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Un engagement pour la Suisse, par amour du sport et du droit

L’avocat vaudois Jean-Philippe Rochat préside, avec Christian Constantin, le comité de candidature de Sion aux Jeux olympiques d’hiver 2026.

Jean-Philippe Rochat, avocat lausannois, president du comite de candidature de Sion 2026
Jean-Philippe Rochat, avocat lausannois, president du comite de candidature de Sion 2026
VANESSA CARDOSO

Le projet de Sion 2026 fédère déjà cinq cantons et s’appuie, pour l’essentiel, sur des infra-structures existantes. La durabilité voulue par le CIO sera notre point fort.

«Un type calme, tranquille, avec qui on peut bien travailler.» Le compliment est signé Christian Constantin. L’énergique président du FC Sion a trouvé en Jean-Philippe Rochat un allié idéal, car complémentaire, pour tenter de mener à bon port la candidature suisse aux JO d’hiver de 2026. «Dans une équipe, tu ne peux pas avoir que des bulldozers», insiste le Valaisan, en louant les qualités de médiateur de l’avocat vaudois.

Quand ce dernier nous reçoit dans son étude du centre-ville de Lausanne, on se dit que Constantin a vu juste. Jean-Philippe Rochat, 60 ans en novembre, affiche une retenue qui tranche avec son physique de sportif au teint hâlé. Il s’étonne presque de devoir parler de lui, tant les aspirations olympiques nées en Suisse romande lui paraissent plus importantes. Mais au terme de l’entretien, le président du comité de Sion 2026 confiera avoir pris plaisir à cet exercice d’introspection inhabituel pour lui.

A l’entendre dérouler son parcours de vie, on songe à un puzzle dont toutes les pièces se mettent en place naturellement. «J’aime le sport, le droit, la Suisse et les gens de ce pays», résume-t-il d’emblée. Jean-Philippe Rochat a suivi les traces de son père, avocat à Lausanne, tout en rêvant des exploits de Bernhard Russi, champion olympique à Sapporo en 1972. Originaire de la vallée de Joux, la famille passe beaucoup de temps dans son chalet des Mosses. Comme sa sœur et son frère, Jean-Philippe se passionne pour la montagne et la glisse. Il sera descendeur et géantiste, atteignant un bon niveau en compétition, sans toutefois parvenir à se hisser parmi le gratin du ski mondial. Aucun regret dans sa voix: «Ça a été une expérience de vie forte, avec un brassage social permanent. Ce sport oblige à se serrer les coudes. Il m’a permis de tisser des liens solides, qui m’ont été très utiles dans mes activités professionnelles.»

Au passage, le jeune grenadier de montagne apprend l’italien et le suisse allemand. De simple soldat, il passera au grade de lieutenant-colonel, mais sans s’attarder sous les drapeaux. En 1989, il s’associe avec Me François Carrard, au moment où celui-ci est nommé directeur général du Comité international olympique (CIO). «On commençait à peine à parler de droit du sport, se souvient Jean-Philippe Rochat, qui en fut l’un des pionniers en Suisse. Aujourd’hui, cette spécialité est devenue incontournable. Dans notre étude (ndlr: l’une des plus importantes du pays), quatre avocats s’en occupent à plein-temps.»

A la tête du Tribunal administratif du sport pendant six ans, cet homme de l’ombre a rapproché l’institution du CIO, rendant quelques décisions qui ont fait date. «En 1998, à Nagano, nous avons redonné sa médaille d’or à un snowboardeur canadien (ndlr: Ross Rebagliati) qui avait été contrôlé positif au cannabis, raconte-t-il. Marc Hodler, le président de la Fédération internationale de ski, avait estimé que ce n’était pas si grave…»

«Une carrière atypique»

Regard clair, élocution soignée, Jean-Philippe Rochat fait glisser sa main sur une mèche de cheveux impeccable. Il se dit heureux d’avoir pu mener une carrière «aussi atypique et diversifiée». Son autre domaine de prédilection, le droit des affaires, le fait voyager dans toute l’Europe. «J’aime la vie des entreprises», explique-t-il. Touche-à-tout, l’avocat siège dans une trentaine de fondations et de conseils d’administration, dont ceux de la Vaudoise Assurances, de Beaulieu Lausanne et du Casino de Montreux. Mais il manque rarement une occasion de délaisser le costume-cravate au profit d’une tenue de sport. Ski de fond, randonnée, vélo, voile en mer durant ses vacances… Il n’y a guère que la course à pied qu’il a dû abandonner, trahi par des genoux douloureux.

Quand on lui propose de rejoindre l’organe faîtier du ski suisse, en 2004, le citoyen d’Epalinges y voit une suite logique. Nommé vice-président, il pousse à la réalisation des trois centres nationaux de formation. Deux de ses fils passeront d’ailleurs par cette filière – dont Marc, qui a glané cet hiver ses premiers points en Coupe du monde. Jean-Philippe Rochat en parle avec modestie, en relevant simplement sa satisfaction d’avoir transmis la passion du sport à ses enfants. Mais on le sent prêt à vibrer aux côtés du fiston slalomeur, comme il l’a fait avec Didier Défago lors de son triomphe olympique à Vancouver, il y a sept ans.

Chemin escarpé

Un regret dans cette trajectoire à succès? «Ne pas avoir pu faire de politique active, faute de temps», répond ce fils de député radical. Or c’est sur ce terrain-là qu’il devra bientôt s’activer s’il décide, ces prochains jours, de conserver la présidence du comité de Sion 2026. L’homme de loi va devoir défendre la cause olympique auprès des autorités fédérales, cantonales, voire communales. Puis affronter des débats publics avant une votation populaire. Et à supposer que la Suisse accepte de s’engager dans cette aventure, il faudra encore convaincre les membres du CIO, pour surpasser en 2019 des adversaires aussi redoutables que Stockholm et Innsbruck.

Aussi escarpé soit-il, ce chemin n’effraie pas Me Rochat. Qui affûte déjà ses arguments: «Notre pays n’a aucun complexe à avoir. Ce projet fédère déjà cinq cantons et s’appuie, pour l’essentiel, sur des infrastructures existantes. La durabilité voulue par le CIO sera notre point fort.» Il se plaît à pouvoir compter sur un Christian Constantin «bien plus généreux et soucieux de l’intérêt général qu’il n’y paraît». Et si les JO ne devaient pas être la dernière pièce du puzzle, le Vaudois n’en ferait pas un drame. «Il faut savoir accepter la défaite et en retirer les aspects positifs», conclut-il. L’esprit sportif, encore et toujours.

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