise a fait un pas de plus vers la gratuité totale. En mars dernier, le Canton a annoncé qu’il financera les fournitures, dont les coûts s’élèvent entre 30 et 100 francs par an selon les cycles scolaires, pour se conformer à l’arrêté fédéral sur la gratuité de l’école. Cela représente une manne de 5 millions de francs pour les 90 000 élèves vaudois de l’école obligatoire. Seuls les effets personnels – cartable, chaussures de sport ou maillot de bain pour le cours de piscine – restent à la charge des parents. Les communes sont appelées, elles, à financer les voyages, excursions ou autres camps (lire encadré).

Mais l’État n’a validé ces décisions que le 15 juillet dernier. Les établissements scolaires cantonaux n’ont donc pas communiqué, jusqu’à lundi, ces bonnes nouvelles directement aux parents. «Nous leur expliquerons en détail les principaux changements lors des prochaines journées qui leur sont dédiées, explique Gérald Fankhauser, directeur de l’Établissement de Montreux-Ouest. Entre-temps, ils ne recevront plus l’habituelle liste de matériel à acheter.» Angélique Ceppi, qui a déjà pourvu ses enfants en fournitures, n’est pas amère: «Elles auront au moins des objets personnalisés, sourit-elle. L’année prochaine, je n’achèterai rien. La bonne nouvelle, c’est aussi qu’il ne faudra plus aller faire les courses pour cela.»

Des économies réelles

Laurence Sierro-Pitteloud, aux côtés de son fils Lucien, ne connaissait pas non plus la bonne nouvelle. Elle s’en réjouit: «C’est bien pour l’équité entre élèves. Avec les économies réalisées (j’ai deux autres enfants en âge scolaire), je pourrai investir ce budget ailleurs. Pour ce lundi de rentrée, j’ai juste donné à mon fils de quoi écrire, comme je l’ai fait jusqu’ici, en attendant de savoir ce qu’il fallait acquérir comme matériel.» Des parents rencontrés, la Montreusienne Francesca Uldry est la seule qui savait. «Je n’ai donc pas acheté de crayons de couleur, de colle ou encore de chemises en plastique, mais juste une plume spéciale pour faciliter le travail de mon fils Tom. Cela m’a permis d’économiser 70 francs, ce qui allège notre budget, tout en nous évitant de courir les magasins.»

Dans la pratique, c’est le montant attribué par classe d’école qui a été augmenté. «Chaque enseignant commande le matériel dont il a besoin pour ses élèves, par exemple des crayons particuliers pour la géométrie, précise Julien Vuataz, doyen et maître de classe à Montreux-Ouest. Mais nous savons aussi que les élèves débarqueront inévitablement avec le stylo effaçable dernier cri. La nouvelle loi ne les empêchera pas de rester sensibles aux tendances et à la mode.»

À l’État, on se défend d’avoir tardé à relayer la bonne nouvelle. «Les directeurs d’établissement sont au courant depuis le début de l’an qu’ils ne peuvent plus facturer aux parents les montants permis jusque-là pour les fournitures ou les livres, réagit Julien Schekter, délégué à la communication du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture. Mais il est vrai que la situation varie d’un établissement à l’autre.» Jusqu’ici, certaines écoles demandaient beaucoup de matériel, d’autres presque rien, selon ce dernier. Aujourd’hui, la politique de la liste de course en début d’année (classeur, stylo argenté, ou tube de colle) est donc terminée. Ces fournitures sont commandées et achetées par l’école. Ce n’est plus aux parents de payer. Ce qui n’empêchera pas quelques achats pour le plaisir de ceux qui veulent une trousse de superhéros ou une gomme à l’effigie d’un animal ou de leur personnage de jeu vidéo préféré.

Créé: 28.08.2019, 10h32

Éviter l’inégalité de traitement

Le report des frais de voyage, de camps de sport ou d’excursion sur les communes – ce qui représente quelque 3,7 millions de francs – est une autre aubaine pour les parents. Désormais, leur participation à ces sorties ne peut dépasser une somme allant de 10 à 16 francs.
«Mais cette nouvelle charge pour les communes risque de les pousser à réduire les prestations. Or ces activités culturelles ou sportives représentent des moments forts dans l’apprentissage des comportements en collectivités», relève Stéphanie Schmutz, municipale des Écoles à Nyon. Comme les Communes de Montreux et de Vevey l’ont déjà fait pour cette année, elle demande un montant supplémentaire de près de 230 000 francs pour 2020 pour maintenir l’acquis.
Même démarche dans les associations scolaires intercommunales. «Nous avons déjà budgété 100 000 francs supplémentaires pour assurer les camps de cet automne», explique Claudine Vanat-Gachet, présidente de celle de l’Esplanade, qui regroupe dix communes autour de Begnins. «Pour 2020, nous nous sommes donné jusqu’à septembre pour évaluer les besoins futurs en tablant sur une participation des parents de 80 francs pour cinq jours.» Mais selon les régions, il pourrait y avoir de fortes disparités. C’est pourquoi le département a constitué un groupe de travail pour chercher des manières de réduire les coûts, harmoniser l’offre dans le canton et définir un socle minimal des prestations.

Madeleine Schürch

Sur les rayons

Au magasin Manor de Nyon, le directeur est surpris. «Je ne savais pas qu’il y avait un changement de prise en charge des fournitures scolaires. J’ai pourtant amené mes filles à l’école à Pully lundi matin!» s’exclame Marek Dabrowski. Dans son magasin, les rayons papeterie étaient donc garnis comme à chaque rentrée et la foule de parents et enfants venue samedi acheter sac, feutres et compas était aussi compacte que d’habitude. Impossible pour le directeur d’évaluer pour l’instant s’il y a une baisse des ventes. Idem pour Migros-Vaud, qui n’a pas changé son offre en fournitures scolaires. Si effet il doit y avoir, il ne se fera sentir que l’année prochaine.


Madeleine Schürch

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