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Les élèves à la maison, le défi du téléenseignement

Les élèves vaudois doivent rester à domicile jusqu'à fin avril. Les enseignants s'organisent dans le flou

Odile Meylan

Jusqu’à fin avril en tout cas, les écoles et lieux de formation obligatoires, postobligatoires, professionnels et universitaires vaudois resteront fermés. Seul un accueil «sous conditions» sera organisé pour les enfants du personnel soignant et du système de santé, ceux dont les solutions d’accueil mettraient en danger des personnes à risque ou de plus de 65 ans et les enfants de ceux qui assurent cet accueil.

Les syndicats du personnel enseignant se disent satisfaits de ces mesures. «Elles sont raisonnables et proportionnées», réagit Julien Eggenberger, président du Syndicat des services publics (SSP) Vaud. Il se réjouit de leur caractère «national», qui met fin aux différentes actions cantonales. Les maîtres de gymnase sont «soulagés. Ça devenait lourd. Cette fermeture était très attendue!» témoigne Françoise Emmanuelle Nicolet, présidente de l’Association vaudoise des maître.sse.s de gymnase (AVMG). «Les choses sont clarifiées, commente Gregory Durand, président de la Société pédagogique vaudoise (SPV). Cela permet de voir où on va pour ces prochaines semaines.»

«L’année n’est pas perdue »

Le dispositif d’accueil sous conditions est aussi salué. «Nous avions à cœur de freiner la contagion, mais aussi de trouver des solutions pour les enfants du personnel sanitaire. Nous appelons le corps enseignant à assumer cette responsabilité», a commenté Julien Eggenberger. Cesla Amarelle a annoncé que des étudiants de la Haute École pédagogique pourraient compléter le dispositif et pallier l’absence d’enseignants malades ou occupés par la garde de leur enfant, par exemple.

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La conseillère d’État en charge de la Formation a insisté: «L’année n’est pas perdue, la formation doit continuer. Elle sera garantie en vue des examens de fin d’année.» C’est là que les syndicats sont davantage dans le flou. L’annonce tombée ce vendredi à midi (pour pouvoir être donnée aux élèves à 14h) a laissé peu de temps aux enseignants pour voir venir. Et renvoyer leurs élèves à la maison avec tout le matériel nécessaire pour ces sept semaines de quarantaine.

Cet «enseignement à distance» plébiscité par le Conseil d'État pose des problèmes inédits. «Il faudra être créatif, réagit Gregory Durand. Nous devrions d’abord proposer des activités standard, qui seront affinées avec le temps.» Des personnes-ressources devraient être mobilisées – «des volontaires, ceux qui ont des idées, les professeurs d’informatique…» – pour construire un programme «en lien avec le Plan d’études romand mais qui sort de ce qui se fait d’habitude». Il ne faut pas s’attendre à ce que tout cela soit ficelé ce lundi… Du côté des gymnases, Françoise Emmanuelle Nicolet rappelle que beaucoup n’ont pas encore terminé leur programme et que les épreuves doivent être prêtes pour le 23 mars. «Nous devrons en discuter, sans doute redimensionner.»

Le téléenseignement en question

Elle attire l’attention sur la notion vague de téléenseignement. «Il y a une formation pour cela, il ne s’agit pas juste de se brancher sur Skype. Ce n’est pas au niveau de tout le monde! Et la plateforme que nous utilisons actuellement supporte très peu de choses: une vidéo la fait déjà boguer. Il faut qu’on nous donne les moyens!» Elle prévient le Canton: il faudra impliquer les enseignants dans les réflexions, et entendre les questions des élèves.

L’égalité de traitement est un souci à tous les niveaux scolaires. Le cadre de travail n’est pas le même dans toutes les familles. Et Gregory Durand admet que cet enseignement à distance comptera évidemment sur «une grande autonomie des enfants. Il faudra une solidarité entre familles, notamment pour ce qui est des outils technologiques.» La solidarité et l’échange de pratiques entre enseignants sera aussi essentielle. «C’est un challenge pour développer des compétences autrement. On est dans un excellent exemple de vivre-ensemble. On aura beaucoup à apprendre de cette période», conclut-il.

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