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Les enjeux de la votation sur les soins dentaires

Les Vaudois votent ce dimanche sur l’initiative pour le remboursement des soins dentaires. Descriptif des enjeux

L'initiative est soutenue par la gauche, des syndicats et plusieurs associations. Parmi les opposants, on trouve les dentistes, les partis de droite et les représentants patronaux.
L'initiative est soutenue par la gauche, des syndicats et plusieurs associations. Parmi les opposants, on trouve les dentistes, les partis de droite et les représentants patronaux.
Odile Meylan

Comment faut-il financer les soins que prodiguent les dentistes? C’est la question à laquelle les Vaudois doivent répondre aujourd’hui, appelés aux urnes pour savoir s’ils acceptent ou refusent l’initiative «Pour le remboursement des soins dentaires».

Si les Vaudois disent «oui», c’est qu’ils auront été convaincus par les arguments de la coalition des partisans, qui englobe des partis de gauche, des syndicats, des associations et des médecins. Leur slogan: amener de la solidarité dans le financement des soins dentaires, comme dans toute assurance sociale. Le comité d'initiative y voit une question de santé publique.

À l’inverse, si les Vaudois refusent une assurance, cela signifiera qu’ils auront été sensibles aux arguments de prévention et de responsabilité personnelle, avancés par les dentistes, les partis de droite et les associations patronales.

Des estimations entre 239 et 500 millions

L’initiative a été déposée en 2014 par les partis de gauche. Elle prévoit l’instauration d’une assurance cantonale obligatoire pour couvrir les soins dentaires de base. Pour la financer, le comité d’initiative a prévu un système de cotisation salariale: 0,5% du salaire pour l’employé et 0,5% du salaire pour l’employeur. Par contre, l’Etat couvrirait les soins des personnes qui ne cotisent pas à l’AVS ou qui sont défavorisées. Pour les initiants, le coût total des soins dans le canton avoisine les 300 millions de francs.

Pierre-Yves Maillard, le conseiller d’État socialiste à la tête de la Santé, s’est exprimé durant la campagne et estime que les soins couverts par l’assurance représenteront environ 239 millions de francs. Il table sur une cotisation allant de 0,25% à 0,35%.

Quant aux opposants, ils estiment que la facture globale des soins atteint aujourd’hui entre 400 et 500 millions de francs et devrait partir à la hausse avec une assurance. Ils militent pour un système de franchises (300 francs pour les adultes et 100 francs pour les enfants), comme Pierre-Yves Maillard l’a esquissé durant la campagne.

Bataille à venir

Quel que soit le résultat ce dimanche, la bataille sur les soins dentaires va continuer dans le canton. Si le «oui» l’emporte, le Conseil d’État devra proposer au Grand Conseil une loi pour construire le nouveau système d’assurance. Nul doute que les débats seront explosifs, entre une gauche qui voudra rester proche du texte de l’initiative et une droite, majoritaire au parlement, qui n’en veut pas.

Et si les Vaudois disent «non» à l’initiative, le Grand Conseil devra de toute façon débattre du projet de loi sur la santé bucco-dentaire. Ce texte prévoit que l’État prenne en charge une partie des soins dentaires des enfants et des personnes précaires, en plus d’un renforcement de la prévention. Cette loi contient aussi une taxe sur les boissons sucrées de 30 centimes par litre.

Pierre-Yves Maillard avait proposé ce paquet l’an dernier, mais le parlement avait mis ses travaux entre parenthèses en attendant la votation sur l’initiative. La droite a déjà annoncé son opposition à ce projet.

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