Des employés à bout plongent la Vaudoise aréna dans la crise

Conflit de travailLes arrêts maladie ont plu peu avant les JOJ. Alors que le Canton demande un audit, le président du Centre sportif s’explique.

Les arrêts maladie n’auraient pas nui au bon déroulement des JOJ à la Vaudoise aréna.

Les arrêts maladie n’auraient pas nui au bon déroulement des JOJ à la Vaudoise aréna. Image: ap

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La Vaudoise aréna est encore une fois dans la tourmente. L’an dernier, il avait fallu cravacher sec pour que le chantier de la nouvelle patinoire de Malley s’achève à temps pour l’inauguration de septembre. De sérieux retards avaient entraîné des surcoûts estimés à 5 millions de francs. La nouvelle crise touche cette fois les employés de la structure, propriété du Centre sportif de Malley SA (CSM), dont plusieurs Communes de la région lausannoise sont actionnaires.

Avant Noël, plusieurs personnes sont tombées en arrêt maladie, succédant à d’autres cas au cours de l’année. Selon le journal «Le Temps», le bilan est actuellement de cinq malades sur une vingtaine de collaborateurs et deux personnes auraient démissionné. Sous-effectif, surcharge de travail et fortes tensions avec la direction seraient au cœur du malaise. Le moment était critique: dès le 9 janvier, la Vaudoise aréna devenait le site phare des Jeux olympiques de la jeunesse.

Philippe Leuba s’en mêle

Début janvier, soit quelques jours avant le coup d’envoi, le Canton est entré en jeu. Une délégation des employés a été reçue par le Service cantonal de l’emploi. «Les éléments qui nous ont été présentés ont été jugés suffisamment sérieux pour que nous remontions l’information à Philippe Leuba», indique Françoise Favre, qui dirige le service. Le 10 janvier, le chef du Département de l’économie, de l’innovation et du sport s’est fendu d’une communication au président du conseil d’administration du CSM, Jean-Jacques Schilt, lui demandant de réaliser un audit externe. «Instamment», selon les mots de Françoise Favre, qui ne cache pas que le conseiller d’État ne prend pas tous les jours sa plume pour une telle démarche.

«Certaines personnes ont travaillé 17 à 20 heures consécutives»

Giorgio Mancuso, responsable du secteur tertiaire chez Unia

Sollicité par une partie des employés, Unia s’est lancé dans la bataille quelques jours plus tard. Selon Giorgio Mancuso, responsable du secteur tertiaire au sein du syndicat, les griefs viennent de collaborateurs de tous les secteurs, aussi bien administratif que technique. Il est notamment question d’heures supplémentaires et de travail de nuit non payés ou non compensés. «Certaines personnes ont travaillé dix-sept à vingt heures consécutives. On peut mettre ça sur le compte des JOJ, ça reste illégal», tonne le syndicaliste. Christophe Huybrechts, directeur de la Vaudoise aréna depuis mai dernier, est aussi montré du doigt. «Les employés estiment que la collaboration avec la direction n’est plus possible, déclare Giorgio Mancuso. Il y a eu des attitudes qui ne sont pas admissibles.»

«On nous a demandé plus»

Contacté, le président du CSM, Jean-Jacques Schilt, indique que l’audit réclamé par le Canton sera certainement réalisé. Et livre son explication de la crise: «La Vaudoise aréna a été inaugurée alors que tout n’était pas terminé, puis il y a eu les JOJ. Cette conjonction a rendu les conditions de travail difficiles.» Selon lui, le déménagement dans de nouveaux locaux n’a pas non plus été sans mal. «Nous avons dû revoir nos modes de fonctionnement, modifier nos procédures. Certains employés ne l’ont pas accepté.»

Pour l’ancien syndic de Lausanne, la pression due à l’organisation des JOJ n’est pas le seul facteur. Sur ce point, il a toutefois ses griefs: «On nous a demandé plus que ce qui était prévu alors que nous imaginions que nous devions simplement mettre à disposition l’infrastructure, comme pour un match du Lausanne Hockey Club. Ce n’était pas clair et nous ne savions pas qui était notre interlocuteur au sein des JOJ.»

Jean-Jacques Schilt explique notamment que certaines tâches ont dû être confiées aux pompiers de la Ville de Lausanne. Et s’il assure que les mesures nécessaires ont été prises pour que les Jeux se passent sans accroc, l’absence de plusieurs collaborateurs à la veille de l’événement n’a pas arrangé les choses. «Il a fallu remplacer ceux qui étaient tout d’un coup mal à la veille de Noël», glisse-t-il, précisant que ce personnel de remplacement est toujours en fonction avec des contrats prolongés de mois en mois.

«Nous n’avons pas connaissance de problèmes de communication avec le CSM et il n’y a eu aucune demande particulière additionnelle», indique pour sa part Greg Curchod, responsable communication des JOJ. Sans commenter les tensions au sein de la Vaudoise aréna, il conclut: «Ils ont réagi de la bonne manière de notre point de vue et il n’y a pas eu d’impact sur les Jeux.»

Créé: 29.01.2020, 18h42

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