Passer au contenu principal

Les écoles de musique ont presto besoin d’argent

Selon la fondation chargée de subventionner les écoles de musique, il manque 2,2 million pour atteindre les objectifs fixés dans la loi de 2012.

Plus de 11'000 élèves musiciens suivent des leçons dans l'une des 34 écoles reconnues par la FEM.
Plus de 11'000 élèves musiciens suivent des leçons dans l'une des 34 écoles reconnues par la FEM.
Florian Cella-A

Six ans après l’entrée en vigueur de la très attendue loi sur les écoles de musique, l’heure était à son premier bilan, vendredi. Dressé par la Fondation pour l’enseignement de la musique (FEM), qui reverse aux 34 établissements reconnus les subsides publics. Les conclusions de son rapport sont positives, ma non troppo. Oui, l’amélioration est indiscutable, et c’est normal vu la situation au moment où la loi a vu le jour: aucune harmonie cantonale et quantité de profs mal payés et précarisés. De l’histoire ancienne. Mais cette jolie partition n’est pas exempte de bémols.

D’abord, le financement annuel composé par le Conseil d’État puis remixé par le Grand Conseil se révèle approximatif. Il repose sur un «socle» payé par l’État (4,7 millions), que celui-ci et les Communes complètent de manière paritaire (6,6 millions chacun) au travers d’un certain montant fixé par habitant. «L’évolution démographique a certes amené 3,1 millions de francs supplémentaires de subventions, mais il en manque encore pour absorber l’augmentation des charges non prévues», relève Sylvie Progin, secrétaire générale de la FEM. Le montant nécessaire pour le bon fonctionnement de la fondation est estimé à 2,2 millions.

Ecolages en hausse

Les écoles de musique ont en effet dû structurer leur administration de manière plus professionnelle, moins recourir au bénévolat, payer des charges LPP oubliées dans les prévisions, tandis que les Communes ont eu davantage de charges d’entretien des locaux. C’est donc l’État, «par équité», qui est invité à monter sa part forfaitaire à 6,2 millions d’ici à trois ans. Avec plus d’argent, la FEM pourrait mettre sur pied de nouvelles structures musique-école, financer de la formation continue, des projets d’établissements (concerts, spectacles, etc.). Cela en évitant que l’écolage des 11'000 élèves doive encore monter dans les aigus.

Car – c’était attendu – les écolages ont déjà dû être augmentés dans nombre d’établissements. «Les écarts de tarifs sont très importants de l’un à l’autre (ndlr: variant de 537 francs à 1547 francs annuels) et ils ont généralement augmenté depuis l’entrée en vigueur de la loi», lit-on dans le rapport de la FEM. Du coup, «les milieux favorisés sont surreprésentés dans l’étude de la musique», observe Sylvie Progin.

Ce phénomène devait être atténué par des aides individuelles accordées par les Communes. Or seuls 40% d’entre elles ont adopté un règlement permettant l’octroi d’une telle bourse. Leur montant totalise 150'000 francs soit 1% de ce que paient les familles en écolage chaque année.

Toujours pas de CCT aboutie

Quant au salaire des quelque 700 professeurs de musique, la progression échelonnée qui avait été imaginée au départ a été bloquée subitoen 2017 par la majorité de droite au Grand Conseil. Leur rémunération devait atteindre d’ici à 2018 les classes 18 à 22 de l’État (67'700 à 108'000 francs annuels) Nul ne sait quand sera concrétisée cette promesse – pardon, cet «objectif», corrige la présidente de la FEM, Christine Chevalley, députée PLR. Les négociations entourant la convention collective de travail sont par ailleurs au point mort.

Le Conseil d’État a formellement «pris bonne note» du rapport de la FEM, jeudi. Il va étudier les suites à donner aux onze recommandations de la fondation. Cela peut passer par une révision de la loi, dont sera alors saisi le Grand Conseil.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.