Les élus veulent des états généraux de la chaîne pénale

Grand Conseil vaudoisPréoccupés par la surpopulation carcérale, les députés ont réclamé l’organisation d’assises où seraient examinés les volets de la répression, de la procédure d’exécution des peines et de la détention provisoire.

Image: FLORIAN CELLA -a

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La récente décision du Conseil d’Etat n’a pas suffi à calmer les ardeurs. Alors que Béatrice Métraux annonçait vendredi un programme pour désengorger les établissements pénitentiaires, les députés ont choisi, mardi matin, de pousser le bouchon plus loin.

L’avocat PLR Marc-Olivier Buffat a été suivi par la quasi unanimité du plénum sur une détermination en faveur d’assises de la chaîne pénale, où seraient examinés les volets de la répression, de la procédure d’exécution des peines et de la détention provisoire.

En parallèle, le chef de groupe socialiste, Nicolas Rochat Fernandez, a proposé une politique plus généreuse en matière d’attribution de postes et de places pour le pénitentiaire. Cette résolution-là a passé la rampe, mais sans la voix des UDC, réticents à faire des promesses avant la discussion budgétaire.

Tambour battant
A gauche comme à droite, les élus reconnaissent que la surpopulation carcérale, avec des personnes obligées de rester en cellule policière plus longtemps que la loi ne le permet, impose désormais d’«élaborer des solutions». Béatrice Métraux appelle de ses vœux que «tout le monde tire à la même corde» et annonce que les solutions présentées vendredi seront mises en œuvre tambour battant.

D’accord pour chercher ensemble des issues, les députés ont cependant débattu sur fond de rixe politique. La droite majoritaire du Grand Conseil face à un nouveau Conseil d’Etat de gauche doit trouver ses marques.

Le fait que la question de la surpopulation des prisons soit relayée par le PLR Jean-Marie Surer ne passe pas inaperçu. D’ailleurs, l’intéressé en rajoute: «Madame Métraux nous a démontré qu’elle n’était pas dépassée; nous nous en réjouissons.»

De son côté, la gauche raille la soudaine préoccupation du PLR pour les conditions de détention dénoncées bien avant par l’avocat Jean-Michel Dolivo et par ceux qui ont demandé à plusieurs reprises des postes supplémentaires pour le service pénitentiaire lors des débats budgétaires. Au moment de rattraper la balle, Jean-Marie Surer justifie que son intervention sur les places de préventive est de bonne guerre: «Si la droite était à la tête du Service pénitentiaire, la gauche aurait assurément réagi.»

Au bout de plus d’une heure, Daniel Brélaz a changé le rythme du débat: «Sortons du théâtre politique, a demandé le syndic de Lausanne. Aujourd’hui, les petits dealers peuvent se faire arrêter dix fois. Il est temps de réintroduire les courtes peines.» Et donc de renforcer le système pénitentiaire.

Béatrice Métraux insiste: «Nous prenons des mesures d’urgence parce qu’il y a urgence. Ces assises devront se tenir très vite et déboucher sur des solutions pragmatiques.»

Créé: 05.09.2012, 07h19

Articles en relation

«La situation est alarmante dans les prisons»

Vaud Les avocats vaudois dénoncent une détérioration des conditions de détention dans les prisons du canton. L'accès à la promenade ou aux soins médicaux est très difficile. Un avocat a même dû intervenir pour qu'un prévenu puisse se doucher! Plus...

Les députés fustigent à leur tour les conditions carcérales dans le canton

Prisons La classe politique réagit après le coup de gueule de l’Ordre des avocats contre les conditions en préventive. Tous estiment qu’il est urgent d’agir. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.