Après l'élection, les petits arrangements
PolitiqueRefuser son élection au Grand Conseil est un luxe que se sont offert la vert’libérale Isabelle Chevalley et l’UDC Pierre Hämmerli. Stratégique.
Etre candidat à une élection, en sortir vainqueur, et renoncer illico au siège obtenu. Un curieux manège – sans doute aussi vieux que la politique – auquel se livrent parfois des élus. Ce printemps, la vert’libérale Isabelle Chevalley et l’UDC de Cheseaux-sur-Lausanne Pierre Hämmerli ont obtenu leur ticket pour le Parlement, mais aucun des deux n’a été assermenté lors de la cérémonie du 27 juin. Ils ont poliment décliné le mandat, et ainsi permis à deux viennent-ensuite de les remplacer.
S’agissant d’Isabelle Chevalley, le scénario était cousu de fil blanc. Déjà conseillère nationale, l’écologiste de droite était parachutée dans un district, la Riviera, qui n’était pas le sien pour y jouer le rôle de locomotive. C’est le président des Vert’libéraux vaudois, François Pointet, arrivé en deuxième position sur la liste, qui profite de son retrait. «C’était de la stratégie», admet-il. En gros, la candidature d’Isabelle Chevalley au Grand Conseil permettait à celle-ci de s’impliquer dans ce premier tour des élections, ce qui la légitimait davantage à se lancer dans la course au Conseil d’Etat au second tour. «Nous voulions avoir toutes les cartes en mains. C’était nécessaire vu la situation difficile dans laquelle nous nous trouvions (ndlr: sans alliance forte avec les autres partis du centre)». Isabelle Chevalley n'avait pas l'intention de cumuler les mandats.
Quant à Pierre Hämmerli, municipal et patron d’une entreprise d’horticulture, il indique n’avoir jamais tenu à siéger au Grand Conseil. «Je n'ai pas le temps pour cela. En fait, j'ai juste prêté mon nom pour faire des voix à la liste UDC, mais je ne pensais pas que je serais élu.» Sa renonciation permet au député Philippe Krieg, non-réélu, de continuer à siéger. Celui-ci aussi parle de stratégie: «Il faut comprendre que nous avions face à nous une liste du PLC (ndlr: des dissidents de l'UDC) et craignions pour notre siège. J'ai donc demandé à plusieurs personnes connues de la région de venir sur la liste et ça a marché.» Au point que Philippe Krieg a donc été devancé par son colistier. Qu'importe, il garde sa place dans l'hémicycle.
Ces petits arrangements entre amis ne tordent-ils pas le jeu démocratique et la volonté de l'électeur? «Les réactions que j'ai entendues à ce propos n'émanaient pas de citoyens lambda, mais de personnes politisées membres de partis qui ont déjà fait la même chose», remarque François Pointet. Pierre Hämmerli ne s'en formalise pas non plus: «Je n'ai eu que 22 voix d'écart avec Philippe Krieg, obtenues à Epalinges où je ne suis pas connu. Je crois que les gens votent surtout pour un parti...»
Pour rappel, une manœuvre identique avait défrayé la chronique en 2007, lorsque la popiste Marianne Huguenin, élue au Conseil national, s'était effacée au profit de son colistier non réélu Josef Zisyadis.
Créé: 05.07.2017, 16h04
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