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Les électeurs de l’UDC et du PLR ont boudé l’élection

Près d'un électeur de droite sur cinq a boudé le second tour dimanche. La proportion est pire qu'en 2012.

L’analyse fine montre que 94,3% des électeurs PLR ont voté pour Jacques Nicolet et 91,9% pour Isabelle Chevalley.
L’analyse fine montre que 94,3% des électeurs PLR ont voté pour Jacques Nicolet et 91,9% pour Isabelle Chevalley.
PATRICK MARTIN

C’était le scénario que la droite craignait et ça n’a pas manqué: près d’un électeur de l’UDC et du Parti libéral-radical (PLR) sur cinq a boudé le deuxième tour de l’élection de ce dimanche (voir l'infographie ci-dessous). C’est pire qu’en 2012, lorsque cette proportion n’était que de 1 2%.

Il y a cinq ans, environ 7500 des 37'700 électeurs PLR n’avaient pas voté au second tour. Cette année, le taux dépasse les 24%. Comme il y a cinq ans, l’explication la plus évidente est que ces électeurs n’avaient aucun intérêt à voter car leurs trois ministres (Pascal Broulis, Jacqueline de Quattro et Philippe Leuba) avaient déjà été élus au premier tour.

Chose étonnante: l’UDC, stable en 2012 aux alentours de 24'000 voix, enregistre aussi une baisse, malgré le maintien de son candidat au second tour.

Les Vert’libéraux, nouveaux venus dans l’alliance depuis trois semaines, enregistrent eux un vrai boom de leur électorat (+226%). Mais cela n’a pas suffi à compenser la perte importante de leurs alliés.

Les stratèges des partis expliquent le désintérêt de leur électorat par la jeunesse de cette alliance, décidée après le premier tour du 30 avril. Mais tous refusent de se jeter la pierre les uns aux autres.

«Notre électorat n’a peut-être pas eu le temps de vraiment connaître les candidats de notre alliance et n’aura donc pas voté»

«Notre électorat n’a peut-être pas eu le temps de vraiment connaître les candidats de notre alliance et n’aura donc pas voté», analyse Laurine Jobin, la secrétaire générale adjointe du PLR vaudois. «Nos partis discutent depuis deux ans sur cette alliance. Si elle avait pris dès le début, peut-être aurions-nous eu davantage de temps pour présenter ces candidats. Ces trois semaines n’ont pas suffi, même si Madame Chevalley et Monsieur Nicolet sont de très bons candidats.»

Kevin Grangier, le secrétaire général de l’UDC Vaud, abonde: «Cette alliance était probablement trop jeune, pas assez mature, estime-t-il. Elle ne reposait pas sur un travail parlementaire de longue durée. Elle pourra réussir dans cinq ans à condition que l’UDC, le PLR et les Vert’libéraux fassent barrage ensemble à la gauche, en construisant une vision commune, plus ancrée.» A l’inverse, les «Vert’lib.» se réjouissent: «Je vois dans notre résultat un plébiscite pour cette alliance, vue comme gagnante, surtout pour les électeurs qui voulaient voter utile», explique Michaël Dupertuis, le secrétaire général des Vert’libéraux. La personnalité d’Isabelle Chevalley expliquerait aussi, à ses yeux, cette poussée.

L’analyse fine montre que 94,3% des électeurs PLR ont voté pour Jacques Nicolet et 91,9% pour Isabelle Chevalley. «Notre mot d’ordre de casser les crayons a bien été suivi», se réjouit Laurine Jobin. A côté, 13,5 % des électeurs de l’UDC ont tracé le nom d’Isabelle Chevalley sur leur bulletin. Du côté des «Vert’lib.», 18,2 % ont biffé celui de Jacques Nicolet. «Nous nous attendions à ce score», note Michaël Dupertuis. Pour l’expliquer, il fait référence aux discours de l’UDC ces derniers mois face aux Vert’libéraux, accusés de voter à gauche. «Quand on se fait broyer la main que l’on tend, note-t-il, il est difficile de pardonner.»

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